RECUEIL DES INSTH. DIPL
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sonne, deviendraient imposantes si le môme principe pou voit les faire mouvoir. Enfin il ne négligera rien pour empêcher qu'aucun acte injurieux ou défectueux n'aigrisse des esprits déjà assez écartés du terme où leur intérêt réciproque demanderoil qu'ils fussent l'un il l'élan] de l'autre.
Le point le plus délicat et le plusimportant de la conduite du sieur baron de la Houze en Danemarck dans les circonstances actuelles est ce qui a rapport à la Russie. Les raisons de la dépendance de la cour de Copenhague de celle de Pétersbourg sont développées dans les Instructions du sieur marquis de Vérac, et quoique le temps et la conclusion de l'affaire du Holstein 1 aient diminué le besoin que les Danois avoienl de l:i bienveillance de Catherine II, on n'a pas remarqué qu'ils fussenl moins attentifs à regarder pour ainsi dire du côté de Pétershourg, avant d'agir, pour en attendre un signe d'approbation. On peut croire que ces dispositions seront durables, et c'est par cela même que le ministre du Roy doit avoir les yeux ouverts sur tout ce qui pourra se passer entre leeabinelde Copenhague et celui de Pétersbourg. Peut-être sera-t-il étonné lui-m-'nH' de ce qu'il découvrira par sa vigilance en ce point. La paix d'Allemagne dont l'Impératrice Catherine a partagé la gloire avec le Roi, celle entre la Russie et les Turcs a laquelle Sa Majesté a eu la plus grande part, ont changé nécessairement la façon d'être entre la France et la Russie. Ces deux événements ont formé des liaisons qui, sans loucher aux alliances respectives, peuvent amener les deux puissances à s'occuper des intérêts qui leur sont communs, et à tirer parti de leur position pour l'avantage de leurs sujets. De plus, dans l'état d'attente <â
1. André-Pierre Bernstorff axait eu la joie de voir ratifier et exécuter, en lltJ, à la majorité du grand-duc Paul, la traité conclu rtcc la Russie en 1767. p.ir »m oncle, relativement a l 'échange du Holstein royal contre 1rs comté* d'Oldenlwaiy ri de Delmonnorsl. Le Danemark détonait ainsi l'unique maître de tout le Holstein. et toutes les lignes do la maison hol«teiuo-kieloise renoncèrent à leurs prétention» sur l 'ex-par lie goUornienne rlu Slosvig. Les comtés d'Oldenbourg ol de Delmtnhorst, érigée en duchés, Curent abandonnés par le grand-duc Paul i un prince Frédéric- Auguste do la jeune branche kieloise. El, lorsque le dernier duc de OIHC^ bourg mourut, six ans plus tard, ses populations échurent au Danemark, de ta. qu'on i 77B toutos los parties du royaume qui on raient été détachées furent ri *es, sauf les territoire» do la ligne d'Auguatcnbourg. V. Al.Lt ri, Ihttoirr du Ito*-
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DANEMARK ET PRt'SSE 2tl
est toute l'Europe sur la tournure que va prendre la guerre entre la France et l'Espagne d'une part, et l'Angleterre seule de l'autre \ il est possible que les puissances qui se croient en droit d'influer sur le sort de l'Europe cherchent à prendre un parti. ne fût-ce que pour avoir l'honneur de contribuer à la paix. La Russie, que les procédés et les principes du Roi ont, pour ainsi dire enchaînée, et qui s'applaudit de n être pour rien dans la guerre actuelle, devient un point essentiel sur lequel les regards de la politique doivent se fixer.
Il est hors de doute que la cour de Danemark suivra progressivement les mêmes mouvemens que la cour de Pélcrsbourg. Copenhague est donc un point d'observation d'où il sera peut-être plus facile qu'ailleurs de découvrir le vrai système de cette cour, tant sur les affaires générales que sur son genre de rapprochement avec la France.
Pour mettre ce moyen à profit, le sieur baron de la Houze doit ne perdre aucune occasion de s'assurer de l'opinion du ministère danois sur tous les événemens auxquels la France sera intéressée, en observant d'attendre à peu près pour cet effet le temps nécessaire pour qu'on ait reçu â Copenhague des dépèches de Russie qui puissent avoir rapport à ces événemens, et il aura soin de rendre compte de ses découvertes.
Il ne lui sera pas inutile non plus de partir de l'état actuel des choses pour se lier avec le ministre de Russie, en évitant toute affectation, et faisant en sorte que celui de Leurs Majestés Impériales ne puisse donner aux yeux de sa cour plus d'importance à cette liaison qu'elle n'en aura en effet. H observera aussi de se comporter envers le ministre de Prusse avec toute l'honnêteté possible, en louant la conduite de son maître, et lui témoignant que Sa Majesté n'oublie pas la manière dont ce prince a rendu justice à ses vues sur le repos de l'Europe et de l'Allemagne en particulier, et qu'Elle Ht persuadée que. dans toutes les occasions relatives a ces deux objets, Elle trouvera Sa
1, Le* treiie èuxs de l'Amérique du Nord, qui avaient proclame leur indépendance de l'Angleterre «d 1776, avaient ohlenu l'appui de la Franc», 1710. L'Kipagn* en 1779 cl la Hollande en 1 7(t0 cinbraaaerenl auwi leur caute.
212 RETENIR LE DANEMARK DANS LA NEUTRALITÉ Majesté prussienne disposée à adopter les voyes les plus sûi et les plus dignes de sa sagesse et de sa modération.
Pour fixer plus particulièrement les idées du sieur baron c la Houze sur les dispositions du Roy relativement à la Russie et au roy de Prusse, Sa Majesté veut bien lui confier qu'Elit! a adopté pour base de sa conduite avec ces deux puissances qu'il est de. son intérêt et de celui de l'Europe qu'Elle vive avec elle* dans une liaison de bons procédas et môme de confiance, sans exiger d'elles aucun changement dans leurs alliances, comme de son côté Sa Majesté se propose de ne porter aucune atteinte aux engagemens qu'Elle désire de conserver avec lu maison d'Autriche. Quelque opinion qu'on puisse avoir de la difficulté de suivre ce système, Sa Majesté est aussi persuadée qu'il est praticable que convaincue qu'il est avantageux pour Elle et pour le repos de l'Europe, et les bons effets qu'Elle en a di'j'i ipnrevés lui font espérer qu'il pourra être soutenu et perfectionné.
Le sieur baron de la Houze est trop instruit des affaires générales pour ne pas savoir quel degré de confiance et d'intérêt il doit témoigner aux difîérens ministres étrangers résïdens il Copenhague. Celui d'Espagne est plus que jamais en droil d'attendre du représentant de Sa Majesté toutes sortes de marques d'égards et d'intimité tant en publie qu'en particulier. Obligés de contribuer au succès de la môme cause, ces deux ministres doivent se réunir pour agir dans tout ce qui intéresse l'alliance, donner des avis des choses qui auront Irait à II guerre, veiller sur les menées des Anglais, enfin se regarder comme chargés de travailler de concert pour le plus grand bien de leurs maîtres.
Ce seroit ici qu'on pourroil prévoir les tentatives des Angloi* pour tirer avantage de la propension du Danemark en leur faveur dans tous les cas possibles ; mais il doit suffire au sieur baron de la Houze de savoir que le Roi le charge de contenir dans de justes bornes une cour nécessairement timide, d'employer suivant les occasions les louanges, les promesses et le ton sérieux pour la retenir dans la neutralité qui lui convient.
aura soin surtout de mettre souvent sous les yeux du ministère danois le parallèle de la conduite du Roy et de celle de