‹ Dame FortuneChapitre 9 sur 137 · PREMIERE P A R T I E · texte numérisé non relu

PREMIERE P A R T I E

fendre, et, fort de son droit comme il l'était, il en eût usé. Personne n'ayant parlé jusqu'alors, l'invention prospérait toujours et continuait de porter fruit. Mais il faut apparemment que tôt ou tard] le doigt de Dieu se manifeste! Un jour il arriva que l'un des débiteurs de Marseillette, n'ayant pu payer à terme, se brûla la cervelle.

C'était le fils d'une noble famille, médiocrement riche, et qu'il achevait d'appauvrir pour une Lais à la mode. L'idée ne lui vint pas à l'heure suprême de demander pardon à son père du mal qu'il lui avait fait et de la dernière tache qu'il allait imprimer à son nom : il ne songea qu'à sa maîtresse. 11 ne voulut s'excuser que devant ses beaux yeux de l'action infâme qu'ils lui avaient fait commettre et n'adressa d'adieux qu'à elle. Laïs lut cette lettre et s'évanouit, car c'était une occasion de montrer à quelques rivales qui se trouvaient là comme elle savait gracieusement tomber par terre ; puis, comme elle était fille de cœur, elle jura, quand elle se fut remise, de ne point prendre un autre amant avant d'avoir vengé celui -là, et, la lettre en main, elle se fit conduire au parquet.

.Marseillette, l'heureux Marseillette, était bien loin de se douter qu'un si gros orage fût si près de crever sur sa tête. On lui avait appris la mort de ce jeune homme, et il n'avait pu en croire ses

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