‹ Dame FortuneChapitre 82 sur 137 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de sa fille, recommença de marcher malgré elle.

Elles venaient d'atteindre la maison du notaire. Madeleine saisit vivement le bras de sa mère.

« Allons, maman, lui dit-elle, si peu qu'il vous reste de courage, je me mets sons votre garde. »

Elle pensait à Louis Marjolier, qu'elle allait sans doute revoir en traversant la chambre des clercs. Elle ne savait pas que le matin même il était parti pour F Amérique. Les deux femmes entrèrent dans le cabinet de Me Javognes; il accourait pour les recevoir.

« Monsieur, lui dit mademoiselle Marseillette, ce qui m'amène aujourd'hui va sans doute vous causer quelque surprise. J'ai besoin de dix mille francs.

— Dix mille francs! s'écria la veuve du major. Ah ! Madeleine, ce n'est point pour les donner à vos pauvres...

—Non, maman, répondit tout bas Madeleine. C'est pour acheter une robe de bal... »

Me Javognes s'était contenté de s'incliner. Sans dire un mot, il se dirigea vers le coffre-fort qui occupait un coin de la chambre. Là, tandis qu'il mettait la clef, comme avec un grand effort, dans la serrure à secret, il essayait de saisir à la volée quelques lambeaux du dialogue qui se poursuivait à voix basse entre la mère et la fille, fnté-

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