‹ Dangers de l'anesthésie mixte: Accidents tertiaires après l'éthérisation ou la chloroformisation, précédée de l'injection atropo-morphiniqueChapitre 16 sur 24 · DJ · texte numérisé non relu

DJ

employée sous forme de chlorhydrate. Ses effets sont très variables suivant les animaux, très variables également suivant l’âge, le sexe et les susceptibilités individuelles, ils se traduisent cinq à dix minutes après l'injection sous cutanée. L’élimination se fait par les reins, elle paraît complète en l’espace de douze à cinquante heures. Les doses toxiques sont très variables ; on a pu observer des accidents graves à la suite de l’injection d'un centigramme et ne pas en observer après celle d’un gramme.

Pendant la narcose morphinique le cœur se ralentit par action directe du médicament sur le système nerveux, d’après Picard. La morphine produit, en outre, une chute de la pression sanguine par suite d’une diminution de l’activité du centre vaso-moteur. Quant à la respiration, elle est aussi mfluencée, on observe un ralentissement qui peut aller jusqu’à l’arrêt après quelques respirations irré-gulières. Ges phénomènes sont le résultat d’une action sur le centre respiratoire bulbaire.

D'une manière générale, la morphine amoindrit la fonction nerveuse après l'avoir, au préalable, excitée, mais d’une façon fugace. Cet amoïindrissement de la fonction nerveuse peut aller jusqu’à l’anéantissement dans les doses toxiques. On voit alors la respiration et le œur cesser peu à peu après s'être considérablement ralentis.

C. D'après Soulier, ce qui domine dans l'histoire de l’atropine étudiée comparativement sur les animaux et sur ‘homme, sur l’homme sain et sur l’homme malade, c’est son irrégularité d'action. Pour elle surtout on ne doit pas conclure des animaux à l’homme, ni de l’homme sain à ‘homme malade. Mais cette irrégularité ne se borne pas

ne —

là, elle se continue tout le long de son étude expérimen — tale. Les expériences sur les mêmes animaux, faites dans des conditions semblables en apparence, fréquemment donnent des résultats différents ; et, avec aucun autre agent, on n’a de tableau plus changeant d’actions physiologiques souvent contraires, d'effets variables suivant les doses. Remarquons également combien variesa rapidité d'action sur les uns et les autres. Aussi théories, explications différent-elles à l’envie, et les auteurs émettent-ils les opinions les plus contradictoires.

D'une manière générale, employée à faible dose, l’action de l’atropine sur l’appareil circulatoire se traduit au début par un léger ralentissement du pouls, accompagné d’un abaissement de la tension sanguine. La durée de ce ralentissement n’excède pas huit à dix minutes; elle est d'autant plus courte que les doses employées sont plus fortes. A cette période de ralentissement succède une accélération des battements du cœur et une augmentation de Ja tension sanguine. Cette accélération dépend d’une paralysie du centre spinal du pneumogastrique. Si la dose n’a pas dépassé 1 milligramme, le pouls garde sa force, la tension reste élevée. L’élévation de la pression artérielle résulte d’une irritation du centre vaso-moteur. À dose faible ou moyenne, l'accélération des battements dure de six à huit heures. À dose plusélevée on observe unabaissement de la tension artérielle, et un ralentissement progressif des battements du cœur par paralysie de ses ganglions automoteurs.

Parallèlement au cœur la respiration est d’abord ralentie par une diminution de l’excitabilité des termin:isons pulmonaires du pneumogastrique (Nothnagel et

Rosbach). A ce ralentissement primitif de courte durée fait suite une accélération par excitation du centre respiratoire de la moelle. Si la dose est toxique l'accélération est suivie d’un ralentissement progressif.

Ajoutons que l’absorption par le tissu cellulaire est rapide, les effets se traduisent deux ou trois minutes après l'injection. L'élimination également rapide se fait par les reins ; elle s’effectue en totalité entre dix et vingt heures.

A la dose où on les emploie dans le procédé de l’anesthésie mixte, la morphine et l’atropine seules seraient complètement innocentes, à moins de susceptibilités toutes particulières telles que les créent par exemple l'insuffisance de la fonction rénale, ou ces états que dans notre ignorance nous qualifions d’idiosynerasies. Mais par leur association et par celle au chloroforme, la question n'est-elle pas changée ? Nous commencerons par étudier l'association morphine et atropine dont on a beaucoup parlé à propos de l’antagonisme.

La morphine a passé quelque temps pour l’antagoniste par excellence de l’atropine (Behier, Lee, Norris). Puis on en est venu à nier tout antagonisme, entre Les deux substances. Il existe vraiment un antagonisme mais partiel et remplacé à certains points de vue par une action synergique, puisque la morphine et l’atropine agissent dans le même sens, quoiqu’à un degré différent, sur la sensibilité. Cet antagonisme est également temporaire, puisque l’atropine nestimule le grand sympathique que pour le paralyser ultérieurement comme la morphine. |

Dans sa thèse de Paris (1864), Camus a montré que

Page 1