Valeur nominale du yen, 5 francs
d'appels qui sont faits dans une certaine proportion seulement sur les inscrits des districts se trouvant sur le littoral de l'empire. La loi du 21 janvier 1889, qui s'applique aussi à la marine, fixe en outre à 4 ans au lieu de 3 la durée du service pour les jeunes gens appelés à former les équipages de la flotte. En même temps, les contingents étaient augmentés d'une façon notable, car en 1885 le personnel complet de la marine s'élevait à peu près à 10,000 hommes, dont environ 7,000 matelots ou sous-officiers.
Sans tenir compte de la valeur des marins provenant du contingent annuel, et qui est inférieure à celle des volontaires, on peut se demander si le service à durée restreinte, dont la valeur est déjà discutable pour l'armée de terre, n'est pas franchement mauvais pour le service de la marine de guerre. La plupart des officiers japonais ne cachent pas leur sympathie pour l'ancien système, mitigé dans une certaine proportion par l'introduction annuelle d'éléments provenant de la conscription.
Les principaux établissements de la marine sont les suivants :
Arsenal de Yokoska, fondé par des Français en 1867;
Poudrerie de Mitamura, près de Tokyo;
École navale de Tokyo, fondée par des officiers anglais en 1868;
École des mécaniciens de Yokoska ;
Petit arsenal d'Uraga;
Hôpitaux de Tokyo et de Yokoska.
La marine japonaise est actuellement en pleine voie de transformation. Le gouvernement ne néglige rien pour la mettre sur un pied redoutable, et il a été assez habile pour s'attacher, du moins temporairement, M. Bertin, l'un des plus connus de nos ingénieurs des constructions navales. Sous. son impulsion, de grands progrès ont été accomplis, d'autres se réaliseront encore.
Voici comment se décomposait la flotte japonaise en 1885 :
Cuirassés de 2° classe ... 3; ensemble 26 canons Krupp. — 3 e — ... 9; — 83 —
Croiseurs 5 ; — 37 —
Canonnières 6; — 25
Divers 9; — 10 —
Ce tableau ne comprend ni les torpilleurs ni les bâtiments en construction au Japon ou à l'étranger.
La flotte japonaise ne comporte pas de transports. En cas de écessité, le service qui incombe à ce genre de bâtiments serait 3lî1 par les navires de la Compagnie de navigation Nippon Yusen laisha, qui est subventionnée par l'État et qui pourrait sans effort oliser au moins quinze beaux vaisseaux à vapeur.
Amirautés. — Le nombre définitif des amirautés n'est pas encore déterminé. Actuellement trois d'entre elles sont seulement désignées. L'une aura son centre à Yokoska; la deuxième dans la mer Intérieure, à Kure, dans le golfe de Hirosaki; la troisième sur la côte occidentale de Kiushiu, à Saseho. Pour le nord de l'empire, les idées ne sont pas encore complètement fixées; cependant il est probable que Muroran, à Edo, sera choisie pour être le centre d'action de la flotte du nord.
Quelle opinion doit-on se former de la flotte japonaise ? Au point de vue du matériel, ses bâtiments les plus nouveaux peuvent être comparés à ceux de nos premières puissances maritimes. Mais, surtout en ce qui concerne l'art naval, ce qui est avant tout nécessaire c'est un bon personnel, de bons officiers. Le souvenir de Lissa est encore présent à toutes les mémoires. S'il faut de longues années pour créer une armée solide, il en faut de plus longues encore )our constituer fortement une marine, et, malgré leurs ardents fTorts, les Japonais ne peuvent avoir la prétention d'avoir atteint e but.
Toutes choses égales, il semble qu'actuellement la marine japoaise soit moins que l'armée de terre à la hauteur du rôle qu'elle ourrait être appelée à jouer.
Avant de clore les quelques notes qui précèdent sur l'organittion militaire du Japon, nous croyons intéressant de reproduire i la traduction d'une proclamation adressée par le mikado à son rmée le 4 janvier 1882. Elle résume d'une façon curieuse toute histoire japonaise, et l'on sera frappé de trouver dans ce document, à l'allure lourde et compassée, l'expression de sentiments îmarquablement élevés, qui pourraient servir de modèle aux naons militaires nourries des plus saines traditions.