LES TIMBALIERS ETAIENT PASSES
Les lois de la poétique nous permettent maintenant de revenir sur nos pas , et les lois de la raison nous l'ordonnent ; premièrement y pour chercher ce que voulaient dire les dernières paroles deDanaë, au sujet d'Andronic, qui avaient si fort réveillé le consul Junius
Donalus ; secondement , pour essayer de découvrir quelles causes pouvait avoir la visite assez problémaliqu3 que le seigneur Bébrix, comte des Ecuries , était venu faire, h minuit , suivi de cinquante Prétoriens , au Palais de la Voie Flaminienne.
On se rappelle que Fabiola avait réussi à détourner Danaë de ses projets sinistres, en lui amenant une Thessalienne , bien instruite à l'avance , qui avait dit à la malheureuse enfant qu'elle reverrait Andronic dans l'année. L'époque marquée arrivait précisément le lendemain du jour où nous avons entendu Danaë racontant l'histoire de sa vie.
Pendant les derniers mois de cette année, pleine d'espoir et d'angoisses, Fabiola , qui ne comptait guère sur la réussite de son stratagème, et qui tremblait a l'idée de perdre son enfant, car c'était véritablement l'enfant de son affection, image encore embellie de l'enfant de ses entrailles, eut recours à la ProYicience ^ se
— 63 =-^ lïiit à prier avec ferveur, et essaya de faire goûter a Danaë les vérités saintes et consolantes du christianisme. Elle espérait que si elle pouvait parvenir à faire comprendre à Danaë une religion dont le Dieu avait donné l'exemple du sacrifice j elle arracherait du cœur de cette infortunée la froide et effroyable résolution qu'elle y nourrissait, de mourir plutôt que de vivre sans celui en qui était tout son passé , et en qui elle mettait tout son avenir. Mais les consolations et les leçons de Fabiola étaient comme cette semence de l'Evangile, que le vent jetait sur les pierres, et que les oiseaux du ciel emportaient grain a grain. Cette pauvre ame toute meurtrie ne pouvait pas être distraite de sa douleur ; et chaque fois qu'une parole sage et douce y laissait distiller son baume, quelque souvenir d'enfance, souvenir des bois et des prés, oii elle avait vécu jeune enfant, où elle avait aimé jeune femme, venait effiicer et détruire les incertaines et naissantes
résolutions. Il ne restait plus que quelques jours, et Fabiola se répandait en i)rières et en aumônes , pour toucher Dieu en faveur de Danaë, lorsqu'un événement assez imprévu vint tout à coup rassurer l'une et sauver l'autre.
L'empereur Galien , qui était allé en Egypte, en Grèce et en Asie , avait trouvé plaisant , dans une boutade , d'exterminer , un matin , quelques-unes de ses propres légions. Il est vrai que ces légions avaient bien mérité quelque chose de semblable. Réunies aux environs de Byzance, un jour, sans aucun motif juste, elles cherchèrent querelle aux habilans, envahirent la ville , la pillèrent, la brûlèrent en partie, et tuèrent tous ses habitons mâles, jusqu'au dernier; si bien qu'un siècle plus lard, lorsque l'empereur Constantin y transporta le siège de l'empire, et en fit Constant inople, il n'y avait d'anciennes familles dans la ville que celles dont les aïeux se trouvaient
absens à l'époque du massacre. Or, après avoir eu cette première idée , d'exterminer ses légions, Galien en eut une seconde, non moins singulière, ce fut d'en prendre prétexle pour se faire décerner les honneurs du triomphe. Et comme il n'en coûtait pas plus, après avoir supposé qu'il a^ait remporté une victoire, de supposer qu'il en avait remporté pkisieurs , il triompha , par la même occasion , des Goths , des Sarmates , des Francs et des Perses , qu'il n'avait ni battus , ni vus ; mais que ses généraux avaient quelque peu repoussés en Grèce , en Macédoine , en Asie et dans la" Gaule.
Il fut donc annoncé , dans tous les carrefours de Rome, que l'empereur allait entrer en triomphe , à la tête de Tarmée d'Orient. Cette nouvelle releva l'espoir de Fabiola , et fortifia Danaë dans la pensée qu'elle allait voir s'accomplir eu effet la prédiction de la Théssalienne.
Il y avait déjà long-lemps que la flotte de Ravemie était partie, sous les ordres de son préteur , pour aller embarquer eu Orient les troupes qui devaient triompher avec l'empereur. Les Romains avaient , depuis x\uguste , deux grands arsenaux maritimes. Celui de Misène , où était la flotte destinée au service de la Gaule , des Espagnes , de la Mauritanie , de la province d'Afrique, de l'Egypte, de la Sardaigne et de la Sicile ; et celui de Ra venue, où était la flotte destinée au service de TEpire, de la Macédoine , de l'Achaïe, de la Propontide , du Pont , de lOrient , de la Crète et de l'île de Chypre. La flotte arriva enfin en vue du port d'Ostie , et l'empereur débarqua avec ses troupes.
L'armée se divisa en deux colonnes. L'une, ayant lempereur en tête, remonta la rive gauche du Tibre, par la Voie d'Ostie; l'autre, remonta la rive droite, par la Yoie du Port. La colonne de gauche ^ après avoir passé au
pied de la pyramide de Ceslius , entra par la Porte Lavernale, qui conduisait, par le Seplizonium , à la Voie Triomphale. La colonne de droite , entrée par la porte du Port , passa le Tibre sur l'antique pont Sublicius, défendu autrefois par Horatius Coclès ; longea la rivière jusqu'au temple de Yesta ; puis , prenant à droite par le Marché aux Bœufs , elle passa entre le Grand Cirque et la maison d'Auguste, et alla joindre la Voie Triomphale au Septizonium. L'armée , réunie autour de l'amphithéâtre de Vespasien, y campa jusqu'au lendemain matin ; et l'empereur passa la nuit dans le tempfe d'Isis, selon l'usage.
C'est le lendemain , au lever du soleil , que commença le défilé , par la Voie Sacrée , jus- . . qu'au Capitole. Fabiola et Danaë, pour lesquelles ce jour contenait une question de vie et de mort , avaient obtenu sans peine de Cornélius Géthégus un appartement, dans un palais qu'il avait sur le Forum, près du temple
d'Antoiiiii cl de Fausliiie. Elles s'y rendirenl de bonne heure, et s'y enfermèrent , après s'èlre enqiiisesau préalable du costume et du drapeau auxquels elles pourraient reconnaître la cohorte des archers gaulois , qui d'ailleurs faisait partie de l'armée d'Orient, arrivée par la flotte de Ravenne.
On leur avait dit que les archers gaulois ne portaient pas de casque , mais seulement une coiflure de peau de loup. Leur bras gauche était défendu par un brassard fait de lames de fer articulées , et leur jambe gauche était enveloppée d'une grève de cuivre, rattachée à un cuissard en métal plein. Leur drapeau était d'azur, bordé de deux cercles, l'un rouge, en dehors , l'autre jaune, en dedans. Au centre du drapeau était un globe rouge , enfermé dans un cercle blanc, et supportant deux aigles, l'un à droite, l'autre a gauche. Entre les deux aigles était 'un cartouche contenant l'efligie de l'empereur.
Un sentiment indéfinissable d'angoisse s'empara de ces deux femmes, lorsqu'mi groupe d'hommes de police , faisant ranger la foule avec des bâtons , annonça l'arrivée du cortège. Aussitôt, en effet, parurent les licteurs , suivis des magistrats urbains , lesquels étaient suivis eux-mêmes de timbaliers et de joueurs de flûte. Dans leur trouble, elles remarquèrent alors seulement ce que du reste elles savaient certainement , c'est-à-dire que l'armée ne viendrait que pour clore la marche ; et quoiqu'elles ne fussent là l'une et l'autre (|ue pour y attendre l'arrivée incertaine d'un soldat , dont la vie était leur vie à toutes deux, elles se sentirent soulagées d'un poids horrible, par l'espèce de répit que cette remarque donnait à leur émotion.
Elles ne prêtèrent , d'ailleurs, qu'une attention fort distraite à cette longue procession. Les images en bois et en carton des villes prises, portées sur des chariots, les touchèrent
peu; les trophées, les panoplies , passèrent, et furent à peine aperçus; dix éléphans, qui étaient alors à Rome , et qui défilèrent , montés par des singes , quêtant avec leurs trompes les oranges qu'on leur jetait des fenêtres, ramenèrent un peu leurs yeux égarés dans le vague. Elles regardèrent alors un spectacle nouveau, et qui ne s'était jamais vu aux anciens triomphes.
C'étaient deux interminables files de femmes d'abord , et d'esclaves ensuite , portant des cierges allumés ; douze cents gladiateurs, vêtus de robes de femmes en drap d'or, qu'avaient prêtées les matrones romaines; cent bœufs blancs, accouplés avec des jougs dorés , et couverts de housses de soie h ramages ; deux cents bêtes féroces apprivoisées, décorées de bizarres accoutremens ; de grandes charretées de bouffons et d'histrions de toute espèce, poussant des cris et provoquant les spectateurs ; puis un groupe de sa-
eriflcateurs et de flamines , précédés des sacristains qu'on appelait Camilles; puis encore quatre cents agneaux femelles, tous blancs, rangés sur deux files , et suivis du victimaire, ayant le coutelas à la ceinture et la hache sur l'épaule. La vue de ces victimes sans tache , qui passaient en hélant d'une manière plaintive , émut profondément Danaë ; si bien qu'elle ne prit garde ni à l'insulteur, qui marchait à pied , raillant quelques vaincus qui se traînaient chargés de chaînes , ni h Tempereur lui-même, qui passait , au bruit des acclamations, la couronne au front, sur un char traîné par quatre chevaux blancs, enharnachés de pourpre ; ni aux musiciens, qui soufflaient, raclaient et frappaient derrière lui.
Enfin apparut l'armée! Fabiola et Danaë, déjà trompées par les labarums des temples et par les bannières des corporations, se jetèrent en avant, au premier reflet des armures, le cœur rempli d'inexprimables terreurs.
En têle , marchaient les Invincibles Vétérans , qui portaient un drapeau rouge , compassé de trois cercles, le premier d'argent, le deuxième d'or, le troisième rouge, avec une tète humaine vei'te, affrontée, et posée sur un cippe. Le cortège, déjà arrivé au Capitole, marchait plus lentement que jamais, et donnait le temps d'étudier les détails. Au deuxième rang , marchaient les Sagontiens , dont le drapeau d'azur avait deux gouvernails de pourpre en sautoir. Au troisième, venaient les Septièmes Géminiens, créés autrefois par César dans les Gaules, et qui portaient un drapeau d'or avec un globe d'argent, entouré de huit rameaux de chêne vert. Au quatrième , venaient les Augustéiens, qui avaient un drapeau d'argent bordé de rouge , avec un chat vert couché et assénestré.
La cohorte des Augustéiens déhlait à peine, lorsque Danaë se leva , et poussa un cri :
c'était la bannière d'aznr des archers gaulois qui s'avançait , avec ses cercles rouge et jaune , son globe rouge dans un autre cercle d'argent , et l'effigie de l'empereur dans un cartouche. L'infortunée , brisée par l'émotion, retomba sur son siège; sa tête s'emplit de bourdonnemens et ses yeux de ténèbres. Les soldats passaient lentement, deux à deux ; et, quoique placée au premier étage et presque au niveau du fer des piques, il lui semblait qu'une brume épaisse et subite lui dérobait la forme des objets. Elle demeura là, quelques instans, penchée, immobile, les yeux hagards. Peu à peu , les archers gaulois défilèrent; la bannière d'or des Jovinien^, avec son aigle noir aux ailes éployées, brilla tout à coup; il était évident qu'Andronic n'était pas venu avec l'armée, et Danaë s'évanouit.
Fabiola, tout en pleurs, appela ses esclaves. On porta Danaë dans sa chaise , où elle se mita côté d'elle; et, comme le cortège, qui
-~ 74 — défilait toujours , empêchait de sortir par la Voie Sacrée et de traverser le Forum , les esclaves sortirent parla porte du jardin qui donnait sur la place de César. Ils se dirigèrent ensuite le long du mont Quirinal, versle temple de Nerva; puis, tournant à gauche, ils traversèrent le Forum de Trajan , et allèrent rejoindre la Voie Flaminienne par la porte Ratumène.
La journée était déjà avancée , quand la chaise de Danaë la déposa sous le portique de §on palais. Son évanouissement durait toujours; et ses esclaves j aidés par Fabiola, la portèrent dans sa chambre. Un affranchi du comte Crispiciole, son médecin , qu'il avait attaché au palais de Danaë , fut appelé sur-lechamp. Il jugea qu'il n'y avait rien a faire > et se borna à lui faire respirer une eau merveilleuse, extraite, disait-il, d'œufs de phénix, et de cervelles d'alcyons.
Sur ces entrefaites, divers détachemens de
troupes, une fois la cérémonie du triomphe terminée, se dirigeaient les uns vers le Champde-Mars, les autres vers le camp des Prétoriens. La Voie Flaminienne était précisément le chemin des uns et des autres. La cohorte des archers gaulois tournait à droite, le long du palais de Danaë, et se dirigeait, entre le mont Pincius et le mont Quirinal, vers la porte Colline, pour gagner le camp des Prétoriens, situé à l'est du montViminal, derrière les Thermes de Dioctétien. Fabiola, par une inspiration Subite , fit signe à uû esclave de l'accompagner , et descendit précipitamment.
Quand elle fut sous le portique , elle aborda résolument un officier , et le conjura de lui dire s'il ne manquait personne à la cohorte des archers gaulois.
— Personne , répondit l'officier ; excepté le Primipilaire dont j'occupe provisoirement l'emploi, et qui a obtenu de quitter l'armée.
pendant quelques jours, pour aller, dans la Gaule , visiter sa famille.
— Et comment se nomme ce Primipilaire ? demanda Fabiola toute tremblante.
— Il s'appelle Andronic, répondit l'officier; et les termes de son congé exigent qu'il ait repris demain matin son poste dans la cohorte , pour assister à une distribution générale de couronnes, que l'empereur doit faire aux soldats.
— Merci ! merci ! s'écria Fabiola , en courant vers le palais.
L'officier, stupéfait de cette exclamation et de cette fuite, reprit son chemin, en se disant : cette femme est folle î
Lorsque Fabiola fut remontée dans la chambre de Danaë, elle fit sortir les esclaves, et dit au médecin qu'elle répondait de tout. Alors , elle souleva la tête pâle de Danaë ; et , après l'avoir couverte de baisers et inondée de larmes , elle lui cria, dans un transport de
joie : Réveille-toi j ma fille, réveille-toi! Andronic sera ici demain ! Mais elle avait beau crier , pleurer , et supplier Danaë de revenir à elle j sa léthargie durait toujours. Ses joues étaient éteintes , ses mains moites et crispées ; et des larmes froides s'échappaient de ses paupières closes. C'était un spectacle triste et lamentable que ces deux femmes , dont l'une apportait , sans pouvoir se faire comprendre , la vie et la consolation de l'autre ; que cette joie, qui venait frapper en vain à la porte de ce désespoir! Oh! mon Dieu, s'écriait Fabiola, si ma pauvre enfant allait mourir , sans savoir que je viens la sauver! Et puis, c'étaient des étreintes muettes et des caresses convulsives , auxquelles Danaë se prêtait avec la docilité d'un cadavre. Ses beaux cheveux noirs, échappés à la dent de son peigne d'or, s'étaient déployés, comme un voile, autour de ses blanches épaules ; ses deux mules s'étaient détachées de ses pieds ; les fils d'argent, qui
retenaient en aiguilletles le corsage de sa robe, et (]ui avaient été coupes par le médecin, laissaient entrevoir la toile line et transparente de Syène, dont elle était enveloppée. On aurait dit que Danaë se dépouillait, pièce à pièce , et pour la dernière fois , de ses parures de ce monde, et que le suaire de la morte commençait a poindre déjà sous la robe de pourpre de la danseuse.
Peu à peu, cependant, quelques mouvemens brusques des bras , et des paroles inarticulées annoncèrent la fin de la crise. Fabiola s'était mise à genoux , et priait Dieu d'avoir pitié d'elle , et de ne pas permettre que Danaë mourût , au moment où le rêve de sa vie allait s'accomplir. Quand sa raison parut revenue, et que ses yeux se furent ouverts, Fabiola l'interrogea doucement , pour s'assurer qu'elle comprenait. Alors , et pour ménager une transition, elle la gronda avec tendresse de s'être laissé aller à sa douleur ; puis elle lui raconta
son entrelien avec l'officier des archers gaulois y devant le portique , et lui assura qu' Andronic serait de retour le lendemain. D'abord, Danaë restait accablée et immobile ; mais , quand elle comprit bien ce que lui disait Fabiola, et qu'elle lui eut fait jurer que c'était la vérité , elle se jeta a son cou , en versant des larmes, dans un élan de joie insensée; et ces deux pauvres femmes , qui avaient tant souffert depuis une année, restèrent ainsi long-temps dans les bras l'une de l'autre , se prodiguant les doux noms de fille et de mère.
— Tu vois, s'écria tout d'un coup Danaë , que la Thessalieime avait raison !
— Non , ma fille, lui répondit gravement Fabiola ; ce n'est pas la Thessalienne qui t'a sauvée. Pardonne-moi, Danaë ; je t'ai trompée , pour t' empêcher de mourir. La prédiction de la Thessalienne était concertée entre elle et moi..
— Et qui donc m'a rendu Andronic , demaiidîi Danaë toute surprise ?
— C'est le Dieu que je sers, ma fdle, répondit Fabiola ; j'ai prié sa sainte mère , qui a pleuré sur son fds divin , comme je [)leurais sur toi , ma Danaë ; je l'ai conjurée de conserver pour le ciel ton a me innocente et pure ; et il m'a semblé plus d'une fois voir passer dans mon sommeil les ailes blanches d'un ange , qui me disait d'avoir bon courage. 3Iets-toi à genoux comme moi , ma fdle ; car je vois en ceci les desseins de Dieu !
Danaë, subjuguée par un sentiment indicible, se mita genoux. Fabiola joignit en silence les deux mains de la néophyte ; puis elle dit tout haut cette prière sublime, que Danaë répétait après elle : « Notre père , qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour. Remet-
tez-nous nos fautes , comme nous les remettons à ceux qui nous ont offensés. Ne nous laissez pas succomber h la tentation , mais délivrez-nous du mal. »
Alors, les deux femmes se levèrent, et gardèrent quelques instans le silence , absorbées dans la préoccupation de leurs émotions religieuses. Elles concertèrent ensuite de se rendre le lendemain, en chaise, à la grande revue que l'empereur devait passer , au camp des Prétoriens. Puis, elles rouvrirent les portes, et les esclaves vinrent s'informer en masse de l'état de Danaë. Elle les remercia tous avec bonté ; et elle sourit gracieusement à l'affranchi médecin , qui fit honneur de la cure à son eau extraite d'œufs de phénix et de cervelles d'alcyons.