AU JARDIN DE MON AME
Au jardin de mon Ame, il est de clairs bosquets Ou se cachent parfois des fleurs à l'air étrange : Les fugitifs « Espoirs » et les mornes « Regrets, » — Les uns, fleurs de soleil, les autres, fleurs de fange.
Le « Regret » qui m'attriste et V « Espoir » qui me ment,
Ont déchiré mon cœur aux buissons d'aubépine.
Je les chéris pourtant tous deux également,
Car j'aime à contempler ma pauvre Ame en ruine.
— « Au jardin de mon Ame, arrosé par mes pleurs, Te plaît-il les cueillir, « Dame Mélancolie », Ces anémones sans parfums et sans couleurs, Ces fleurs pâles où rôde une lente agonie?. . . »
Les « Heures » que comptait le sablier du « Temps, » Ont fui devers le lac où frissonnent des moires ; L'automne triste, enfin, remplace le printemps, Et le « Passé » béni, revit en nos mémoires.