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RESEAU DE L'OUEST

Grandes lignes.

i° Ozaka à Simonoseki par la côte méridionale du Hondo. Cette ligne devrait se diviser en deux sections ; Tune, d'Ozaka à Mihara, peut sans inconvénients suivre la côte de près ; l'autre, de Mihara à

Simonoseki, doit être tracée à quelque distance à l'intérieur pour se trouver à l'abri du tir des bâtiments de guerre qui pourraient être dans la mer Intérieure, ouverte dans cette région.

Les éléments de cette dernière section devront réunir Mihara, Hiroshima (Kure) et Yamaguchi.

i° Kyoto à Miyatsu et par Sonobe ; 2° Kyoto à Tsuruga.

RESEAU DE SHIKOKU

1° Une grande ligne longitudinale allant de Tokushima à Test à Matsuyama à l'ouest ;

2° Des lignes secondaires réunissant à cette base, au nord Takamatsu, au sud Kochi.

RESEAU DE KIUSHIU

1° Une grande ligne allant du nord au sud, de Kokura à Kagoshima, en passant par Amaki, Kumamoto, Yatsuhiro et Hitoyoshi;

2° Des lignes secondaires s 'embranchant sur la précédente, et allant au nord sur Fukuoka, à l'ouest sur Saga, Sasehoet Nagasaki, à l'est sur Oita et Miyasaki,

Indépendamment des lignes de raccordement dont il n'a pas été question, le nombre de celles que nous considérons comme indispensables est donc considérable. Elles devront souvent être établies dans des régions difficiles ; il faut donc du temps et de l'argent. C'est surtout l'argent qui manque, et c'est avec une lenteur extrême qu'aidées cependant par le gouvernement, des sociétés civiles ont, dans un but purement commercial, entrepris la construction d'un certain nombre de lignes.

11 est juste cependant de constater l'activité fiévreuse qui préside aux travaux des voies ferrées depuis 1887. Cependant aucun réseau n'est encore complet ; ceux du nord et du centre sont commencés et poursuivis avec une indécision qui provient de l'insuffisance des études préliminaires et du manque de plan d'ensemble-

(Interruption inattendue des travaux de la ligne du Nakasendo «n 1887.)

Les voies actuellement livrées au trafic ou qui le seront prochainement sont les suivantes :

1° Tokyo à Aomori par Sendai, Utsunomiya et Shirakawa, avec embranchement sur Mito ;

2° Tokyo, au pied du col d'Usui (ligne du Nakasendo), avec embranchement à Takasaki, sur Maebashi;

3° Tokyo à Yokohama. C'est la première ligne ferrée construite au Japon. Elle se prolonge sur Odawara (ligne du Tokaido) et atteindra Kyoto avant 1890;

4° Gifu àNagahama (ligne du Nakasendo);

5° Nagahama à Tsuruga ;

6° Gifu à Nagoya et Handa ;

7° Kyoto à Otsu, se relie à la ligne du Nakasendo ;

8° Kyoto à Ozaka, Kobe et Himeji ;

9° Ozaka à Sakai ;

10° Nagasaki à Saseho.

Toutes ces lignes ou fragments de lignes, excepté le tronçon de Yokohama à Tokyo, sont à une voie et ne pourraient encore rendre aucun service au point de vue militaire, non seulement à cause de leur peu d'étendue, mais surtout par le manque de matériel propre aux transports militaires.

Voici donc la situation actuelle du Japon au point de vue de sa préparation à une guerre défensive :

A l'intérieur peu de bonnes routes, pas de chemins de fer qui permettent de se porter en force au-devant de l'adversaire. Les parties vitales de l'empire qui sont à proximité de la côte sont faciles à bombarder et à prendre ;

Pas de port de guerre organisé, Yokoska excepté ;

Pas de port de refuge ;

Communications non assurées entre les diverses parties de l'empire.

Ajoutons que la marine est encore incomplètement organisée et petf solide.

Pour de longues années on peut donc affirmer que le Japon est ouvert, qu'une grande puissance maritime pourra assez facilement, quand et comme elle voudra, s'établir sur un point quelconque de l'empire japonais et avec la plus grande facilité dans l'une des petites îles qui en dépendent.

Si cependant la guerre se développait et que l'assaillant voulût non seulement s'établir sur un point du territoire, mais encore marcher à l'intérieur et faire une guerre de conquête, par exemple, il se heurterait à des difficultés insurmontables, provenant surtout de la difficulté d'assurer ses lignes de communication, et de la pénurie des moyens de transport. Il trouverait devant lui le peuple debout tout entier défendant un sol difficile avec un patriotisme doublé de la haine toujours latente de l'étranger.

Si nous examinons maintenant quels sont les points importants les plus" vulnérables de l'empire, ceux où il faudrait, le cas échéant, porter violemment le premier coup, nous signalerons d'abord la capitale, Tokyo. Elle a pris, par une centralisation maladroite, une trop grande place dans le pays. C'est là qu'il faudrait frapper. C'est la tête de l'empire; elle est mal abritée, et les conséquences de sa chute pourraient être considérables.

Tokyo pourrait, pensons-nous, être assez aisément atteinte par terre et par mer.

Par mer. — Il y a 7 kilomètres, avons-nous dit, entre les batteries de Kannonsaki et le fort de Futsu; du côté de Kannonsaki la côte est accore, et les batteries, trop élevées (batteries de mortiers ait. 75 m. 15 ; batteries de plein fouet ait. 40 mètres), seraient peut-être dans l'impossibilité de faire feu utilement sur les bâtiments passant à moins de 100 mètres de la côte.

Les torpilles fixes ou mobiles en augmentant les difficultés ne les rendraient cependant pas insurmontables.

Par terre. — Il serait aisé de tourner et de faire tomber les défenses de Kannonsaki et de Yokoska, qui sont toutes dirigées vers la mer, en opérant un débarquement vers Kamakura, au sud de la presqu'île de Yokoska (canton de Miura).

En combinant les deux systèmes que nous venons d'indiquer, la capitale serait à peu près sûrement à la merci de l'assaillant.

Ozaka pourrait aussi aisément être enlevée, son arsenal détruit, et, en s'établissantàKyoto, qui pourrait être occupé sans de trop grandes difficultés, l'empire serait coupé en deux, et ses tronçons ne pourraient communiquer entre eux que par mer.

On voit donc pourquoi le gouvernement, malgré les protestations de la presse, malgré la misère du peuple, persiste à lever de nouveaux impôts, à faire de nouveaux emprunts pour se créer une marine redoutable. Tout est encore à faire dans cet ordre d'idées, et il faut songer en outre qu'il ne suffit pas d'avoir de puissants

navires, mais qu'il faut aussi des hommes pour les conduire et que seule la bonne volonté ne suffît pas.

Résumons-nous :

Une guerre d'invasion contre le Japon échouerait; mais des tentatives pour s'établir temporairement ou définitivement en des points utiles dépendant de l'empire pourraient réussir assez aisément.

Les Japonais seraient dans l'impossibilité de s'opposer de vive force à un coup de main vigoureux, et il leur serait également très difficile de reprendre la position perdue.

Bien que le Japon ne soit jamais destiné à avoir une action extérieure considérable, il serait évidemment maladroit de s'aliéner inconsidérément les sympathies de cet empire ; mais il serait puéril, le cas échéant, de ne pas profiter hardiment de sa situation, pour prendre position, au moins temporairement, dans ses vastes possessions sans défense, là où cela pourrait être utile.

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