‹ Dangers de l'anesthésie mixte: Accidents tertiaires après l'éthérisation ou la chloroformisation, précédée de l'injection atropo-morphiniqueChapitre 17 sur 24 · DRE · texte numérisé non relu

DRE

chez les animaux non seulement la mort n’était pas empêchée par l'administration simultanée de morphine et d’atropine à doses toxiques, mais encore qu’elle était souvent rendue plus rapide. |

Les expériences de Denis sur lui-même aux doses physiologiques le sont davantage et semblent montrer que l’atropine ne diminue guère chez l’homme les effets de la morphine. La chose a été reprise depuis, en particulier, en Allemagne, par Lenhartz qui a expérimenté sur quelques malades empoisonnés par la morphine. L'auteur en conclut que l’atropine n’a pas eu d’effet favorable. Dans certains cas même on n’a pu en tirer qu’un effet d’accumu lation toxique. La statistique montre d’ailleurs une mortalité de 38 pour 100 dans le traitement par la belladone de l’empoisonnement par la morphine, 15 pour 100 seulement quand ce traitement n’a pas été employé. Pourtant de leurs expériences sur les animaux, Binz et Henbach avaient conclu que l’action de l’atropine sur la morphine :

1° Réveille les animaux de la narcose.

2° Rend plus profonde la respiration superficielle et faible.

3° Amène une énorme accélération du pouls.

4 Un renforcement notable de la pression sanguine.

Mais ces conclusions ne sont valables que dans les cas d’empoisonnements légers et chez les chiens. Chez les animaux, la dose toxique de morphine est beaucoup plus élevée que celle employée par ces observateurs, et les effets physiologiques de l’atropine sont beaucoup plus pro noncés chez eux que les effets toxiques.

La conclusion de tout ceci est que dans les cas d’empoi-

Er Ni

sonnements légers par la morphine, latropiné vient peutêtre utilement exciter le centre respiratoire déprimé, combattre la dépression sanguine et le ralentissement du cœur; ceci au moins a été observé chez le chien; chez l'homme il faut être beaucoup plus réservé. Dans les cas d'intoxication profonde elle n’a plus le même rôle et la chose se comprend aisément. Sous l'influence de cette excitation le centre déjà malade ne réagit plus avec la même intensité; et, en sa qualité de toxique, l’atropine outre son action physiologique exerce sur l’élément nerveux une action dépressive, paralysante, destructive. « D’ailleurs, comme le dit Soulier, de deux antagonistes, l’un excitant, l’autre paralysant, par cela seul que l’excitabilité va toujours en diminuant, le second finit toujours par avoir raison. »

Il faut encore se poser ce problème de savoir si une dose physiologique dans les conditions normales, comme l'administration d’une dose modérée de morphine ne devient pas toxique dans le cas d’adjonction d’un autre médicament du système nerveux, de ce fait que l’élément sur lequel elle agit se trouve dans des conditions autres de résistance.

Le problème devient encore plus complexe quand on y ajoute le troisième facteur, le choroforme. Nous avons vu que l’empoisonnement par le chloroforme avait deux causes : la chute de la pression sanguine et l'action déprimante du médicament sur le centre respiratoire. L'action de la morphine seule n'est pas faite pour remédier à cet état de choses; elle se traduit, en effet, par une chute constante de la pression sanguine, avec un ralentissement des battements du cœur et un ralentissement de la respi-

Page 1