‹ Dame FortuneChapitre 95 sur 137 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

déjà tout humides de la pensée du bien qu'elle allait répandre, et prit un air assez mécontent.

Me Javognes, lorsqu'elle était allée le visiter dans son étude pour lui faire part de sa retraite et de ses beaux projets, Me Javognes le lui avait bien dit, que les hommes, et surtout les hommes des champs, ne sauraient jamais être aussi malheureux que de certains esprits paradoxaux se plaisent à le raconter dans de mauvais livres; Me Javognes avait bien fait tout ce qu'il fallait faire, en riant d'abord, puis bientôt en s'échauffant, — car il y avait de quoi s'échauffer, — pour la dissuader de cette nouvelle folie, plus ridicule, à son gré, que tant d'autres folies qu'elle avait commises, et dont la première avait été de ne point jeter un voile sur le passé, — comme cela se pratique sur les tableaux qui pourraient blesser les yeux, — afin de jouir en paix de l'héritage de l'usurier; Me Javognes s'était bien hasardé à lui représenter encore une fois que le monde pardonne tout, excepté la trop grande ingénuité de la conscience et l'exagération des scrupules du cœur; Me Javognes n'avait pas craint de la railler sur ce qu'il nommait sa bergerie, et d'élever la voix pour lui rappeler qu'étant riche malgré elle, mais qu'étant riche enfin, elle avait bien d'autres devoirs sociaux à remplir que de s'en aller enrichir les pauvres de la campagne, et

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