‹ Dame FortuneChapitre 36 sur 137 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Et la prenant doucement par le bras, elle l'attira d'un pas en avant :

« Tenez ! lui dit-elle en baissant la voix, comme si elle avait eu peur que Bernard ne l'entendît, tenez ! je voudrais que ce fût lui, je voudrais que ce fût mon fils qui eût hérité d'un oncle inconnu et qui eût une fortune à mettre à vos pieds. Ah! comme je vous envie le bonheur que vous allez avoir à enrichir qui vous aime ! Bernard, repritelle tout haut en se retournant vers son fils, Madeleine ne sait pas combien tu l'aimes.

— Oh! dit Bernard en menaçant gaiement sa fiancée du doigt, la méchante fait semblant de ne point le savoir.

— Eh bien, je crois que tu as raison, s'écria madame Lecour, la méchante fille fait semblant d'être triste pour nous tourmenter un peu. Allons, Madeleine, souriez donc. De la tristesse, après tout ce qui vous est arrivé depuis quelques jours. Vraiment, ce serait tenter le ciel ! »

Mademoiselle Marseiîlette écoutait avec stupeur. Tout se mêlait dans la bouche de madame Lecour, les insinuations et les conseils, les douces gronderies et les menaces, la componction çt l'ironie, le miel et l'absinthe. Et toujours ce terrible : « Vous êtes riche, » revena/ ■ là, comme l'ombre hideuse au fond du tableau, qu'on essayait en vain d'éclairer

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