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CHAPITRE PREMIER

La vie à Venise. — Les palais du Canal-Grande. — Les Florentins banquiers de l'Europe. — La fille du seigneur Capello et son amant.

Le dramaturge allemand Kotzebue raconte, dans son Voyage en Italie, que, visitant un jour l’église de Saint-Marc, à Florence, son guide lui montra le tombeau de Pic de là Mirandole, et qu’à ce sujet il se demanda qui pouvait bien être ce prince de la Mirandole? « Un prodige de science, paraît-il, mort à vingt ms, connu du Tage au Gange, célèbre même aux antipodes, et dont moi, malheureux, je n avais oncles ouï parler ! » Bien des gens avant clarté de font, mais n’avant pas cette naïveté daveu, seraient peut-être assez embarrassés s’il leur fallait, au dépourvu, s’expliquer sur certaines figures secondaires de 1 histoire qui reviennent souvent dans la con\er-

sation ; nous les traitons un peu comme accessoire* et prenons d’elles ce que les chroniqueurs, les romanciers et les librettistes d'opéras nous en donnent. Ce nom de Bianca Capello, par exemple, à combien d'interprétations fantastiques n’ a-t-il pas servi? S'avisat-on jamais de rechercher la femme politique et la correspondante de Sixte-Quint dans cette espèce de virago délicieuse, courant la nuit sur les toits, en chemise, pour aller rejoindre son amant? Cette recherche m’a séduit ; on va me demander où sont les documents nouveaux que j’apporte à la discussion, comme s’il existait jamais des documents nouveaux, comme si, l’intuition psychologique aidant, les vieilles sources ne suffisaient point à qui se piailla paperasser à travers les correspondances, les archives et les publications de toute sorte, tant étrangères que françaises. L’histoire n’est pas seulement une science, elle est aussi un art qui vit de couleur et de plasticité; les matériaux ne varient pas, et chacun prend ce qu’il y trouve. Nulle période n'a mieux travaillé que la nôtre à la « découverte » de la Renaissance italienne, et, parmi les ouvriers de l’heure actuelle, nul n’a plus mérité queM. de Reumont. Ses longs séjours dans la. Péninsule, où des fonctions diplomatiques l’appelèrent à résider pendant des années, d’abord à Rome, puis à Florence, ses relations mondaines, sa pratique des choses d’État, son goût passionné pour la littérature historique et moderne, font de lui une physionomie à part, une source plus ouverte que Ranke et non moins profonde. Ses ouvrages ont réponse à tout, quelle que soit la question qu on se pose sur un sujet concernant l’Italie du passé ou du présent; son Histoire de Toscane , son Laurent le

Magnifique, se lisent comme des romans; rien du professeur et du savantasse, l’homme du monde dans l’érudit, et, dans l’artiste, le dilettante, comme chez Thierry et Macaulay. A côté de pareils noms, on éprouve un peu d’hésitation à citer l’auteur de Florence et ses Vicissitudes, et pourtant ces laborieux volumes, quoiqu'ils aient beaucoup vieilli, peuvent encore être consultés avec fruit sur l'organisme de l'État toscan, ses finances, sa magistrature, ses rapports très indépendants avec l'autorité ecclésiastique. Il a plu a Sainte-Beuve, dans un de ses Lundis, de s’éeaver aux dépens de M. Delécluse : c’était, en effet, un écrivain fort contestable, mais qui possédait un trésor d’informations diverses et qui, ne l’oublions pas, eut une fois dans sa vie la bonne fortune d'inventer un petit chef d’œuvre : Mademoiselle de Liron. Son livre de Florence et ses Vicissitudes est une de ces élucubrations sans littérature que des archéologues écrivent pour des archéologues; la forme y manque, mais non la compréhension des événements. Je n’ai jamais connu d’auteur aussi absolument détaché de ses propres œuvres que ce parfait galant homme, d’une culture si variée et d’un si pauvre style. Comment n’a-t-il pas trouvé grâce auprès de Sainte-Beuve? On aimerait à s’en instruire; mais un autre intérêt nous réclame, et, tout ceci posé en manière de prologue, abordons les faits.

Les pierres de Venise suent l’histoire ; à Rome, à Florence, les palais sont isolés, de longues suites de

maisons les séparent les uns des autres, i] leur arrive même souvent de se morfondre obscurément dan* un coin désert ; ici, l’art ne souffre pas d’interruption les tours de marbre et les coupoles d’or se rejoignent les arcades en filigrane de pierre s’enguirlandent aux colonnades de porphyre, et cette vie historique, partout reproduite dans l’architecture, Giorgione, Titien Paul Véronèse, viennent la constater et comme la contresigner à l'intérieur des monuments. Les peintures du Tintoret, au palais des doges, ne sont point là simplement pour la décoration , les portraits de Titien, les tableaux de Véronèse, toutes ces scènes de l’ancien et du nouveau Testament, si merveilleusement traduites dans la langue et le costume du xvi e siècle, nous parlent bien plus de la Venise de la Renaissance que des noces de Cana. La commodité plénière de l’existence, la richesse, l’ampleur, la noblesse de l’être et du paraître, la conscience et l’habitude héréditaire du pouvoir, le goût raffiné de? plaisirs, la joie de se sentir vivre sous un ciel enchanté, tout ce que ce monde a d’élégant, de chatoyant, de précieux, de rarissime en étoffes, en meubles, en vaisselle d’argent et d’or, est-ce que ce? choses-là furent jamais décrites d’un pinceau plu* étonnamment libre et affirmatif? Et que signifiaient ces choses, sinon le tableau vivant de Venise ? Un jour, Paul Véronèse est appelé devant l’Inquisition: le tribunal 1 accuse d’avoir peint pour le cloître San- Giovannie-Paolo un tableau de la sainte Cène où le sujet disparait sous les accessoires : des hallebardiers accoutrés à 1 allemande, un valet qui saigne du nez. un arlequin avec un perroquet sur l’épaule. Partout ailleurs, le cas serait pendable, mais Venise alathéo-

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v, ff ïe moins sinistre, et, quand les juges lui reprorhent d'avoir mêlé le profane et même le grotesque au sacré : « J avoue que je n’y avais point songé, » répond naïvement 1 artiste. L air, le flot et la lumière, asservis à la toute-puissance d’un patricial sans égal Sans l'histoire, voilà Venise ; de ce qui se passe de l'autre côté de l'horizon terrestre, elle s’en soucie peu : son empire est celui de ce monde, que sa politique embrasse tout entier. Un minimum de christianisme étendu d’un vénétianisme rutilant, ainsi pourrait se définir l’art des Véronèse et des Titien, des Palladio, des Vittoria et des Scamuzzi, ainsi se forma au-dessus de la cité des lagunes cette fantastique buée lumineuse qui déjà se reflète dans les chroniques du temps et dont les drames de Shakspeare ont fait un nimbe d’or.

Chacun de ces palais qu’en remontant le Grand Canal vous passez en revue a des merveilles à vous raconter, et, si je dis merveilles, c’est que presque toujours la poésie achève et complète le récit. L’hôtel où vous logez, un doge, mieux encore, Othello, l’habita, et rien ne vous empêche de croire que la chambre qui vous servit de gite est celle où le terrible More, de sa main, plus noire que l’enfer, étrangla Desdémona. Des deux côtés, les souvenirs se pressent, tous assiègent, comme si de ces décombres un vent 'Je Renaissance vous soufflait au visage. Les portes sont, ouvertes, les héros disparus, les vestibules dé- «rts ; à peine une loque de tapis sur ces degrés de ®arbre mangés aux lèpres de la moisissure, les fa- '.Ades vermoulues, les fenêtres creuses comme des ' eux a yant pleuré toutes leurs larmes et dont les ités seules subsisteraient : n’importe, ce néant a

son éloquence, et c'est un jeu pour l'imagination de le repeupler. N’avez-vous jamais rencontré dépêtrés qui semblent ne pas appartenir à la terre " dont on dit qu’ils sont toujours dans les nuages? U réalité ne les atteint pas, un air plus subtil les ei^ loppe, et l’adversité même leur devient un attrait dë plus : telle est Venise. Toutes les architectures ont poussé là, fleuri spontanément comme dans un divin rêve de l’Adriatique. L’antique, le gréco-romain. ] e gothique, le mauresque, le rococo, tous les styles, toutes les idéalités, à commencer par le palais” des doges, où tant de poésie se mêle à tant d’histoire et que Byron emplit de ses figures, à finir par le Rialto, où le juif Shylock se profile. Palais contre

palais : Mocenigo, Dandolo, Pisani, la reine Cornaro, cette Catherine qui ne porta la couronne de Chypre que pour la rendre à la république, et que Titien a peinte dans le rayonnement un peu sombre de sa beauté. Foscari, Pesaro, la Ca’d’oro, Balbi, du grec, de 1 arabe, du composite; Contarini, Grimani, Labia, des panthéons et des musées, Labia surtout avec ses fresques de Tiepolo. Enfin, ces deux maisons qui se touchent : 1 une gothique et fruste, d'aspect farouche, d où sortit Marino Faliero pour monter aux honneurs, puis au supplice ; l’autre, de style arabe, le palais Capello, berceau de l’héroïne de ce récit.

Elle était d une famille patricienne accoutumée aux

grands emplois. Sa mère étant morte après l’avoir mise au monde, ses premières années s’écoulèrent à

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la campagne, sous la garde d’une gouvernante. Son père, homme rigide et fier, la visitait de loin en loin et lui prêchait des idées de retraite et d'obéissance médiocrement en harmonie avec un naturel qui n'avait rien de pastoral. Elle grandit ainsi, désœuvrée, curieuse, attentive aux rumeurs de Venise. La fée des lacunes l'appelait, la troublait, et, lorsque, vers l’àge cte dix-huit ans, la jeune bergère y vint habiter le palais du Canal-Grande, ses longs rêves l'avaient déjà préparée aux expériences de la vie. Les aventures pouvaient se présenter, on ne demandait qu à les courir. Bianca n’attendit point ; de prime abord, elle eut son roman, et ce roman la lança dans l’histoire .

A cette époque du moyen âge et de la Renaissance, les Florentins étaient les banquiers de l'Europe, ils avaient des comptoirs partout : à Rome, à Naples, à Londres, à Paris et dans les Flandres. Pape, empereur, roi ou doge qui manquaient d argent s adressaient à eux. C'est avec l’argent florentin qu’Édouard III battait à Crécy notre noblesse. Les plus grands seigneurs de Toscane tiraient honneur de s’enrichir à ce métier. En 1422, sur la place du Marché-Neuf, fonctionnaient soixante-douze boutiques de chan geurs, qui toutes avaient leurs succursales dans 1 edivers centres financiers de l’Italie ; à Aenise, les Sal viati tenaient la tête des affaires. Au nombre decommis de la maison se trouvait un certain Pierre Buonaventuri, garçon pauvre et sans naissance, maibien planté, de belle mine, âpre surtout à 1 ambition et sachant plaire. On se racontait ses galants exploit- , ses escalades aux balcons des courtisanes, se.^ nui de jeu et ses coups d’épée plus souvent donnés que

reçus. Comment cet Amadis connut Bianca, l’anecdote est absolument simple.

La maison de banque faisait face au palais Capello ; leurs yeux se rencontrèrent d’abord, puis ? e parlèrent; des regards, on en vint aux signaux: un baiser qu’on s’envoie d’un balcon à l’autre, un billet qu'on se montre à la lueur des étoiles et que, le lendemain, on glisse ou saisit au sortir de la messe : tous ces jolis drames de l’amour s’engagent ainsi par des insolations au clair de lune, et comment ils s’achèvent, nous le savons aussi. Aux étreintes fortuites, aux rendez-vous accompagnés succèdent les entrevues secrètes; la duègne ayant fourni l’étape réglementaire, l’amant obtient de sa maîtresse qu'elle s’échappe un soir pour venir chez lui. Curiosité, ton nom est femme 1 La jouvencelle arrive hésitante et palpitante, point inconsciente, car elle a tout prévu, — les sottes seules se laissent prendre sans réfléchir, et Bianca Capello n’était pas une sotte. Mais la nature s’agitait en elle ; enroulé dans un repli secret, le vieux serpent d’Eve lui disait: « Que crains-tu? Il t’aime et t’épousera. N’est-il pas, comme toi, de noble race? Un Salviati vaut une Capello pour la naissance. »

Un Salviati, oui certes; mais un Buonaventuri, justes dieux ! Il est Vrai que le traître se donnait à elle comme le propre neveu des Salviati. Ce qu’un galant vous affirme sur la foi de son baiser, on le croit si volontiers quand on aime soi-même passionnément!

Elle vint donc et revint, puis revint encore; amoureuse et charmante légende qui débute comme celle de Roméo et Juliette et se termine comme un conte de Boccace ! Hélas ! pauvre abusée, le prétendu Salviati. le soi-disant associé des hauts barons de la finance.

n'était qu’un vil aventurier dont le nom pesait moins encore que la fortune, et, lorsque Bianca découvrit l'odieuse supercherie, elle était grosse, il lui fallait maintenant épouser cet homme qu’elle méprisait : il lui fallait quitter Venise et fuir loin des colères de , 0)1 père. — Au lieu d’écrire Bartolommeo, mettez Brabantio, et nous sommes en plein drame d 'Othello: ,-ette fille qui déserte le toit paternel, ce vieux patrii-ien qui la maudit. Nous étions avec Juliette, voici Desdémona. Shakspeare s’est tellement approprié la trasédie humaine de ce temps-là, qu’on ne remue pas une seule anecdote qu’il n’ait faite sienne par certains côtés.

Buonaventuri, qui se sentait non moins compromis que Bianca, ne cessait de pousser à l’enlèvement; car, si la jeune dame risquait d’aller au cloître, il n’ignorait pas quel châtiment le menaçait, lui, coupable d'avoir débauché une fille noble de la République.

Une nuit que don Bartolommeo s’était absenté, tous les deux partirent pour Florence, et, si vous demandez qui fournit l’argent du voyage, ce fut le père de Bianca, travesti pour la circonstance en Géronte qu’on dévalise. L’honnête créature savait où gisaient les sequins, elle en remplit dûment son coffre, empilant par-dessus des bijoux pour une valeur de 20,000 tous; c’était le vol après la chute. Adieux touchants lune fille à son père, qui méritaient assurément 1 auguste récompense qui les couronna dans la suite. Cai k fait demeure incontestable : celle qui préludait de la sorte allait droit aux honneurs, à la gloire, ioml jer de chute en chute, mot absurde à 1 usage des niais qui eroient à la vertu récompensée ; deux néga- | tions valent une affirmation, une faute vous perdrait,

deux vous sauvent. Si Bianca, soumise et repentante, fût restée à Venise, sa première faute l’eût inévitablement condamnée à toutes les flétrissures; elle marche dessus impudemment, vole son père, court à Florence ; sa faute devient un scandale, et le scandale emplit l'Italie : aussitôt son règne s’affirme. Le destin se moque de nous, et son ironie mène le

monde. .

Une version adoptée par les chroniqueurs attribue

pour cause à la fuite des deux amants un incident quelconque de la vie domestique, je n’en crois rien et je dirai pourquoi.

Donnons d’abord cette version.

Comme il n’y avait aucun moyen, pour Buonaventuri, de pénétrer dans le palais Capello, gardé à la fois comme une forteresse et comme un harem, c était Bianca qui venait trouver Buonaventuri. Toutes les nuits, elle quittait sa chambre, descendait pieds nus les escaliers, ouvrait la porte, qui fermait en dedans, traversait la rue comme une ombre, rejoignait son amant dans sa chambre, puis, une heure avant le jour, elle rentrait par la porte, qu elle avait laissée entre-bâillée. Cela dura ainsi plusieurs mois; mais, un

beau matin que les jeunes gens n’avaient point au«i exactement calculé l’heure du départ, un garçon boulanger vint demander au palais Capello à que moment de la journée il devait cuire le pain, et, en s’en allant, il tira la porte. Bianca arrive un instant après pour rentrer à son tour et trouve la porte er mée. Appeler serait se perdre; elle prend aussrtô son parti, remonte chez son amant, qui s habille a a hâte, redescend avec elle et saute en gondole.

Tout cela est du pur roman. Comment admettre

un tel complot ait pu être conçu et exécuté fortuifment au pied levé? Une personne aussi habile que Bianca, aussi précocement dépravée, mûrit ses pro- >tsà distance, surtout quand elle se sait dans un état intéressant. Elle et lui avaient dès longtemps combiné leur plan et fixé comme date la première nuit où don Bartolommeo s’absenterait de Venise. Si le coup n’eût as été prémédité, comment s’expliquerait-on le vol Ses bijoux et de l’argent qui sustenta les deux pèlerins contre les hasards de la traversée? Prétendrat-on que cette main basse sur le trésor paternel avait eu lieu d’avance en prévision de l’enlèvement, et que la précieuse cassette était déjà depuis de longs jours au pouvoir de Buonaventuri? Et don Barlolommeo alors qu’en faites-vous? Quoi! ce patricien retors, presque avare, serait resté une semaine au moins sans visiter sa caisse, et cette malheureuse fille, joignant l'imprudence à l’impudeur, aurait affronte d un cœur léger le double danger de voir de la même occasion ses deux hontes se découvrir? Non, tout cela ne =>e tient pas. Pour que le récit des chroniqueurs eut l'ombre de vraisemblance, il faudrait pouvoir supprimer le vol dans le procès, quand, au contraire, i y occupe une si grande place que le Sénat en re en et que toutes les dépêches des ambassadeur»

le racontent 1 !

Au cours de leur voyage, Bianca Capello et Pierre Buonaventuri se marièrent. Un prêtre, que

i. Lettere di Cosimo Bartolo al principe rem

Bartolo était résident de Venise a Florenc ' des nom

lèvement, et ses lettres ne nous entretiennent q ^ ^

breuses et inutiles démarches poursuivie» par m P Seigneurie en faveur de la fugitive.

homme connaissait, les unit dans un Tillage des environs de Bologne; puis, au terme d’une odyssée pl us ou moins picaresque, tous les deux arrivèrent à Florence chez les vieux Buonaventuri, où Bianca, p eu après, accoucha d’une fille qu’elle nomma Pelegrina. et qui devint plus tard la comtesse Bentivoglio.

L’émotion que cette évasion produisit dans Venise, on se l'imagine. Les Capello n’étaient point les seul? à crier vengeance, les Grimani faisaient aussi choru?, ayant à leur tête le patriarche d’Aquilée, oncle de Bianca. Celui-ci, personnage important entre tous et grand pontife, comme on sait, de la sérénissime république, fulmina si haut ses colères, que le conseil dut traiter les deux fugitifs à l’égal des voleurs et promit une récompense de mille ducats à quiconque les livrerait morts ou vifs; Bartolommeo, de son côté, offrit la même somme. Quant aux complices ou gen? supposés tels, le châtiment les atteignit sur l'heure. Soupçonné d’avoir connu les faits sans les dénoncer et d’avoir prêté la main à l’évasion, Jean-Batista Buonaventuri, l’oncle de Pierre, fut jeté en prison pour le reste de ses jours, et la respectable duègne aux amoureux messages eut pareil sort.

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