‹ Dame MélancolieChapitre 26 sur 41 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

« Ah ! laisse-moi humer cette larme qui tremble A la pointe des cils frangés de ton œil noir ; Dans un spasme d'amour, que nos lèvres ensemble Fassent enfin la paix dans le calme du soir.

Mets tes bras à mon cou, petite rancunière ; J'ai gardé la saveur de nos baisers anciens ; Ne boude plus ! Qiie ta larme soit la dernière, Promenons notre idylle aux bois Théocritiens.

Et si nous rencontrons quelque penseur austère Dont notre oarystis effarouche les mœurs, Nous nous embarquerons, Mignonne, pour Cythère^ Avec des amours blancs et roses pour rameurs.

Eros nous recevra dans un palais féerique, Sur un trône d'azur constellé de saphirs, Et, sur le lac oit flotte une douce musique. Nous voguerons, poussés par l'aile des ^éphyrs.

En ce pays rêvé de maîtresses fidèles.

Afin que noire ardeur puisse enfin s'apaiser, On nous enseignera des ivresses nouvelles. Et les charmes exquis d'un ignoré baiser. »

Page 1