PREMIERE PARTIE
— Monsieur , s'écria Madeleine , qui devint pourpre ; je ne vous demandais point cela !
— J'ai du vous l'apprendre, reprit avec la même gravité Me Javognes... Et, dit-il en la regardant, j'ajoute que, dans ce cas, l'action révocatoire appartient à tous les intéressés; elle appartiendrait à votre mari. Il est cruel d'avoir à craindre qui l'on aime. Voilà pourquoi je vous représentais tout à l'heure qu'il vaudrait mieux garder cette fortuee pour le noble usage que vous avez résolu d'en faire. Vous pourrez même alors, mademoiselle, vous marier sans péril, et la loi que vous accusez saura vous défendre. Il y a des contrats pour vous garantir. »
Madeleine avait mis son visage dans ses mains. " Ah ! se disait-elle, l'indignité de Bernard et ma propre honte étaient écrites sur mon front. Cet homme a tout deviné.
— Monsieur! s'écria- t-elle, croyez-vous que, si je me mariais, j'aurais le courage de faire une pareille insulte à celui que j'aurais choisi pour le compagnon de toute ma vie ? Ne me suffirait-il point de connaître son cœur et d'avoir sa paroie? Ne pensezvous pas qu'une parole donnée puisse quelquefois valoir un contrat? »
Le notaire sourit. « Rarement, répond it-i!.
— Eli bien! s'écria-t-elle. faites donc ce beau?