‹ DanemarkChapitre 18 sur 32 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

Les évêques étaient loin de s'attendre au coup qui les menaçait; les ennemis déclarés de Christian et les villes rebelles avaient éprouvé sa clémence; le crédit et les richesses de ces prélats ne pouvaient leur paraître un motif suffisant pour les exclure d'une amnistie générale. Telle était leur sécurité, que l'archevêque deLtinden , primat du royaume , et l'évêque de Roschild, venaient de se rendre à Copenhague pour offrir leurs hommages au roi : le premier fut arrêté immédiatement; le second, qui était parvenu à s'échapper , fut découvert et saisi quelque temps après; tous les autres évêques subirent le même traitement. On les enferma dans divers châteaux, et les paysans de l'île d'Ama k, faisant allusion au délassement favori du duc de Mecklenboure, disaient qu'après la chasse aux lièvres était venue la chasse aux évêques.

Une détermination aussi hardie ne pouvait qu'avoir un grand retentissement; en Danemark, elle fut généralement approuvée ; dans le restant de l'Europe, elle fut jugée diversement selon la divergence des principes religieux et des intérêts. Toute la question se réduisait à savoir jusqu'à quel point la raison d'État pouvait justifier une mesure injuste en elle-même, et si la surprise dont le roi avait cru devoir user n'excluait pas l'idée du droit.

Christian jugea lui-même qu'il était temps de sanctionner cette sorte d'usurpation sur les privilèges de la constitution du royaume , par le consentement des états ; mais dans l'assemblée qui tut convoquée à Copenhague, l'ordre du clergé, c'est-à-dire le plus intéressé aux débats , loin d'être appelé à délibérer, n'eut pas même la faculté de se défendre.

Les états assemblés, Christian, entouré des sénateurs laïques, représenta que dans les troubles auxquels avait mis fin la capitulation de Copenhague, le nombre des coupables était si grand , qu'il aimait mieux oublier

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