V. Heimann
OBSERVATION III —. (Malade suivi dans Île service du Docteur Pasreur Vazzery-R4Dpor).
Gail.., 42 ans, coiffeur, entré le 28 mars 1931 à Bicêtre, salle Crozatier n° 10, pour rhumatisme chronique et albuminurie.
Nous résumons rapidement l’histoire du rhumatisme : début en 1917 par douleurs et épanchement dans le genou gauche, puis le genou droit, sans fièvre. Cet épisode dure plusieurs mois, puis tout s'arrange partiellement et le inalade peut reprendre son métier, conservant pourtant quelques douleurs.
Æn avril 1918, notvélle poussée ; il est traité à Saint- Louis et immobilisé dans le-plâtre. Ankylose progressive des deux genoux.
En 1919 et 1920, généralisation des manifestations articulaires ; ankylose avec déformation. C’est à cette période que, pour la première fois, on note des traces. d’albunine, qui n’ont d’ailleurs pas préoccupé ses médecins.
En 1921, il existe une ankylose généralisée ; 1l entre alors à Tenon où on lui trouve un Bordet-Wasserman positif. Il reçoit un traitement mixte cyanure et novarsénobenzol : il le supporte d’ailleurs assez mal, car chaque injection de novarsénobenzol donne lieu à une réaction très vive, frissons, fièvre à 40 environ une heure après la piqûre. Aucune amélioration de son rhumatisme ; on le passe alors dans une salle de chroniques ; à partir de ce moment, il présente assez fréquemment des ædèmes
Un Bordet-Wasse
tue
Passagers des tanément.
En 1926, un épisode aigu, fébrile (grippe ?) à la fin duquel apparaissent de gros œdèmes. Tout rentre dans l’ordre mais le malade reste fatigué, conserve de la céphalée, des ‘vomissements, des maux d'estomac.
Trois ou quatre mois plus tard, tous ces signes s’aggravent ; la céphalée est très vive et brusquement survient une cécité presque complète de l'œil droit. Le malade est vu par le DT MAcrror qui diagnostique un témique. On examine alors la fonction rénal une albuminurie à 6 grammes, l’urée sanguine à 0,50.
membres inférieurs qui disparaissent spon-
e rétinite azoe et on trouve une tension à 23.18 et
Mis au régime lacto-végétarien salé les troubles ne s’amendent :pas : l’urée sanguine s'élève jusqu’à 1 gL/110: rmann se montre négatif ; on commence Pourtant un traitement au sulfarsénol. Le mal tant malle sulfarsénol (fortes réactions à chaque piqûre) on fait alors de l'huile grise. Aucun résultat chnique et l’urée sanguine se maintient au-dessus de 1 gramme.
On arrête alors le traitement et le malade est mis tout simplement au régime déchloruré lacto-végétarien. On assiste alors à une amélioration rapide des troubles oculaires ; l’urée sanguine reste cependant toujours au même
chiffre.
Le malade est alors passé à Bicêtre.
Examen : rhumatisme déformant, ankylosant et douloureux de presque toutes les grosses articulations.
Pas d’œdèmes. Albuminurie de 10 à 12 grammes avec cylindrurie. Urée sanguine 0,84, Élimination de la phénolphtaléine 40 %. "Tension artérielle à 47.14 (Vaquez) avec des poussées paroxystiques ; une fois, on à trouvé 21.15.
Au cœur: clangor du deuxième bruit aortique. Pas de bruit de galop.
ade suppor-
L'examen du système nerveux est incomplet : im-
AAET: IUS
possibilité de chercher Les réflexes tendineux sur ce malade
ankylosé.
Pas de signe d’Argyll-Roberston.
Pas de leucoplasie buccale.
Aucun signe de syphilis.
Un mois plus tard, l’état n’avait pas varié :albuminurie
toujours autour de 10 grammes. Urée sanguine : 0,84.
Ce malade a donc évolué en deux phases : une phase de rhumatisme chronique ankyÿlosant, puis une phase de néphrite dont l’origine nous échappe.
A la première phase, lorsqu’en 1921 ce malade se présentait comme un rhumatisant avec une ankylose à tendance extensive et progressive, le traitement antisyphilitique nous paraît absolument justifié, surtout étant donné un Bordet-Wassermann positif à ce moment. Devant l’état lamentable de ce malade, devant l’ankylose qui soudait progressivement toutes ses articulations, toutes les tentatives thérapeutiques étaient permises, et l’existence de traces d’albumine ne pouvait certainement pas contreindiquer quoi que ce soit.
Il n’en est pas de même du deuxième traitement antisyphilitique que reçut le malade. Les circonstances avaient changé ; tout d’abord, on savait qu’à la suite du premier traitement étaient apparus des œdèmes, passagers, 1l est vrai. Puis un épisode infectieux était venu retentir sur l’état général et sur les reins. On se trouvait maintenant en présence d’une néphrite avec tension artérielle à 23.18, azotémie à 4 gr. 10 et retinite albuminurique. Est-ce
NE Er LS
parce que cette néphrite comportait une assez forte albumine (6 gr.) que l’on a songé à la syphilis rénale et tenté un traitement ? Le malade n'avait aucun stigmate de syphilis et un nouveau Bordet-Wassermann, à ce moment, s'était montré négatif. C’est donc sur ce seul signe : albuminurie un peu forte qu’on s’est basé pour instituer un traitement antisyphilitique, sans même avoir essayé les traitements habituels des néphrites.
Il nous semble singulièrement hasardeux de baser un diagnostic de syphilis rénale, avec toutes les conséquences thérapeutiques qu’il entraîne, sur le seul chiffre de l’albuminurie. Chez notre malade, on trouvait 6 grammes d’albumine, chiffre élevé, mais qu’on rencontre aussi dans d’autres néphrites. Le traitement fut un échec, naturellement, mais encore est-il heureux que le malade l’ait supporté sans trop de dégâts. Et soulignons le fait que dès que l’on se décida à appliquer le simple régime déchloruré et hypoazoté, l'amélioration fut rapide.
OBSERVATION IV. —- (Communiquée par le Professeur
LEMIERRE)
Madame Lon.., 31 ans, concierge, est entrée à l'hôpital Bichat le 20 avril 1925, pour dyspnée d’effort et albumi- . nurie.
En 1917, au sixième mois de sa première grossesse, elle a eu de Palbuminurie avec un peu d’œdème malléolaire. L’accouchement a été normal et l’albuminurie a disparu ensuite.
En 1919, nouvelle grossesse, de nouveau albuminurie et céphalée L’accouchement fut prématuré à 7 mois, avec une forte hémorragie. Comme la première fois, l’albumine disparut aussitôt après lacconchement.
Aucun examen d’urine ne fut pratiqué ensuite, jusqu’en 1923 ; à ce moment, la malade eût un peu d’œæœdème des jambes, un peu de dyspnée d’effort, de temps à autre, une légère crise de dyspnée nocturne. Elle alla consulter à Boucicaut où on lui trouva des traces d’albumine et un Bordet-Wassermann positif. On lui fit alors trois séries dec novarsénobenzol, en tout 14 gr. 85 ; le novarsénobenzol fut très bien supporté et l’albuminurie disparut dès la première série.
En mars 1924, traitement par l'huile grise. Une première série de huit piqûres fut bien supportée, mais dès le début de la deuxième série, à la troisième piqûre, apparut une albuminurie de 4 grammes avec des œdèmes.
On cessa le traitement, mais depuis ce moment. l'atbuminurie persista de façon permanente, osallant entre 1 et 4 grammes, atteignant parfois 6 grammes, Elle s'élève quand la malade se fatigue ; après quelques jours de repos au lit il ne persiste que des traces.
Fin. 1924, la malade retourne à Boucicaut pour un examen de sang, On commence une. série. de novarsénobenzol, mais. dès la troisième piqûre, on.est ohligé d'arrêter par suite de phénomènes d’intolérance (céphalée, vertiges, nausées après chaque. injection).
Eorsqu’elle entre à Bichat elle se plaint depuis trois semaines d’un gros ædème prédominant à la jambe gauche, de céphalée, de crampes et de dyspnée d'effort.
À l'examen on. trouve, outre. les œdèmes qui ne sont pas: considérables, une albuminurie à, 3: grammes.
Le culot urinaire contient de nombreux cylindres granuleux.
La tension artérielle est à 12.8.
L’urée sanguine est à 0,30, la constante d’Ambard à 0,10.
Les autres appareils sont. normaux.
Dans ses antécédents : un, enfant hien portant, le deuxième est mort-né.
Elle sort quinze jours plus tard améliorée au point de vue fonctionnel, mais conservant une constante à. 0,10.
Cette malade avait-elle une albuminurie syphili-. tique ? Nous ne le pensons pas, bien que la preuve soit naturellement impossible à fournir. La première poussée d’albumine était survenue au cours d'une grossesse et disparue. dès l'accouchement. Il en fut, de même pour la deuxième.
Quatre ans, plus tard, sans grossesse cette fois,
0 (is
apparurent de nouveau de l’albumine et des œdèmes, avec un Bordet-Wassermann positif.
Vraisemblablement, il s’est agi au début, d’une albuminurie gravidique : après la deuxième atteinte, le rein est resté lésé puisque la troisième poussée d’albumine s’est faite en dehors de toute grossesse. À ce moment, une série de novarsénobenzol fait disparaître l’albumine ; faut-il conclure de ce fait que l’albuminurie était syphiltique ? Cela n’est pas certain, il eût fallu d’abord faire l'épreuve du régime déchloruré seul.
En tout cas, trois séries de novarsénobenzol furent très bien supportées ; nous ignorons pour quelles raison on lui substitua l'huile grise lorsqu'on reprit le traitement l’année suivante.
Au début de la deuxième série d’huile grise, l’albumine qui avait complètement disparu reparaît, plus importante qu’elle n’a Jamais été, puisque cette fois il ÿY a quatre grammes d’albumine. Et cette fois, On a beau arrêter immédiatement l'huile grise, l’albuminurie persiste ; un an et demi plus tard, quand la malade entre à Bichat, l’albuminurie n’a pas disparu ; elle est devenue permanente, s’accompagne de cylindrurie et d’une constante un peu augmentée à 0,10, ainsi que de quelques signes fonctionnels de néphrite.
L'histoire de cette malade se résume donc très simplement : deux poussées d’albumine pendant ses deux grossesses ; une troisième poussée en dehors
de la grossesse, et elle reçoit alors du novarséno-
4 de Ja do. série dé Ra DA ssée d’albumine quiicette férs 1/0 an gravidique légère,
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OBSERVATION V. — (Malade suivie avec le Professeur
Lemierre).
Mme Gai.., 37 ans, sans profession, entre à Bichat le 19 janvier 1928, parce que se sachant hypertendue. elle désire être examinée complètement.
Sa maladie a débuté en 1925, à l’âge de 34 ans ; à ce moment survinrent des crises de dyspnée mal caractérisées que la malade prit pour de l’asthme et qu’elle décida elle-même d’aller soigner au Mont-Dore. Il s'agissait, sans doute, de pseudo-asthme, car le médecin du Mont- Dore lui découvrit alors une tension maxima à 23 en même temps qu'il trouva un Bordet-Wassermann positif. Son mari également avait un Bordet-Wassermann positif.
Elle reçut alors un traitement énergique : séries de cyanure et de novarsénobenzol, alternant avec du bismuth. Malgré le traitement, l'hypertension non seulement persista, mais s’aggrava, avec des poussées paroxystiques où la maxima s'élevait à 28 et 29.
Des accidents survinrent ensuite : en août 1927 des troubles de la vision ; à Larihoisière, on lui parla d’hémorragies rétiniennes. En novembre 1927, une hémiparésie gauche, sans ictus, traitée par du cyanure et qui régressa complètement.
En janvier 1928, elle entre à Bichat pour la première fois, et nous résumons rapidement son histoire :
Lors de ce premier séjour, nous lui trouvons une tension à 25.16, avec bruit de galop et clangor aortique ; l’urée
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