UNE FIANCÉE DE MONSIEUR INGRES
peu de copie ? Sous la rédaction appliquée et vieillotte, quelques traits vraiment féminins apparaissent et donnent du charme à ce devoir de style. Emma reconnaît loyalement qu'elle manquait de beauté ; elle s'accorde « une figure peu remarquable, mais empreinte de bonté et de candeur.» Cette jolie laide ne veut pas comprendre qu'entre elle et son fiancé il y avait Vénus. Elle suppose, plus modestement, l'intervention d'une simple mortelle. Ici, l'imagination l'égaré. Cette « Mme Fernot » n'a existé que dans les rancunes de Julie Forestier. « La disposition enthousiaste d'Auguste, dit le manuscrit, fit trouver cette dame bien au-dessus de la pauvre Emma, dont les traits n'avaient d'autre avantage qu'une expression habituelle de gaité, de douceur et de raison. Auguste commença par la trouver belle. » Tout cela n'est que littérature. Mais voici le cri parti du cœur : « Ce qui n'était pas absolument vrai. » Il semble bien qu'elle ait été tout à fait de son sexe, cette petite Julie. Son malheur fut de rencontrer quelqu'un qui était pour déesses.