‹ Dame FortuneChapitre 111 sur 137 · PEU X T E M E PARTI E · texte numérisé non relu

PEU X T E M E PARTI E

sourire aux lèvres et le chapeau à la main. Elle n'avait jamais été saluée de cette obligeante façonlà. Quelle perspicacité dans le gentilhomme, qui n'avait pas hésité un moment à la reconnaître, bien qu'il ne l'eût jamais vue. Quant à lui, il ne doutait apparemment pas qu'elle ne l'eût reconnu tout de suite, car elle fit réflexion qu'il ne s'était pas môme nommé, tant il était sûr qu'on ne pouvait le prendre pour un autre. Vraiment, malgré son embarras, mademoiselle Juliette, au fond du cœur, ne se félicitait pas moins que le baron lui-même de cette heureuse rencontre, et sa seule inquiétude était de paraître l'avoir cherchée en se promenant si près du château. Elle voyait bien que M. de La Guerche attendait sa réponse : elle aurait donné sans regret, dans ce moment, ses yeux noirs et ses seize ans pour en trouver une honnête et sensée. Mais il ne lui en venait aucune.

« Mademoiselle, reprit vivement M. de La Guerche, — il avait la voix un peu impérieuse M. le baron, — est-ce que je vous aurais offensée? Je désirais vous voir, je vous vois, je viens à vous, quoi de plus naturel ? Je ne me suis pas demandé si cette façon de vous aborder rentrait dans les convenances ordinaires. Les convenances, mademoiselle, sont une règle de discipline mondaine à laquelle les vrais honnêtes gens ne se croient point

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