‹ Dame FortuneChapitre 112 sur 137 · DAME F O R T 0 X E · texte numérisé non relu

DAME F O R T 0 X E

sans cesse obligés, parce qu'ils sont toujours sûrs d'être bien inspirés par le premier mouvement de leur cœur. Vous, qui avez fait tant de bien

— Je savais bien que vous vous trompiez, monsieur, interrompit Juliette, avec un peu de dépit qu'elle ne put cacher, et que vous me preniez pour ma sœur. Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, monsieur le baron, de tout ce que vous avez trouvé de nouveau chez vous. Ce n'est pas moi qui fais le bien ici.

—Vous donc qui savez si bien aider à le faire, reprit-il en riant de la chaleur qu'elle mettait à ne point se laisser attribuer des mérites qu'elle n'avait pas, vous devez être indulgente et bonne. Vous ne sauriez m'en vouloir d'un excès de franchise et de cordialité qui m'a attiré vers vous.

— Aussi, monsieur, répondit Juliette un peu plus effrayée qu'auparavant, je ne vous en veux pas. »

Dans son trouble, elle se remit à marcher, sans prendre garde qu'elle ne revenait point sur ses pas et qu'elle se rapprochait du château. Le baron marcha près d'elle. Ah ! que de sujets d'étonnement et de réflexions il lui eût donnés si elle avait eu le loisir de se livrer à ses pensées ! Et d'abord où donc était-il cet orgueilleux gentilhomme que Madeleine redoutait sans le connaître ? La pauvre

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