‹ DanemarkChapitre 86 sur 147 · AU CHEVALIER DE CAMILLY · texte numérisé non relu

AU CHEVALIER DE CAMILLY

Quoique effectivement Sa Majesté honore le chevalier èj Camilly de la qualité de son ambassadeur près du roi de Dut mark, Elle compte cependant qu'il n'en prendra le titre <p'« signant la convention qu'il est chargé de négocier.

Sa Majesté prend celte résolution par deux raisons : la y* miftrc pour rendre plus facile le prompt départ du chevalieràl Camilly, qui, étant obligé de se rendre à Copenhague aucun retardement, n'auroil pas eu le temps nécessaire achever les préparatifs proportionnés à la dignité dont il revêtu, la deuxième pour ne point assujettir la négociation

1. V. plus bas sur les affaires d'Ostfrise l'Instruction pour le préatalQP*]

différends qui pourraient arriver sur le cérémonial dans un pays où l'expérience n'a que trop fait connoître que Ton est accoutumé à faire naître un grand nombre de difficultés.

Ainsi le chevalier de Camilly ne prendra d'abord que le titre de plénipotentiaire. L'usage est que dans les cours du Nord, les ministres étrangers revêtus de cette qualité sont traités comme les envoyés ; mais comme le traitement que le roi de Danemark a établi depuis le commencement de ce siècle pour la réception des envoyés n'est pas tel que Sa Majesté puisse l'admettre, le chevalier de Camillv déclarera dès son arrivée que jusqu'à ce qu'il ait pris la qualité d'ambassadeur, il ne prétend et ne veut recevoir aucun cérémonial, et en effet il évitera absolument tout ce qui pourrait constater aucun traitement autre que celui de politesse et d'honnêteté due à une personne qui a l'honneur d'être chargée des ordres de Sa Majesté.

Le refus que le roi de Danemark a fait de recevoir aucune lettre du Roi sans le traitement de Majesté, et l'impossibilité où Sa Majesté est d'accorder cette grâce nouvelle sans des considérations particulières, comme celle de la conclusion de quelque traité, obligent, pour ne point blesser inutilement le roi de Danemark, de s'éloigner pour cette fois-ci de l'usage reçu aux réceptions des ministres étrangers qui remettent toujours des lettres de créance aux princes auprès desquels ils sont envoyés. Le Roi fait remettre au chevalier de Camillv une lettre de créance pour le roi de Danemark avec le titre de Majesté. 11 ne lui permet de la remettre à ce prince qu'après la signature ou foite ou assurée de la convention. Et en attendant, il saluera le **oi de Danemark, en arrivant, sans lui présenter de lettre de créance, et lui donnera de bouche seulement les assurances de l'amitié de Sa Majesté.

Pour cet effet, il se concertera auparavant avec ses ministres;

il leur fera connoître que le Roi ne refuse point le titre de

^fajesté au roi de Danemark : que m«**rae il est char r '<. : d'une

lettre de créance avec ce traitement, qu'il pourra k-ur montrer.

ot dont il pourra même d'avance, s'il le ju?e à propo*. donner

vine copie non signée. 11 ajoutera que Sa Majesté ne pouvant sans

«quelque prétexte établir absolument ce nouveau cérémonial.

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