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CHAPITRE [I

TOXICITÉ DES MÉDICAMENTS ANTISYPHILITIQUES

La toxicité, pour le rein, des trois principaux médicaments antisyphilitiques étant connue et étudiée depuis longtemps, nous n’avons pas l'intention de passer en revue tous les travaux qui ont été faits sur ce sujet. Nous rappellerons, seulement, les principales expériences et observations.

Mercure. — C’est Rayer, un des premiers, qui mit en valeur le danger des sels mercuriels qui provoquent la nécrose des épithéliums rénaux.

Trois éléments sont à considérer dans la néphrite mereurielle : 49 la quantité de mercure introduite dans l’organisme, 20 la forme sous laquelle il a été employé, 30 la voie d'introduction. Un quatrième élément, celui que nous aurons à envisager sans cesse au cours de cette étude, est, naturellement. l’état antérieur du rein ; et enfin, un dernier facteur est la susceptibilité particulière de chaque individu,

Nous n’insisterons pas sur le premier facteur dont l'importance n'échappe à personne ; à dose thérapeutique, le mercure exerce une action apparemment

ÉFUGRE

favorable sur la secrétion rénale. C’est ainsi que, depuis longtemps, le cyanure est employé comme diurétique chez les cirrhotiques avec ascite, et chez les cardiaques oliguriques. Plus anciennement encore, on s’est servi du calomel dans les mêmes cas (GEN- DRASSIK, GERMAIN SÉE) — Mrzran et LEeLoNG pensent que l’action diurétique du cyanure en fait le médicament de choix, particulièrement indiqué dans les néphrites syphilitiques — DEevraiGxE s’en sert aussi dans les albuminuries syphihtiques révélées par la grossesse.

Perces, Jourra et Davip-CHAussé, pensent également que le cyanure est le meilleur médicament des néphrites syphilitiques primaires ou secondaires.

Récemment, lapparition des nouveaux diurétiques mercuriels (novasurol, neptal, salyrgan) est venue donner un renouveau d'intérêt à cette ques-

tion. En réalité, d’après les travaux de BLym et

ScHWAB, ces médicaments agiraient en provoquant une véritable petite néphrite caractérisée par l’abaissement du seuil des chlorures et de l’eau, et l’élévation de la constante d’Ambard. Ces phénomènes, remarquent BLum et ScawaB, sont les mêmes que ceux que l’on observe dans la néphrite azotémique ; ces auteurs ajoutent que les altérations fonctionnelles passagères ainsi produites sont les premières manifestations de l’action toxique du mercure sur le rein. Ainsi donc, même à petite dose, à dose thérapeutique, l’action des sels mercuriels serait de provoquer une néphrite légère et transitoire,

Tertre

La forme sous laquelle le mercure est introduit dans l'organisme n’a peut-être pas autant d’importance qu’on pourrait le croire. Tous les sels et même le mercure métallique peuvent causer des accidents. Mirran et Moucenc pe Sainr-Avip ont rapporté une observation d’anurie mercurielle à la suite d’une simple friction d’onguent gris chez un malade syphilitique traité par le protoïodure de mercure.

L'huile grise nous paraît cependant mériter une mention à part pour la fréquence des accidents qu’elle a causés ; mais nous reviendrons sur les dangers de cette préparation lorsque nous aurons à envisager la voie d'introduction du mercure.

Nous ne nous étendrons pas non plus sur la toxicité considérable du bichlorure de mercure (sublimé), ce sel n’ayant qu’un rôle effacé dans la thérapeutique antisyphilhtique. Cependant, d’après PoucnerT, tout sel de mercure introduit dans l’organisme s’y transformerait en chlorure mercureux ou mercurique. D'autre part, avec ce même sublimé si dangereux, CHaurrarp, puis MouriQuanD et Poricarn, Cas- TAIGNE et RaTHery, ont pu reproduire toute la gamme des lésions épithéliales du rein depuis les plus légères, en faisant varier la dose.

La voie d'introduction du médicament nous semble avoir une grande importance. Lorsque nous introduisons dans les veines, une solution de cyanure, nous pouvons mesurer exactement notre action ; il n’en est malheureusement pas de même lorsque nous ordonnons des frictions à l’onguent gris ou à

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