MINISTRES ETRANGERS A COPENHAGUE
que la garantie de la France est désormais sans objet à l'égard de la cour de Copenhague, et qu'elle ne peut plus être réclamée que par la Suéde dans le cas où on voudrait la priver des effets du traité de 1750.
Comme il ne peut qu'être très utile que le marquis de Vérac connoisse d'avance la cour de Copenhague, on croit ne pouvoir mieux faire que de joindre ici une copie du compte qu'en a rendu le marquis de Blossct au retour de sa mission. Celte connoissance préliminaire dirigera ,1e début du marquis de Vérac, et servira à le mettre en mesure vis-à-vis de toutes les personnes qui ont part à l'administration danoise ; mais cette facilité ne doit pas le dispenser de se procurer par lui-même des notions sur ces mêmes objets ; il est des nuances qui peuvent avoir échappé à son prédécesseur, ou que les circonstances seules peuvent faire paraître, et il est nécessaire que le marquis de Vérac les suive et les saisisse afin de perfectionner le tableau qu'on lui présente.
11 veillera aussi avec la plus grande attention sur les démarches des ministres étrangers qui résideront à Copenhague et particulièrement sur celles des ministres de Russie et d'Angleterre. Il déterminera d'ailleurs sur ce qu'il connoilra de leur caractère, de leurs sentiments et de leurs affections, la façon dont il lui conviendra de parler et d'agir avec eux. Mais, en attendant qu'il ait acquis des connoissances certaines à cet égard, il se bornera vis-à-vis d'eux aux démonstrations ordinaires de politesse et d'altenlion. Cependant le marquis de Vérac exceptera de celte règle générale de prudence le ministre d'Espagne, avec lequel il doit vivre dans la plus parfaite intaBigeOGe, et celui de Vienne, s'il sait mériter sa conûance. Il aura cependant soin de ne tenir à ce dernier que des propos qui, rendus à Vienne, persuaderont de plus en plus Leurs Majestés Impériales et leur ministère que le Roi ne désire rien plus vivement que d'agir toujours de concert avec Elles dans lout ce qui a rapport à leur gloire et à leurs intérêts communs et de concourir aux mesures qui paraîtront les plus convenables, tant pour le bien général de l'Europe que pour leur avantage particulier.
Le marquis de Vérac entretiendra une correspondance suivie, mais sage, etc.
Suivent les formules ordinaires.
Cette Instruction a été publiée dans le Danske Magazin, édité par la Société danoise pour l'histoire et la langue nationales, tome IV, 3* partie, 1854, in-quarto. Cf. [Favier] Politique de tous les cabinets de V Europe pendant les règnes de Louis XV et de Louis XIV \ tome I, Hambourg, 1794.