‹ Dalou, sa vie et son œuvreChapitre 18 sur 54 · I.arneur i mètres, /5 cent · texte numérisé non relu

I.arneur i mètres, /5 cent

Appartient à ta Ville de Paris.

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les exlraordinaires progrès (rcxécution accomplis par l'artiste, en ces quelques années de séjour en Angleterre.

A part Legros et Lantéri dont le cœur et l'esprit lui étaient une seconde patrie, tout lui semblait l'exil, en ce qu'il a de plus dur. En vain les plus hauts personnages lui donnaient-ils des témoignages d'estime et d'admiration, et se disputaient-ils le plaisir de le connaître et de le recevoir, il se dérobait autant qu'il le pouvait à toute invitation et se condnait de son mieux dans son travail; quoi que l'on fit autour de lui et quoi qu'il fit lui-même, ildcmcurait l'àme meurtrie et il souffrait d'autant plus qu'il avait la llcrté de taire la profondeur de sa peine.

Un reconfort lui vint un jour, qui, pour un temps, lui lit grand bien. Une troupe d'acteurs parmi lesquels se trouvait Cornaglia, son ami d'enfance, et, comme Legros et comme Guillaume Regamey, son camarade delà l'etite Ecole, et, en ce temps lointain, son camarade préféré. 11 les aimait bien, Legros et Lantéri, mais ils ne venaient pas de là-bas et ils ne retourneraient pas là-bas; ils n'avaient pas en eux un peu de l'atmosphère du pays, et ils n'allaient pas revenir au pays, y rapportant un souffle de son àme, il n'y avait pas en eux ce je ne sais quoi que Victor Hugo a senti dans l'exil :

Oiseaux qui passez nos chaumières.

Vents qui passez, nos sœurs, nos mères Sont là-bas pleurant nuit et jour.

Oiseaux, contez-leur nos misères, 0 Vents, portez leur notre amour.

Et tant que dura la saison tliéàlrale, il eut auprès de lui Cornaglia, l'un des êtres qui l'ont le plus tendrement et le plus naïvement aimé et auquel il rendit bien toute son affection . Céline Chaumont faisait partie de la troupe, il lui offrit de faire son buste. Le séjour de quelques semaines de Cornaglia à Londres lui fut un soulagement; puis vint l'heure de la séparation. Il reconduisit les comédiens jusqu'à Douvres, et, quand il leur eut, longtemps, longtemps, envoyé des signes d'adieu, et, quand le navire eut doublé la jetée, il se sentit plus que jamais seul, perdu dans la foule.

Alors la mer lui apparut comme une immense larme qui le séparait de tout ce qu'il aimait au monde. Et il se prit à sangloter comme un petit enfant.

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