DAM E F O R T UN B
timentale, ils étaient partis tous les deux un beau matin. M. de Saint-Sorlin prit la poste : — il aurait pris Pégase lui-même s'il avait su ou L'aller prendre,— et, courant nuit et jour, il avait fini par rejoindre les deux promeneurs auprès d'un lac d'Italie, dont les bords enchanteurs les avaient engagés à goûter quelque repos. M. de Saint-Sorlin, au retour, accusa l'institutrice alors régnante d'avoir fait lire trop de romans à sa fille; l'institutrice prouva sans réplique que la belle promeneuse n'avait jamais lu que Robinson Crusoé, et n'en l'ut pas moins chassée; mais, comme c'était une personne craintive, qui n'aimait pas à voyager seule, elle se fit accompagner dujeuneÉvaristede Saint-Sorlin, le frère de son élève. M. de Saint- Sorlin reprit la poste, recommença de dévorer les routes, et, cette fois, rencontra le couple au bord de la Méditerranée. Cependant, le voyage de la belle Laure avait fait un peu de bruit, et, bien que l'histoire fût déjà vieille, elle se racontait toujours. Mademoiselle de Saint-Sorlin allait avoir vingt-sept ans, et n'était point mariée, lorsque Bernard Lecour la demanda. Ce n'était, il est vrai, qu'après trois mois d'une cour assez vaine, quoique fort assidue, durant lesquels il était clair qu'il avait hésité plus d'une fois; mais enfin il la demandait ! Grand Dieu! ni M. ni madame de Saint-Sorlin,