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dois émirent des prétentions que les médiateurs ne parvinrent à accorder qu'en déclarant que celle des deux parties qui déclinerait les clauses consenties , se mettrait , par ce fait seul, en état d'hostilité avec les puissances médiatrices. Les Danois voulaient que le traité de Roschild servît de base à celui de Stettin ; les Suédois demandaient qu'on traitât sur des bases nouvelles, et se refusaient à payer aucune espèce de dédommagement pour les frais de la guerre. Après de longs débats, on arrêta enfin les conditions suivantes :
Les deux rois et les deux peuples (de Danemark et de Suède) contractent une paix perpétuelle , et se protégeront mutuellement contre toute sorte de violences.
La contestation au sujet des armoiries , qui a été le principal motif de la guerre, sera vidée , de telle sorte que chaque roi pourra porter les trois couronnes dans ses armes , mais sans
3ue cette faculté implique aucun droit 'empiétement sur le territoire de l'autre. Si quelque difficulté s'élevait encore à ce sujet, on en remettrait la décision à des arbitres.
Le roi de Danemark renonce à toutes ses prétentions sur la Suède, et le roi de Suède à celles qu'il aurait pu conserver sur la Scanie, le Halland, le Blekingen et l'Ile de Gotland.
Les limites des deux États resteront les mêmes que sous les rois Christian III et Gustave Vasa.
Les sujets du roi de Danemark oui se seront établis en Suède, comme les Suédois fixés en Danemark, pourront rentrer dans leur patrie , sans y être inquiétés ni dans leurs personnes ni dans la jouissance de leurs biens.
Le roi de Suède rendra au Danemark les districts norvégiens de Jemtland et Heriédal , ainsi que les vaisseaux et les canons qu'il aurait pris pendant la guerre.
La place et le district d'Elfsborg, que le roi de Danemark restituera à la Suède, représentant une valeur plus considérable que tout ce que le Danemark aura recouvré , le roi de Suède
VERS. 1
sera tenu de payer une somme de cent cinquante mille' thalers , tant pour le rachat de cette place qu'à titre d'indemnité pour la trêve que lui a accordée , a son grand préjudice , le rot de Danemark.
Les prisonniers de guerre seront rendus sans rançon. Quant aux différends auxquels â donné lieu l'établissement du prince Magnus dans la Courlande et la Livonie, l'Empereur et l'Empire en décideront comme arbitres.
La Suède payera à la régence de Lubeck une somme de 775,000 thalers pour la désintéresser de toutes ses réclamations.
[Nous renvoyons le lecteur pour ce qui concerne les affaires de Livonie et 1 étrange destinée de Magnus, au règne de Jean le Terrible (Histoire de Russie , par Chopin ; Univers)].
La mort de la reine douairière, Dorothée de Saxe , mère du roi , dont les domajnes situés dans les duchés devaient retournera ses fils,et notamment au duc Jean , fut l'occasion de quelques difficultés touchant la transmission et le mode d'investiture. Ces différends ne furent levés qu'en 1580.
L'année qui suivit la paix de Stettin (1571), Frédéric épousa la princesse Sophie de Mecklenbourg, qui lui donna d'abord deux filles, Elisabeth et Anne, et trois ans après la naissance de cette dernière , le prince Christian , qui régna sous le nom de Christian IV. Les sénateurs le désignèrent pour successeur au trône en 1580 , et la noblesse confirma cette élection ; toutefois le sénat se prononça sous la réserve que cet acte spontané ne porterait aucun préjudice a ses droits. La cérémonie de l'élection n'eut lieu que quelques années plus tard. Le jeune prince alla recevoir l'hommage de ses futurs sujets dans les villes de Lunden , Ringstedt, Odensée et Viborg. Cette coutume subsistait au milieu des ruines des institutions ; mais ce n'était plus qu'une vaine formalité depuis que le sénat avait usurpé tous les privilèges des autres ordres. L'église de Suède se trouvait dans un état de confusion
déplorable; l'ignorance des prêtres, le déndment où l'avidité de la noblesse les avait réduits, tout semblait favoriser les projets catholiques du roi Jean.
Les vues conciliatrices de Maximilien et les efforts de quelques protestants éclairés préparaient depuis longtemps les esprits au rapprochement des deux religions. On savait à quoi s'en tenir sur les abus fiscaux du clergé romain, et l'on venait de faire l'expérience de ceux de la nouvelle religion. Le peuple n'aurait peut-être pas été éloigné de revenir à ses croyances , sauf quelques modifications; mais les nobles qui percevaient une partie de la dîme, et qui s'enrichissaient du produit des amendes , se tenaient en garde contre les empiétements des jésuites. Ils craignaient que, de concession en confession, on n'en revînt au papisme, ou que le protestantisme, encore mal affermi , ne résistât qu'avec peine à l'influence d'une cour catholique.
Plus tard, et depuis la mort de Catherine (1583), Jean renonça au catholicisme.
Le roi de Danemark résolut de se tenir éloigné de toute innovation ; il resta dans les meilleurs termes avec l'électeur de Saxe et les autres princes luthériens de l'Allemagne ; nonseulement il ferma l'oreille à toutes les insinuations des agents de Maximilien en ce qui concernait les affaires de religion , mais il repoussa, comme contraires à la pureté du dogme, plusieurs points adoptés par les calvinistes, et qui avaient trouvé faveur à l'Université de Copenhague. Il rejeta même le Formulaire de concorde qui avait été adopté par tous les luthériens d'Allemagne ; mais , après son règne , ce livre fut généralement reconnu en Danemark et en Norvège comme le symbole des luthériens.
La mort de Magnus appela l'attention du roi sur la Livonie. En effet, les possessions de ce malheureux prince étaient un fief du Danemark. 11 était plus facile de revendiquer des droits sur ces provinces que d'y faire acte de souveraineté. La position de nie d'Oesel l'avait soustraite aux ha-
sards de la guerre ; mais les districts de Wick et de Pilten , en Courlande, devinrent le théâtre d'une lutte opiniâtre entre les Danois et les Polonais.
Enfin , les deux rois soumirent leurs différends à l'arbitrée du duc de Prusse. 11 fut convenu que le Danemark ne se réserverait que l'île d'Oesel, et céderait ses possessions de Courlande au roi de Pologne , qui donnerait en retour une somme de 30,000 thalers.
La paix dont jouit Frédéric II pendant les dernières années de son règne ne fut point seulement l'œuvre de sa
1)rudence. L'empereur était occupé de a guerre avec les Turcs, et ses discussions avec le corps évangélique menaçaient de mettre l'Europe en feu. Quant à la Suède, le roi Jean , mal avec la noblesse, et toujours à la veille de rompre avec le prince Charles, n'aurait pu, au milieu de tant d'embarras, soutenir le poids d'une guerre avec le Danemark. Nous avons vu , en outre , qu'en abandonnant les provinces de Wick et de Pilten, le roi de Danemark évitait tout sujet de rupture avec la Pologne, la Russie, la Suède et le duché de Prusse. Ce prince fut enlevé après une courte maladie dans la cinquante-quatrième année de son âge et la trentième de son règne.
Il encouragea les sciences, non-seulement dans ses États, mais même en Allemagne. Tycho-Brahé reçut de lui l'île de Hveen , dans le Sund , où cet astronome établit l'observatoire d'Uraniborg. Parmi les écrivains qui fleurirent sous ce règne , il est juste de distinguer Henri Rantzow, qui nous a transmis des ouvrages remarquables pour l'époque sur l'astrologie, la médecine et l'histoire. •
La plupart des historiens ont fait l'éloge de Frédéric II; de ïhou l'appelle un prince magnanime et d?un esprit judicieux. Quelques fondations utiles , l'érection de palais somptueux ne nous paraissent point motiver un éloge si formel; c'est surtout sur le trône que la magnanimité doit se prouver par des actes inséparables de la grandeur etde la prospérité des peuples
Ne pourrait-on pas , sans être taxé de sévérité, trouver au moins bizarre la devise de ce prince : Dieu seul est mon espoir et f 'Udbrat est fidèle , quand on sait que ce Vildbrat était le chien favori du monarque?
Frédéric eut de Sophie de Mccklenbourg trois fils : Christian, qui lui succéda; Ulrich, qui devint évêquc de Schwérin en 1590, et de Sleswig en 1602 ; Jean, qui mourut à Moscou, où il devait épouser Xénie, fille da tsar Boris Godounof ; et quatre filles :
Élisabeth, mariée, en 1590, au duc de Brunswick Lunébourg; Anne, qui épousa, en 1589, Jacques VI d'Écosse, plus tard roi d'Angleterre sous le nom de Jacques I er ; Augusta , mariée, en 1596, au duc de Holstein Gottorp , et Hedwige, qui épousa , en 1602, Christian, électeur de Saxe.