‹ DanemarkChapitre 7 sur 32 · ABEL · texte numérisé non relu

ABEL

Aussitôt que la mort d'Éric fut connue, la guerre contre les comtes de Holstein prit fin; ceux-ci abandonnèrent le siège de Rendsbourg.

AbH adressa aux grands du royaume une lettre dans laquelle il "imputait à son frère défunt de nombreux méfaits, et prétendait que sa mort, à laquelle il se déclarait complètement étranger, était une vengeance du ciel. Peu de jours après, il fut élu et proclamé roi. Une diète fut convoquée à RÔskild; les mandataires des villes y furent invités pour la première fois. Abel, avant d'être couronné , jura qu'il n'avait pas ordonné le meurtre de son frère; vingt-quatre chevaliers firent le même serinent av ec lui. ■

S'il n'eût pas acquis le pouvoir suprême par un forfait, il mériterait des éloges, car il montra de l'énergie et de l'habileté durant son règne. Il se garda bien de distraire, du domaine royal, le Slesvig ou Jutland méridional*; il confirma" volontairement ses frères dans la possession de leurs fiefs; il gagna par ce moyen le consentement des autres personnages de l'Etat pour assurer à son fils aîné la succession au trône.

Ne se laissant pas éblouir par le souvenir dangereux d'une grandeur passée, il satisfit l'évéque d'OEsel en renonçant à ses prétentions sur cette île, et céda au grand maître de Tordre Teutonique quelques cantons de l'Esthonie qui étaient encore en litige, afin que les autres lui fussent d'autant mieux garantis.

Lorsque Valdemar II s'était réconcilié avec Adolphe IV, comte de Holstein, on n'avait pas décidé si Rendsbourg appartiendrait au roi ou au comte. Abel confia la solution de cette question à douze notables, pris moitié dans le Slesvig , moitié dans le Holstein. Ils prononcèrent en faveur de ce dernier pays.

Il renonça en faveur des villes de Wismar et de Rostock à l'inique et cruel droit de warech. Les besoins pressants de l'État l'engagèrent à demander aux états assemblés à Nyborg l'établissement d'un impôt sur lès terres; il lui fut accordé sans la moindre opposition. Toutefois les Frisons du Nord refusèrent d'y consentir. Dans le temps d'Éric VI ils avaient acheté, avec une somme d'argent, l'exemption du droit sur les charrues; dans l'occurrence présente ils représentèrent qu'il leur était impossible de payer la contribution, à cause des grosses dépenses que leur occasionnait l'entretien des digues.

Abel entra dans leur pays pendant l'hiver ; tout à coup le dégel ayant succédé à une forte gelée, et des pluies abondantes ayant inondé la terre, il fut obligé de faire retraite, constamment poursuivi par les Frisons jusqu'au delà de l'Eider. Irrité de cette défaite , il jura de se venger par l'anéantissement de ces obstinés, et de livrer tout ce qu'ils possédaient à ses guerriers. 11 revint donc, l'été suivant, avec une grosse armée, et, traversant promptement l'Eider , pénétra fort avant dans la contrée marécageuse.

Pendant six jours des détachements, partis de son camp, dévastèrent et rançonnèrent tous les environs. De leur côté, les Frisons rassemblèrent toutes les hordes de leurs combattants ; une partie alla prendre position pour couper la retraite à l'ennemi ; le roi, apercevant ce mouvement, se hAta de regagner la frontière , manœuvre qui ne s'effectua pas sans désordre ; les Frisons le serrèrent de près et lui tuèrent beaucoup de monde. Il avait à peine passé la Trenne, qu'il fut mis à mort, le 29 juin 1252, par'un coup de hache d'arme sur la tête. Son corps resta longtemps sans sépulture; enfin il fut enterré dans la cathédrale de Slesvig.

Peu de temps après, les chanoines s'étant imaginé que son esprit revenait toutes Tes nuits et troublait leur sommeil, il fut retiré de sa tombe et enfoncé dans un marais, près de Gottorp ; comme il s'en élève des gaz qui

L' UNIVERS

t'enflamment par leur contact avec l'air, la croyance populaire y voit les feux de l'enfer auxquels Abel est livre.

Ce prince avait épousé Mathilde, (Hle d'Adolphe, coin te de Holstein; elle lui donna deux fils dout il sera question plus tard.

Page 1