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Sund sur le même pied que les Anglais, les Hollandais, ou la nation actuellement ou postérieurement la plus favorisée.
« Dans le cas où le duc de Holstein protesterait, en ce qui regarde le Sleswig , contre la teneur du traité , la Suéde s'engage à ne point favoriser ses prétentions et à lui refuser toute espèce de secours. »
Comme il ne s'agissait entre la Pologne et la Suède d aucune cession de territoire, le roi de Pologne, électeur de Saxe , acquiesçait simplement à la paix du Nord : quant à la Russie, elle s'engageait à ne contracter aucune alliance contraire aux intérêts de la Suède, qui lui cédait la Livonie, l'Estjionie, l'Ingermanie, une partie de l'Ingrie, le aistrictde Viborg, les îles d'Osel, Dagô et Mon , et toutes celles qui se trouvent sur les côtes de la Baltique et du golfe de Finlande, lesquelles font désormais partie iutégrante du territoire russe. Les limites entre la Suède et la Russie étaient vaguement tracées du côté de la Laponie et de la Finlande : l'ambition des tsars devait se charger plus tard de la rectiûcation.
I^es intérêts de la maison de II J stein-Gottorp se trouvaient sacriliés dans toutes ces combinaisons; le duc Charles-Frédéric représentait le parti de la guerre ; il comprit que ses intérêts s effaçaient devant le parti de la paix, et, sâns essayer de lutter contre la nécessité, il se contenta de protester contre la disposition qui le dépouillait du Sleswig. Le mariage de ce prince avec Anna Petrovna (1725) mit sa postérité sur le trône du plus vaste empire du monde; et, par une coïncidence remarquable, toutes ks couronnes do Nord, vers la même époque, se trouvèrent appartenir aux descendants du roi de Danemark Christian I er d'Oldenbourg.
Le duc de Holstein rentra la même année dans la portion de ses États que le traité de Fredensborg lui conservait y obligé d'abandonner son ancienne capitale et le château de Gottorp , il fixa sa résidence à &iel. La
Suède, la Prusse et l'électeur dé Hanovre, également intéressés à maintenir le nouvel état de choses , ne laissaient au duc que l'espoir de trouver de l'appui dans la politique ni se.
Ainsi tous les anciens rapports du Danemark et de la Suède étaient changés; les grandes influences territoriales entraînaient dans leur sphère d'action les puissances secondaires, et semblaient occupées d'établir nettement leurs limites avant de se heurter entre elles.
Frédéric venait d'assurer à ses su- , ets le bienfait de la paix , lorsqu'il jerdit Louise de Mecklenbourg qui ui laissa deux enfants : Charlotte- Amélie, et un prince qui lui succéda en 1730 sous le nom de Christian VI.
La douleur du roi ne parut pas avoir été bien vive, puisqd il épousa peu de semaines après Anne -Sophie de Reventlow. La même année, le prince héréditaire prit pour épouse Sophie -Madeleine de Brandebourg- Culmbach. Cette époque n'offre rien de remarquable sous le point de Vue historique, si ce n'est les établissements que l'on essaya de fonder dans le Grônland , et qui , s'ils n'apportèrent point aux Danois de grands avantages commerciaux , eurent du moins >our résultat de porter l'Évangile jarmi ces peuplades sauvages, et de eur donner une idée de la civilisation européenne.
L'attitude de la Russie, sans être précisément hostile, était toujours menaçante. L'envoyé Bestoujef se rendit à Copenhague avec la mission de faire reconnaître par cette cour lé titre d'empereur que le tsar venait de prendre, et de demander l'exemption des droits du Sund en faveur des provinces récemment démembrées' de la Suède. La restitution au duc de Holstein de son ancienne part du Sleswig ne pouvait manquer de figurer parmi ces prétentions , et ce point suffisait pour les rendre inacceptables. En effet, la mort de l'infortuné Alexis et la protection toute spéciale que Pierre accordait au duc, auquel il destinait la grande-duchesse Anne, annonçaient
L'UNIVERS
assez clairement que le nouvel empereur aspirait à la domination de la Baltique, i en même temps que son
Sendre l'introduirait dans le conseil es électeurs. Pierre assembla une armée en Courlande, et mit en mer une escadre considérable. Frédéric obtint de l'Angleterre l'envoi d'une flotte qui, réunie aux forces navales du Danemark, imposa au tsar, qui craignait de compromettre dans une lutte inégale le sort de sa marine naissante.
Les agents russes essayèrent alors de nouer une autre intrigue en Norvège. Le gouvernement danois, dans le but d'augmenter l'impôt foncier , avait ordonné de faire des recherches sur l'étendue des domaines norvégiens; les propriétaires prirent l'alarme; il v eut des soulèvements partiels excités par un aventurier nommé Paul Juel. 11 était question de mettre les provinces soulevées sous la protection d'une flotte russe ; de leur donner pour chef le duc de Holstein qui avait conservé le titre d'héritier de Norvège; et de céder à la Russie le Grônland , l'Islande et les îles de Ferô. Le général suédois Coiet devait prêter la main à cette révolution, qui avorta par le supplice de Juel. Enfin le tsar tourna ses vues du côté de la Suède, où ses libéralités ne tardèrent pas à lui former un parti puissant. Ce parti, composé des anciens amis de Gôrtz , fut le noyau de ce qu'on appela plus tard les bonnets , par opposition aux chapeaux, qui représentaient le parti français.
Ce rapprochement amena le traité de Stockholm (1724), dont une clause portait que si les voies pacifiques des deux cours ne suffisaient pas pour faire restituer le Sleswig au duc de Holstein, elles recourraient à d'autres mesures.
Heureusement pour le Danemark, Pierre le Grand mourut sur ces entrefaites (janvier 1725); Mentchikof, qui gouvernait l'empire sous Catherine I r ', ne put donner à ce projet la suite et les soins que réclamait son exécution. Cependant tout le crédit de Mentchikof ne put empêcher le ma-
riage du duc avec Anna Petrovna.
Catherine, en accomplissant le vœu de Pierre, croyait se concilier l'affection des Russes, en même temps qu'elle contenait l'ambition du prince qu'elle n'osait heurter ouvertement. Les armements de la Russie, alliée de la Suède, jetèrent le roi Frédéric dans une grande perplexité. Il lit eu toute hâte des préparatifs de défense ; mais en même temps il donna la mesure de ses craintes , en faisant promettre au duc d'appuyer ses prétentions au trône de Suède. Le cabinet russe ébruita à dessein cette offre; et il ne resta plus au roi d'autre parti à prendre , pour ne pas rester isolé dans le conflit , que d'accéder à l'alliance que George I er venait de conclure avec la France et la Prusse. Cette alliance , comme le fait observer Mallet, devait contre-ba lancer celle qui venait d'être faite entre la Russie , la Suède, l'Espagne et l'empereur.
Tout dans ces traités semblait opposé aux principes de politique admis jusqu'alors en Europe. Ils "rapprochaient les cours de Madrid et de Vienne, dont les intérêts étaient divergents depuis la paix d'Utrecht. La France et l'Angleterre se liguaient contre l'Espagne. Enfin la Prusse et la Suède, après une lutte où tout l'avantage était resté à la première, semblaient confirmer par une alliance une situation qui ne pouvait être considérée que comme provisoire.
Des perturbations de cette nature dans la politique générale mettent ordinairement en question l'existence des États de second ordre, qui, n'ayant plus les mêmes points d'appui , sont appelés à défrayer la réconciliation des grandes puissances. En moins d'un siècle, le Danemark, la Suède et surtout la Pologne en ont fait la dure expérience.
La cession de sa part du Sleswig , imposée au duc de Holstein, était une spoliation flagrante ; l'Angleterre et la France , garantes de cette clause , le sentaient si bien, que dans le cas où ce prince eût accepté un dédommagement pécuniaire, elles offraient d en
payer les deux tiers. L'offre monta jusqu'à un million de thalers; mais elle fut constamment repoussée. Catherine, tout en se livrant à sa prédilection pour Anna Petrovna, contenait à la fois, par les plans qu'elle formait tour à tour en faveur de son gendre, la Suède, le Danemark et le parti de Mentchikof. L'Autriche et la Prusse comprenaient qu'elles n'auraient qu'à gagner en s' associant à la politique envahissante de la Russie ; mais la mort de Catherine écarta momentanément le danger (1727). Pierre II monta sur le trône , et les vues de Dolgorouki , bien différentes de celles du cabinet précédent , se bornèrent a des questions d'influence intérieure, auxquelles les intérêts du duc ne pouvaient que rester étrangers. Tout le prestige de cette cause qui avait agité l'Europe, parut s'évanouir avec l'appui de la Russie. Le prince, dont la fortune semblait se complaire à déjouer les espérances, se retira à Hambourg ; l'année suivante il perdit Anna Petrovna ; et comme si le malheur qui le poursuivait devait s'attacher à sa race, son /ils, q ii fut l'infortuné Pierre III, périt assassiné par les ordres de Catherine 1 1 . et leurhéritier, Paul I er , tomba du trône par une catastrophe non moins tragique.
Le Danemark vit avec satisfaction la couronne de Russie passer sur la tète d'Anna Ivanovna, duchesse de Courlande et nièce de Pierre le Grand.
Biren, qui gouverna sous le nom de sa voluptueuse maîtresse , était trop occupé de briser les résistances des boïars, pour songer aux affaires du Danemark. Ce royaume n'échappa aux désastres d'une lutte inégale que pour gémir sous des fléaux qui paraissent plus terribles encore, parce que la Providence semble les envoyer. La peste exerça de grands ravages, et des inondations dévastèrent les côtes. En 1728, Ufl incendie réduisit en cendres les deux tiers de Copenhague. « Six églises, tous les bâtiments et la bibliothèque de l'université, l'hôtel de ville, un grand nombre d'édifices publics et deux mille cinq cents maisons furent la proie
des flammes. La flotte et le palais furent sauvés. La ville sortit bientôt de ses cendres , plus régulière et mieux bâtie. »
Les dernières années de Frédéric IV n'offrent rien qui mérite d'être recueilli dans une histoire sommaire; cependant il réussit à mettre l'ordre dans les finances , et réunit à la couronne le comté de Rantzau, par confiscation, et le duché deTïorbourg, qui faisait partie de la succession du duc de Holstein-Piôn. Il mourut à 59 ans (1730), d'une attaque d'hydropisie. On a remarqué que le jour de sa mort répondait au jour anniversaire de sa naissance. Cette coïncidence inspira sans doute au monarque expirant de graves et tardives réflexions : il ordonna au prédicateur de prendre pour texte cette sentence : Le jour de la mort est préférable à celui de la naissauce.
Frédéric IV aimait le faste et les plaisirs; son mariage avec Anne-Sophie de Reventlow agita la cour par de sourdes intrigues : le parti de cette princesse se trouva sans point d'appui a la mort du roi, qui, heureusement pour le Danemark , ne laissait point ^'enfants de son second mariage.
Anne, isolée àja cour, et ayant tout à craindre des favoris du nouveau roi, Christian VI , se retira en Jutland :
elle ne put oublier, dit-on , la perte d'une position équivoque, où elle n'avait connu que les soucis et les périls du rang suprême.