CHOIX DU MÉDICAMENT
Chacun des trois grands médicaments de la thé-
rapeutique antisyphilitique a été prôné tour à tour pour le traitement de la syphilis rénale. Actuellement la plupart des auteurs sont d’accord pour considérer le novarsénobenzol comme médicament de choïx ; très actif contre le tréponème il est relativement peu dangereux pour le rein.
En France Wipaz et Javar, SIREDEY furent parmi les premiers à employer le novarsénobenzol pour le traitement de la néphrite aiguë syphilitique, avec des résultats remarquables. Depuis on a rapporté un assez grand nombre de succès dus à cette thérapeutique (Srokes, Lausry et Marre, Lioyp THom- SON, Pasteur VarLéry-Rapor, THéoBALT et LoAUENAN et beaucoup d’autres).
La conduite du traitement s’il s’agit de néphrite aiguë, sera réglée par des examens quotidiens du malade ; outre l’état général, on tiendra compte surtout des variations du poids, et de la quantité de
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l’albumine, le chiffre de l’urée sanguine n’a ici qu'une valeur relative. Il est impossible de donner une règle absolue pour la conduite du traitement ; nous pensons qu’il est inutile et dangereux d’atteindre des doses élevées de novarsénobenzol.
Après avoir commencé par 0,05 ou 0,10, on pourra soit monter progressivement jusqu’à 0,45 ou 0,60, doses qu’on peut répéter plusieurs fois ; soit continuer le traitement par de petites doses de 0,15, répétées tous les 2 ou 3 jours. Cette dernière méthode aurait des inconvénients ; les petites doses, insuffisantes pour combattre le tréponème, auraient au contraire pour résultat d’accoutumer celui-ci au médicament et l’y rendre insensible, d’où les cas d’arséno-résistance.
En tout cas c’est toujours, redisons-le, la surveillance quotidienne du malade qui fournira les meilleurs indications quant aux doses du médicament à atteindre. Dans les cas heureux, très rapidement on verra baisser la courbe du poids et celle de l’albuminurie.
Le mercure compte à son actif quelques résultats heureux dans ce type de néphrite. Mirran et LEeLonc l'ont utilisé avec succès sous forme de cyanure. Perces, Jourra et Davip-CHaussé font du mercure le médicament de choix pour le traitement des néphrites aiguës primaires et secondaires. Ces auteurs le préfèrent au novarsénobenzol qu’ils trouvent trop énergique, risquant de provoquer un bloquage du rein par réaction d'Herxheimer.