‹ Dame FortuneChapitre 67 sur 137 · PREMIERE PARTIE.' g · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE.' g

eue, ou tout au moins être lâché et brusquement :

« Cela ne vous regarde pas! CA Peu vous

importe que je sois riche ou pauvre? Est-ce bien cela ce que je viens d'entendre? En vérité, madame, je vous prie de me le répéter encore une fois, car il y va du repos de ma conscience. Vous me donneriez le remords de vous avoir mal jugés vous et votre fils . Il est fâcheux que Bernard ne soit point là pour me confirmer des paroles si sincères! Ètes-vous bien sûre qu'il l'oserait, lui?

— Ah ! s'écria madame Lecourje suis bien sûre qu'il vous dirait du moins que son cœur n'a jamais cessé d'être à vous ! N'est-ce point ce qu'il pourrait vous prouver de meilleur pour sa défense? Mon pauvre Bernard, comme je l'ai fait souffrir! Partagé chaque jour entre le désir de vous voir et la déférence qu'il devait pourtant à mes conseils qui, je l'avoue, le tenaient éloigné de cette maison, forcé de prononcer et de choisir entre sa mère et sa fiancée... mais non, à quoi bon vous raconter cela, Madeleine, puisque vous ne l'aimez plus? »

A ce mot, Madeleine, qui s'était assise, se releva toute frémissante.

Allons! dit-elle, madame, je le vois bien, c'est la comédie qui recommence. Pourquoi ne me

ni.

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reprochez-vous pas aussi de ne plus vous aimer, vous?

— Oui, répondit tristement madame Leçon r en la regardant, cela est juste; il est juste que ec soit à moi que vous en vouliez, Madeleine. Ah! j'accepte votre ressentiment, pourvu que je puisse le détourner de Bernard, qui ne l'a pas mérité ! Hélas! je sais bien (pie vous l'aimiez, mais vous n'êtes pas sa mère. Si vous l'étiez, si vous aviez cinquante ans, si vous connaissiez, comme je crois les connaître, la vie, le monde et les hommes, peut-être n'auriezvous pas agi moins prudemment que moi... mais je veux bien m'ètre trompée, et, je vous le dis, il est juste que j'en porte aujourd'hui la peine. Ce n'est pas Bernard, e'est moi qui ai bien longtemps pensé*tru'en renonçant à user de cet héritage que vous envoyait un si merveilleux coup du sort, vous alliez commettre une ridicule folie, j'ai changé d'avis, il est vrai, depuis que, mieux informée, j'ai pénétré le fond de cette odieuse aventure, mais c'était moi qui me refusais alors à y croire. C'était moi qui ne pouvais me défendre d'un peu de méfiance envers vous, parce que je sentais bien que Mais ne m'aimiez pas, moi qui ne connaissais point votre caractère et -.qui ne savais pas qu'une enfant de vingt-deux ans pouvait être digue de la liberté d'action qu'elle réclam

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