PREMIERE PARTIE
Comme elle traversait la chambre des clercs, elle s'arrêta près de Louis Marjolier, heureuse de voir entre ses mains la plume qu'elle y avait mise au lieu de la pioche d'autrefois. Le jeune homme travaillait avec ardeur à dresser un inventaire, ravissante et joyeuse besogne à laquelle il semblait prêter toute son âme, lorsqu'il vit une ombre légère se pencher au-dessus de lui et qu'en se redressant il reconnut mademoiselle Marseillette. Un éclair soudain s'alluma dans ses yeux noirs; ce fut un étrange regard que celui qu'il jeta sur sa bienfaitrice. Les autres clercs examinaient sournoisement ce nouveau venu dans l'étude, qui avait de si belles, de si jeunes, de si riches amies; Me Javognes, qui, discrètement, était demeuré en arrière, n'observait point sans une visible impatience Madeleine et son protégé. Mécontente de se voir le but de tant d'yeux avides et d'arrière-pensées qu'elle ne démêlait que trop bien, mademoiselle Marseillette allait sortir; mais Louis la retint d'un geste suppliant. 11 lui présenta une petite boîte qu'il venait de prendre dans son bureau et qui contenait, lui dit-il, un léger présent pour sa sœur. C'était le fruit du premier argent qu'il avait gagné ; et, ne devant pas retourner le soir à Saint-Denis, il pria Madeleine de le lui remettre h sa place.
Madeleine prit la boîte.