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RICHESSES MINÉRALES

Dans le § 2 nous avons vu les faits les plus saillants de la géologie japonaise. Nous avons indiqué comment le pays, extrêmement volcanique, était surtout riche en roches cristallines primordiales ou éruptives; comment les roches de la période secondaire étaient assez rares, et enfin comment les terrains stratifiés étaient relativement peu étendus et récents. De l'ensemble de ces faits il résulte à priori, et l'observation directe confirme cette déduction, que les richesses minérales du Japon sont considérables; qu'on y trouve en abondance, du moins superficiellement, des traces et des gisements métallifères des plus variés.

En fait de métaux, on y rencontre en effet l'or, l'argent, le fer, le cuivre, le plomb, l'étain, l'antimoine.

Les renseignements officiels les plus récents que nous ayons pu consulter indiquent comme étant en exploitation :

8 régions aurifères comprenant 89 mines ; 8 — argentifères — 346 —

8 — plombifères;

26 — où Ton recueille le cuivre ;

19 — — le fer;

4 — — Tétain;

9 — — l'antimoine.

On remarquera dans cette énumération que le zinc fait défaut, ce qui rend le Japon tributaire de l'étranger pour beaucoup de fournitures nécessaires à la fabrication des armes.

Ges gisements divers, qui , si Ton ne considère que le nombre, semblent devoir donner un très grand rendement, sont pour la plupart mal exploités, avec de vieux outillages presque hors de service. Il semble que pour vivifier l'industrie minière autrefois florissante il suffirait de capitaux habilement employés par des ingénieurs instruits; malheureusement les capitaux indigènes paraissent manquer ; les capitaux européens sont repoussés avec une jalousie peut-être peu habile, et l'industrie minière ne tient au Japon qu'une place dérisoire. (Voir dans la troisième partie les tableaux indiquant le rendement des mines.)

En 1877, en effet, le rendement en or a été seulement de 415 kilogrammes, représentant une valeur de 1,200,000 francs environ; le rendement en argent de 29,166 kilogrammes, soit à peu près 5,500,000 francs; pour le cuivre, 3,800 tonnes, représentant une valeur un peu inférieure à celle de l'argent; et, pour le fer, 5,000 tonnes, soit 700,000 francs environ.

Fer. — Le fer est le produit minéral le plus commun, le plus répandu, sinon le plus productif, après le charbon. On le trouve un peu partout, mais plus particulièrement dans le sud, puis au nord, dans les montagnes d'Aomori, et au centre, dans les provinces de Hitachi et de Mutsu.

Le fer obtenu est, en général, de qualité inférieure ; il se prête mal à l'aciération, et, malgré quelques progrès accomplis, le Japon doit encore faire venir d'Europe l'acier nécessaire à la fabrication de ses armes.

Cuivre. — Au point de vue de la quantité et de la qualité, le cuivre est sans contredit le métal le plus précieux du Japon.

Il est généralement excellent, de facile extraction, fait face et au delà à tous les besoins indigènes et devient un important article d'exportation, recherché pour sa pureté et l'absence de l'antimoine et de l'arsenic . Les mines d'Ani (préfecture d'Akita), autrefois propriété de l'Etat, installées il y a quelques années sur un large pied par des ingénieurs européens, avec un outillage perfectionné, paraissent être celles qui donnent les meilleurs produits. Elles sont conduites aujourd'hui par un personnel japonais et appartiennent à un particulier.

Plomb. — La production indigène est actuellement insuffisante, et le Japon reçoit ce métal de l'étranger pour la fabrication des projectiles de ses armes portatives. Cette situation tend à s'améliorer.

Nous venons d'indiquer rapidement la situation présente pour chacun des métaux les plus importants; mais les richesses métalliques de l'empire, que les Japonais feignent de croire considérables, sont encore bien imparfaitement connues. Elles ont donné lieu à de grandes espérances, surtout lorsque aucune étude sérieuse n'avait été faite, et il ne serait pas impossible que les gisements métallifères soient plus nombreux que riches, et qu'il y ait surtout des affleurements.

Houille. — La houille tient un rang important dans les productions minérales du Japon. Les couches y sont d'une richesse extrême, surtout à Ezo et à Kiushiu, et cependant l'ensemble des produits n'a pas excédé, en 1879, 400,000 tonnes, représentant environ 6,000,000 de francs, chiffre notablement inférieur àr ce qu'on pourrait obtenir.

Il est certain qu'une exploitation plus habile arrivera bien vite à quadrupler et au delà ce rendement insuffisant, car nous voyons déjà en 1881 la production atteindre 890,000 tonnes, et en 1883-84, 1,000,000 de tonnes environ.

Bien que tous les gisements de houille n'aient pas été reconnus avec un égal soin, on possède à ce sujet, surtout pour Ezo, des renseignements très précis, grâce aux travaux exécutés pour le gouvernement japonais par MM. Lyman et Monroe.

Gomme en Chine, les travaux miniers du charbon de terre sont d'une date relativement récente. L'imperfection de l'outillage, surtout au point de vue de l'assèchement des puits et de la ventilation, en forçant les mineurs à ne travailler qu'à un niveau supérieur à

celui des eaux, limitait dans des proportions considérables l'exploitation des régions même les plus riches.

La houille japonaise n'est pas en général de première qualité. La présence de la pyrite lui donne une friabilité très grande.

Les formations houillères de Kiushiu et d'Ezo paraissent, à cause de la nature des fossiles qu'on y trouve, être d'époques différentes. Celle de Kiushiu, la plus ancienne, serait cependant plus récente que les formations houillères d'Europe. Quant aux gisements de l'île d'Ezo, ils paraissent appartenir à l'époque tertiaire.

D'après M. Lyman, on peut évaluer, sans risque d'exagération, le total des terrains carbonifères de l'île d'Ezo à environ 13,000 kilomètres carrés, se trouvant surtout dans la vallée de la rivière Ishikari. Bien que, suivant le gisement, la qualité de la houille d'Ezo soit très variable, on peut dire que d'une façon générale elle est extrêmement bitumineuse, et qu'elle ressemble beaucoup aux lignites exploités en France dans la Provence, et en Suisse dans les environs de Lausanne.

Les terrains houillers de Kiushiu sont les plus étendus après ceux de l'ile d'Ezo, et leur importance est peut-être plus grande, à cause de la situation géographique de l'ile dans laquelle ils se trouvent et qui est située sur la route du Japon à la Chine ; ce qui ajoute encore à leur valeur, c'est qu'à Kiushiu on trouve aussi des minerais de fer abondants.

Kiushiu fournit déjà en houille les quatre cinquièmes de la production totale du Japon.

Cinq bassins carbonifères sont actuellement très bien connus dans cette île, mais il est probable qu'il y en a d'autres encore: ils présentent une superficie totale de 1,786 kilomètres carrés environ.

Le terrain houiller, près de Nagasaki, est de petite étendue, mais particulièrement riche et fournissant du charbon de première qualité. Il est devenu le centre de l'industrie houillère du Japon. Son importance est due aussi en grande partie à la proximité d'un excellent port et à la facilité des communications. La plupart des centres miniers prendront également, au nord et au sud, une importance considérable quand de bonnes voies de communication permettront à leurs produits de s'écouler facilement.

Quant au Hondo, il est beaucoup moins bien partagé au point de vue des terrains carbonifères. Le plus grand est à 90 kilomètres environ au nord de Tokyo. Il a une étendue d'environ 1,820 kilomètres carrés; mais le charbon est de mauvaise qualité, le transport coûteux, et il n'a d'importance que pour l'industrie locale.

Quelques autres terrains carbonifères ont été signalés dans la même île vers Niigata. Les renseignements manquent de précision; mais dans tous les cas ils n'ont pas une importance comparable à ceux d'Ezo et de Kiushiu.

Nous ne citerons que pour mémoire des gisements de lignite et de tourbe peu connus et peu exploités.

Pétrole. — Bien que nombreuses, les sources de pétrole sont loin d'avoir l'importance qu'on leur donnait il y a quelques années. L'usage de cette huile minérale a pris un développement extraordinaire au Japon, malgré le danger qu'elle présente dans des constructions en bois. Aussi les besoins excèdent de beaucoup les ressources indigènes, et l'Amérique inonde le pays de ses produits.

C'est un des rares articles d'origine étrangère employé d'une façon générale par les indigènes.

Roches de construction. — Les roches de la période secondaire sont assez rares, comme nous l'avons dit précédemment, et avec elles les assises de calcaires dont eUes se composent généralement et qui sont d un usage général pour la construction des habitations. Les Japonais, privés de cette ressource, ne peuvent employer comme matériaux que des granits difficiles à travailler et à extraire, des grès tertiaires friables et de mauvaise qualité, ou le tuf assez commun à Yokohama ; abondamment pourvus, d'autre part, de bois de construction, jouissant d'un climat tempéré, ils ont construit leurs maisons en bois et les ont couvertes en paille. C'est, avons-nous dit, dans le manque de couches calcaires utilisables, plutôt que dans l'idée d'ériger des habitations résistant bien aux tremblements de terre , qu'il faut chercher l'explication du mode de construction usité.

Kaolin. — Très riche en granits, en gneiss, ce pays contient naturellement de nombreux dépôts de kaolin. Les porcelaines du Japon, celles surtout de ses provinces méridionales, sont célèbres depuis des siècles et font concurrence pour la beauté de la pâte, l'éclat (imari) ou la douceur (hirato) des couleurs et le goût généralement remarquable qui préside au choix des ornements, à tous les produits similaires d'Europe ou de Chine.

Eaux thermales. — L'abondance des régions volcaniques rend

au Japon le nombre des sources thermales considérable. On les compte en effet par centaines; mais leurs propriétés sont insuffisamment connues. Presque toutes sont fréquentées depuis longtemps par les indigènes, indifféremment pour les affections les plus diverses, et par conséquent, malgré une foi robuste, avec un succès très incertain. Certaines de ces stations plus accessibles, dans des sites pittoresques et à proximité de villes populeuses, sont devenues, comme en Europe, plus particulièrement populaires et suivies.

Soufre. — Ce produit naturel se trouve à profusion dans presque toutes les provinces.

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