‹ DanemarkChapitre 13 sur 32 · É!UC VIC · texte numérisé non relu

É!UC VIC

Malgré la convention conclue à Colding, Kric et les comtes de Holstein n'étaient pas réconciliés; ils ne purent s'entendre sur le sujet «le l'investiture du duché de Slesvig. Le 29 juillet Ni 3, une cour féodale fut convoquée à Nyborg; elle déclara qu'É isabeth et ses fils étaient déchus de tous les droits qu'ils avaient pu avoir au duché de Slesvig, et qu'il revenait à la couronne de Danemark. Le 14 juin 141ô, [ empereur Sigismond, qui était alors à Constance, confirma cette décision. Le jugement était fondé sur ce que le duc avait, sans l'autorisation ou le consentement du seigneur direct, aliéné une partie du fief et négligé en temps utile de demander l'investiture, ce qui constituait le délit de félonie et entraînait la déchéance.

Pour exécuter cette sentence, Éric entra dans le duché avec une armée nombreuse et composée de soldats de ses trois royaumes; les ducs de Saxe- Lauenbourg, ceux de Mecklepbourg et

de Brunswick-Lunebonrg y envoyèrent aussi des troupes pour taire valoir d'ancienne* prétentions. Le. 15 juillet 1417, Éric prit Slesvig. Dans ce moment, la ville de Hambourg et plusieurs princes et États de la basse Saxe se déclarèrent contre lui; Slesvig fut repris, la guerre continua, le duché fut horriblement dévasté; les villes et les îles devinrent tour à tour la proie des deux partis ennemis. Piusieurs tentatives faites pour mettre un terme aux hostilités, échouèrent; enfin on remit le différend à l'arbitrage de l'empereur Sigismond. Au mois d'août de 1423. Kncse rendit à Bude en Hongrie, où l'Empereur tenait sa cour.Heuri III, l'aîné des ducs do Slesvig. comtes de Holstein, devait également comparaître. Comme il tardait à arriver, Éric fit, en attendant, un pèlerinage à Jérusalem, d'où il rev int au mois de janvier

Une sentence, rendue le 28 juin 142.4, adjugea au roi le duché de Slesvig, sans aucune exception, en réservant aux ducs l'île de Laaland et 300,0C0 inarcs d'argent. Les comtes de Holstein, indignés de cette décision, en appelèrent au pape. Sigismond , de son côté, manda à l'archevêque de Brème, à l'évèque de Hildesheim, à plusieurs autres princes et villes de l'Allemagne septentrionale, ainsi qu'au grand maître de l'ordre Teutonique, de faire exécuter le décret par la force des armes.

A son retour en Danemark, Éric, à la téte d une armée de 60.000 hommes, tant nationaux qu'étrangers , assiégea Slesvig et Gottorp; il y perdit un temps précieux, que les comtes employèrent à soulever contre lui des ennemis redoutables. En 1426, les villes de Lubeck, Hambourg, Straisund, Lunebourg etWismar, conclurent avec eux une alliance, et, le 8 octobre, déclarèrent la guerre a Éric. Il en fut si effrayé qu'il abandonna les deux sièges, et regagna ses Étals si précipitamment, que sa retraite ressemblait à une fuit*.

La guerre dura neuf ans; les villes équipèrent des Hottes considérables;

L'UNIVERS

elles bloquèrent par mer Flensborg, discours et son exemple. Elle fît cons-

que Henri, comte de Holstein, assié- truire d'énormes radeaux, au moyen

geait par terre; il lut tué en montant desquels les Danois s'approchaient des

à l'assaut; il ne laissait pas d'enfants, vaisseaux ennemis et les combattaient

Sa mort obligea les alliés à lever le siège. La ligue ne fut uns plus heureuse par mer ; une escadre, qui, escortait d**s navires marchands, fut défaite et amenée avec son convoi à Copenhague.

Si ces pertes, ni les séditions qu'elles occasionnaient et qu'Éric avait soin de fomenter, ni les exhortations de Sigismond, ne purent engager I^s villes à faire la paix. Elles visaient à s'emparer de Copenhague, dont la prospérité croissante excitait leur jalousie. Un peuple qui s'enrichit par le commerce est toujours enclin à vouloir le faire exclusivement. D'ailleurs, le roi venait de faire bâtir à l'endroit où le Suud est le plus resserré le fort de Flynderborg qui mettait en son pouvoir le détroit du Sund, premier et principal canal des richesses de -la Hanse; à côté de cette citadelle qui donnait de l'ombrage à cette association s'était déjà élevée une ville nouve le qui fut d'abord nommée Œrekrog,et plus tard Helsingôr (Klseneur) En 1425, Éric lui accorda les privilèges de ville d'étape, et assura dix années d'immunités à quiconque y construirait une maison de bois et vingt ans pour une maison de pierre : ce lieu n'était auparavant qu'une réunion de baraques de pécheurs. Ainsi, depuis quelque temps, Éric n'ouvrait plus le détroit à aucun navire sans en exiger un tribut.

En 1428, les villes équipèrent une flotte de 240 vaisseaux, qui portaient 12,000 hommes commandés par Gérard, comte de Holstein. Elle sortit du port de Wismar, et se dirigea vers Copenhague, qu'elle investit et attaqua. Éric, avant de quitter cette ville, avait pourvu à sa défense, et avait encore mieux fait en y laissant sa femme, Philippine d'Angleterre, fi tic de Henri IV de Lancastre , roi d'Angleterre.

Cette princesse d'un courage héroïque, que Marguerite lui avait lait épouser en 1406, anima la garnison par ses

vaisseaux

avec avantage; ils les forcèrent de sé retirer, après leur avoir fait éprouver des perles considérables.

Mais la ligue se vengea ailleurs dé ce grave échec. En 1429, Barthélémy Voet de Wismar, fameux chef de pirates (car la ligue en avait pris huit cents à son service), pilla Landskrona enScanie, et l'année suivante Bergen en Norvège; il saccagea cette ville, une des plus commerçantes du Nord , et rivale des Hauséates. Comme s'il craignait d'y avoir laissé quelque chose, il y revint en 1430, et ravagea ce qui la première fois avait échappé 6 sa rureur et à son avidité; il détruisit la loge des Anglais, car ceux-ci avaient acquis les établissements dont les villes hanséatiques avaient été dépossédées depuis la déclaration de guerre.

Encouragée par le suecès de la défaite de Copenhague, Philippine conçut un dessein auquel Éric n'a\ ait pas songé depuis vingt ans que la guerre durait. Pendant qu'il était occupé en Suède à presser de nouvelles levées d'argent, elle équipa soixante-quinze vaisseaux, sur lesquels 1,400 hommes furent embarqués; cette flotte entra dans l'Oder, brûla une partie des navires qui étaient dans la rade de Stralsund, en prit d'autres, et lit du dégât dans la ville même. Elle se retirait avec un gros butin, lorsque, retenue trop longtemps par les vents contraires à l'embouchure du fleuve, elle y fut attaquée par des escadres sorties de Lubeck' et de Wismar, et presque entièremeutanéautie. Éric, qui aurait dû être accoutumé à de semblables désastres , fut tellement transporté de colère , en apprenant celui-ci, qu'il poussa l'emportement jusqu'à frapper la reine alors enceinte. Peu de temps après, elle mourut dans le couvent de Vadstena en Suède, où elle s'était retirée. Les peuples des trois royaumes, qui la chérissaient et la vénéraient comme leur mere, la pleurèrent; leur mépris et leur haine pour Éric, qu'ils regar-

daient, avec raison, comme la cause de sa mort, s'augmentèrent. \*\ perte de cette princesse le privait d'un médiateur qui jusqu'alors avait su maintenir la confiance entre son peuple et lui. Les résultats de cet événement funeste ne tardèrent pas à se manifester au détriment; d'Éric.

Ce malheur fut suivi d'un autre qui, dans les circonstances, fut très-sensible au roi : le vaisseau qui portait en Danemark le produit des dernières Irvées d'argent faites en Suède, fut enlevé par des navires de Wismar et de Kostock. Toutefois, ce butin et d'autres captures ne dédommagea'ent pas ces villes de l'interruption de leur commerce; elles commencèrent même à craindre que les Anglafs et les Néerlandais ne leur enlevassent celui qu'elles faisaient dans la mer du Nord.

Elles acceptèrent donc les propositions d'Éric, et se séparèrent de la ligue en

Les autres villes et les comtes de Holstein continuèrent les hostilités; ces derniers s'emparèrent de Flensborg, qui était pour eux de la plus grande importance. Cet échec et les avis importants qui parvenaient à Éric sur l'état intérieur de la Suède, le déterminèrent à se montrer plus modéré et

Elus pacifique qu'il ne l'avait été depuis ! commencement de son règne. Il écouta les propositions qui lui furent faites; le 14 juillet 1435, il conclut un traité à Vordingborg , avec Adolphe VIII, le seul duc de Holstein-Slesvig qui eut survécu à cette longue brouillerie. Le duc devait conserver, sa vie durant, toute la partie du Slesvig dont il était en possession , et ses héritiers devaient en jouir encore pendant deux ans après sa mort; ce terme passé, les deux parties, savoir le rot et la maison de Holstein, rentreraient dans leurs droits Tes|>ectifs. Le même arrangement conserva au Danemark l île d'Arrôe et le bailliage de Hadersleben ; mais en 14.38, la nolilesse du pays ne trouvant, dans le gouvernement danois, aucune protection contre la révolte des paysans , le<» deux districts rentrèrent volontairement sous l'obéissance des ducs.

Deux jours après le traité signé avec Adolphe, la paix fut également conclue avec Hambourg, Lubeck, Wismar et Lunebourg; toutes leurs anciennes franchises furent confirmées. Ces villes priaient le roi d'oublier la faute qu'elles avaient commise en violant leur premier traité, et promettaient de cultiver à l'avenir sa bienveillance par toute sorte de bons offices. Mallet, a qui l'on doit une bonne histoire de Danemark, dit ù ce sujet : « Ce fut donc là tout le « fruit de vingt-six ans de cuerre, pen- « dant lesquels le Danemark avait souf- • fert tous les malheurs, toutes les « humiliations possibles. Ses cotes et «ses frontières avaient été ravagées, « la meilleure partie d'une «le ses" plus « importantes provinces envahie, son « commerce anéanti , ses finances « épuisées, et, pour comble de maux, « celle des trois nations nu'il importait « le plu* de ménager, indignée de voir «ses droits trop peu respectés, avait « commencé à prendre sur l'Union des « préventions dont il était facile de « prévoir les suites funestes. >»

Mais ce n'était pas seulement en Suède qu'Éric s'était fait détester. On disait hautement, en Danemark, que son incapacité lui avait fait accumuler, dans la guerre du Holsiein, fautes sur fautes, et on attribuait à celles ci les pertes qu'elle avait occasionnées, et

3ui étaient immenses en comparaison es avantages insignifiants qu'elle avait procurés au royaume. On se plaignait des vexations que la noblesse se permettait impunément dans le Jutland.

On reprochait au roi sa conduite envers son épouse, et on blâmait encore plus le scandale de sa liaison avec Cécile, femme de chambre de Cette princesse infortunée.

Les Suédois ajoutaient à ces griefs celui d'être maltraités par les gouverneurs danois ou allemands qu'Éric leur donnait. Le Danois Jô<se Éricson commettait en Vest manie «les actes de cruauté, dont le récit fait frémir. Le roi ne prêtait nulle attention aux plaintes qui lui parvenaient de toutes parts. Enfin le mécontentement éciata en 1433, par une révolte en Da-

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lécnrlie. Les événements fie eette insurrection et leurs suites ont été racontés dans le volume qui traite de la Suède. Nous devons donc nous borner à donner quelques détails qui peuvent inlcresser. Engelbrecht, chef des Dalécarliens, était inspecteur des mines et demeurait à l'alun : des historiens ont dit qu'il était de famille noble; il paraît plus certain qu'il avait passé sa jeunesse dans le grand inonde, ce qui lui avait fourni l'occasion de cultiver les talents dont la nature l'avait richement doué : non à l'extérieur, car sa petite taille et sa ligure assez commune ne prévenaient pas en sa faveur; mais il avait de la capacité, de rénergie, de la bravoure; son affabilité le faisait chérir de la multitude, comme son éloquence lui donnait les moyens de la conduire à son gré; ses entreprises montrent chez lui une hardiesse extraordinaire, et ses succès prouvent qu'il y joignait l'habileté, le courage et la persévérance. Il sut maintenir la plus exacte discipline dans son armée; il ne commit aucun acte de violence ni de témérité, se contentant de prendre une place après l'autre, de destituer les commandants étrangers et de les reinplàcer par des indigènes. C'était un patriote de bonne foi, et sans égoïsnv, comme on en voit rarement à la tête d'un peuple insurge. Par son activité, puisqu'il ne s'arrêta dans sa marche victorieuse qu'à Laholm en llalland, où les Scaniens l'obligèrent par leur résistance à signer un accord portant u'il ne dépasserait pas les frontières e la Suède, ce royaume était déjà perdu pour Éric avant que ce prince eût pris la moindre mesure pour prévenir l'insurrection , ou pour y remédier.

Lorsqu'il apprit que le sénat de Suède l'avait déclaré, en 1434, déchu de la couronne, il leva des troupes danoises et allemandes, les embarqua et les conduisit à Stockholm qui tenait encore pour lui. Engelbrecht accourut aussitôt et l'y bloqua. Éric, >erré de près et pressé par la disette, conclut avec Engelbrecht une trêve par la médiation des évêques; elle de\a t durer depuis le 11 novembre 1434 jusqu'au

8 septembre 1435. Douze arbitres, quatre de chaque royaume, devaient consacrer ce temps a examiner les griefs de la nation. Éric partit tout de suite pour le Danemark, aûn de traiter de la paix avec la maison de HoJstein et les villes hanséaiiques.

Le 3 mai 1435, les députés d'Éric et ceux des états de Suède tinrent une conférence à Halmstad en Halland.

L'archevêque d*Ups.d réussit à faiie adopter un projet qui rétablissait à peu près l'union de Calmar. Les plénipotentiaires du roi avaient promis qu'il serait à Stockholm le 16 juillet pour donner satisfaction aux Suédois; mais la négociation du traité de Vordingborg ne lui permit pas d'arriver avant le r r octobre. Le 18 du même mois, il accepta I s condifons de la convention de Halmstad. Il accorda une amnistie générale, promit de diminuer les impôts d'après l'avis du sénat, de nommer aux dignités de drots et de maréchal du royaume, restées vacantes depuis longtemps; de ne confier qu'à des nationaux le commandement des places fortes, excepté Stockholm, Calmar et Nykôp ng. Il donna, comme fief a vie, à Engelbrecht, Orebro et son territoire; à Éric Puk, second chef des insurgés, un autre domaine.

Ce prince inconsidéré n'eut pas plutôt ressaisi le pouvoir, qu'il donna des preuves de son antipathie pour la nation suédoise, et viola ses engagements : il rendit le commandement des forteresses a des étrangers avides et odieux, et ôta celui de Stockholm à Jean Kropelin, Prussien de naissance!

homme loyal, modéré et chéri des Suédois. En retournant par mer en Danemark, Éric s'arrêlait pour ravager les campagnes et piller les villages situés le long de la côte; une tempête détruisit une partie de sa flotte.

Les états de Suède, convoqués à Arboga, invirèrent Éric à venir le I er mai 1430 à Stockholm, afin d'achever les négociations commencées; alors les b turgeois, cr.iignant que le> désastres

3 ni les av ient accablés sous le rèime 'A lue 1, ne se renouvelassent, sollicitèrent Engelbrecht de se rendre mat-

tre de leur ville; In garnison danoise se retira dans le château.

Des messagers d'Éric, arrivés le I** mars à Vadsténa, apportèrent ses excuses; ils dirent que <!es alfaires pressantes Pavaient empêché de quitter le Danemark dans ee moment; des députés de Hambourg, de Lubcck, de Wismar et de Lunebourg, qui parurent à l'assemblée, interposèrent leur médiation. Kropelin, qui, maigre l'ingratitude d'Éric, lui restait fidèle , n'invoqua pas sans succès la générosité des Suédois. Il fut convenu que le terme fixé au roi serait prolongé jusqu'au 29 juillet, et qu'a cette époque une diète se réunirait à Calmar.

Le motif qui retenait Éric en Danemark, était l'exécution d'un dessein qu'il avait formé depuis longtemps, de maintenir dans la maison de Poméranie la couronne des trois royaumes du ftord. N'ayant pas de postérité, il avait parlé de Bogislas, son cousin germain, comme de son successeur. EnOn il convoqua, le 8 avril 1436, les états de Danemark à Vordingborg, et leur proposa de lui adjoindre ce prince, afin qu'il l'aidât à supporter le fardeau du gouvernement, et de le choisir pour son successeur; il finit son discours en disant que , sans doute, ils ne lui refuseraient pas ce qu'ils avaient accordé à Marguerite, lorsque, à la demande de cette princesse, ils l'avaient désigné lui-même pour lui succéder.

L'insensé, oser dans une telle occasion leur rappeler ce qu'ils avaient fait par considération pour Marguerite!

Leur réponse lui prouva très durement quelle différence ils mettaient entre lui et cette grande reine. Ils lui souhaitèrent une longue vie, ajoutant que, tantqu'elledurerait, ils ne voulaient pas d'autre souverain que lui. Sa proposition était d'autant plus maladroite que Bogislas n'appartenait à la maison Toyalequ'à un degré très-eloigné, que Christophe de Bavière en était bien Plus rapproché, et que de plus Bogislas, excommunié depuis seize ans, avait manifesté son mépris pour la puissance ecclésiastique, en négligeant «e se taire relever des censures de l'É-

glise. Les états se bornèrent à accorder à Éric la faculté de se donner son cousin pour aide, à condition qu'il ne s'arrogerait aucune branche de l'autorité royale, et n'agirait que comme conseil du roi.

Irrité de cette résolution des états , Éric, après avoir confié à Bogislas le gouvernement de Seeland, s'embarqua pour la Poméranie où il leva des soldats, puis pour Dantzig où il comptait en enrôler un plus grand nombre.

Les états, craignant que son absence n'occasionnât une guerre civile, lui envoyèrent une députation qui eut beaucoup de peine à l'apaiser et à le ramener en Danemark.

Conformément «i la convention conclue à Vadsténa, Éric, accompagné de trois princes de Poméranie et d'un nombreux cortège de seigneurs allemands et danois, parut à la diète de Calmar, composée de députés des trois royaumes. Il fut encore prodigue de promesses; une nouvelle pacification s'ensuivit; on renouvela l'acte d'union de 1397, avec quelques changements.

Éric fut reconnu roi des trois royaumes unis; chacun de ceux-ci devait être gouverné d'après ses lois particulières, avoir son drots et son maréchal; le roi devait résider quatre mois par an dans chacun de ses royaumes, sauf les absences exigées par les circonstances ; les trois royaumes devaient s'assister mutuellement dans leurs guerres, mais aucune ne pouvait être entreprise sans le consentement de tous les trois. Après la mort du roi, son successeur devait être nommé par cent vingt électeurs, moitié ecclésiastiques, moitié laïques, quarante de chaque royaume, qui s'assembleraient à Halmstad. Si le roi ne laissait pas de fils légitime, le sort déciderait dans quel royaume son successeur serait pris. Si les électeurs ne pouvaient s'entendre , le choix serait déféré à un comité de douze personnes.

Cette importante transaction signée le V septembre, Éric retourna en Danemark, promettantde revenir le 29 septembre a Sôderkôping, en Suéde, pour y tenir une diète, il s'embarqua

effectivement, mais longtemps après !e terme convenu -, un coup de vent le jeta dans le port de Wigitiàr où les glaces le retinrent lout l'hiver. Profitant de sa longue absence , et du bruit de sa mort qui s'était répandu, Charles Knutson, nommé administrateur du royaume de. Suéde , affermit de plus en plus sa propre autor té.

Lorsque l'on sut en Suède qu'Éric vivait encore, et qu'il était passé en Prusse, les états lui écrivirent pour le prier de venir, e 24 juin 1437. à Calmar, afin d'y confirmer dans une nouvelle diète tout ce qui avait été fait pendant qu'il était hois du royaume.

Éric promît d'y aller au mois de septembre; mais ce terme arrivé, comme il n'osait pas se livrer entre, les mains de Charles Knutson , qui , par ses Créatures, tenait toutes les places fortes, il fit savoir à l'assemblée qui l'attendait, qu'il partait pour le Danemark où sa présence était nécessaire. Ces tergiversations eussent du" dessiller les yeux des Suédois ; leur haine pour Charles Knutson , le zèle du clergé pour le maiutii n de l'Union, et les efforts de Kropelin , déterminèrent tes états à envoyer à Éric des députés pour lui rappeler que son intérêt « t ses devoirs exigeaient qu'il revint dans le royaume. Éric n'était plus à Lund quand ils y arrivèrent; lorsqu'ils l'eurent rejoint, ils le trouvèrent inflexible : néanmoins, il leur promit d'aller tenir les états à Calmar, au mois d'aodt de l'année suivante. Pendant leur séjour en Danemark, c s députés s'aperçurent que son autorite n'y était pas plus affermie ni plus respectée qu'en Suède. Les Danois s'ouvrirent même à eux sur les mesures à prendre pour le déposer et appeler à sa place, si les Suédois le trouvaient bon , Christophe, duc de Bavière, 01s de sa sœur. Les députés, craignant qu'il n'en résultât la rupture de l'Union, qui laisserait le champ libre à l'ambition de Charles Knutson, disposèrent le sénat de Suéde à se contenter de la promesse d'Éric.

En 1437, il convoqua les états à Vordingborg et renouvela inutilement ses in>tauces en faveur de Bogislas;

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