INTRODUCTION
L’anesthésie mixte ne date pas d’hier. CI. Bernard dans les dernières années de sa vie en avait reconnu le grand intérêt pratique. D’abord il fut question seulement d’injections morphiniques dans le but de renforcer l’action anesthésiante du chloroforme et d’en diminuer par suite la dose nécessaire. Claude Bernard avait expérimenté sur des animaux. À la même époque Nusbaüm, ayant pratiqué une injection sous-cutanée de morphine à un malade qu’il opérait et qui était soumis à l’action du chloroforme, avait vu l’opéré ne pas se réveiller comme d’ordinaire après l'opération et présenter un sommeil calme durant dix-huit heures. Il répéta avec succès cette expérience. En 1867, en Angleterre, Marshall mit à profit cette adjonction de la morphine au chloroforme, eten France, Labbé, Goujon, Rigaud et Sarrazin préconisèrent la méthode.
En 1870, Guibert de (Saint-Brieuc), publie un travail sur ce qu'il appelle l’analgésie chloroformique.
L’emploi combiné de l’atropine et du chloroforme ou de
INSEE l’éther n’est pas non plus chose nouvelle; la belladone est même la première substance dont on songea à ajouter l'effet à celui de ces deux anesthésiques. Dès 1861, le professeur Pitha, de Vienne, avait employé cette combinaison pour produire l’anesthésie. IL vit dans ce cas le sommeil devenir plus rapide et se prolonger avec un calme et une régularité inattendus. Mais la belladone avait été employée par Pitha simplement comme hypnotique; son action sur le cœur par l’intermédiaire du pneumogastrique n’était pas encore invoquée.
En 1880, dans le Bratish medical Journal nous relevons une communication de M. Schatfer sur l’atropine comme moyen préventif de l’inhibition cardiaque par le chloroforme. Cet article, le premier publié sur la question mérite d’être rapporté d’autant plus que dès, le début, il montre les avantages et peut-être aussi le point faible de la méthode. À
C’est à l'occasion d’un accident d’anesthésie où, entre autres moyens de combattre l’arrêt du cœur, on avait essayé les injections d’atropine.
M. Schaffer s’exprime en ces termes :
« Depuis qu’il est bieu connu que l’atropine paralyse l'appareil inhibiteur du cœur, et depuis qu’il est probable que la mort par l’anesthésie résulte de l’excitation de cet appareil, soit directement par le médicament ou dans quelques circonstances d’une manière réflexe par l’excitation des nerfs afférents anormalement excitables pendant le cours de l’opération, il me semble indubitable qu’on a de bonnes raisons d’enployer l’atropine. Mais naturellement on la donnera toujours immédiatement avant l’action du chloroforme comme moyen préventif, car si l’action du
cœur s’est complètement arrêtée, la circulation ayant déjà cessé naturellement, il n’y a plus de remède. Mon attention a.êté déja depuis quelque temps dirigée sur la valeur probable d’une dose préalable d’atropine comme antidote de l’inhibition cardiaque par le chloroforme. J’ai fait à ce sujet un certain nombre d'expériences que je n'ai pas encore publiées. Le résultat général a été de confirmer les conclusions qui devaient être tirées de notre connaissance préalable de l'action du médicament en question. »
Alors vient une darenthèse qui a bien son importance ; elle est relative à certains accidents que l’auteur n’attribue pas naturellement à latropine, mais contre lesquels il avoue qu'elle est impuissaute:
« Gette précaution, dit-il, n’a de valeur que dans ce cas où la mort doit être rattachée à l’arrêt soudain du cœur, mais si les vapeurs de chloroforme sont inhalées en quantite telle qu’elles paralysent le centre respiratoire, l'administration préalable d’atropine ne sera naturellement d’aucun secours pour prévenir les accidents que d’ailleurs on ne doit jamais laisser survenir i, »
En 1881, MM. Dastre et Morat en France proposèrent aux chirurgiens le procédé de l’anesthésie mixte qui fait l’objet de cette étude; nous voulons parler de l’anesthésie où l’on associe au chloroforme ou à l’éther l’atropine et la morphine. M. Aubert la suit dans le domaine de la pratique et en montra les excellents avantages.
Mais pourquoi la méthode d’Aubert, qui promettait tant, fut-elle délaissée partout ailleurs qu’à Lyon? C’est que les résultats pratiques furent assez inconstants.
1 Schaffer, British medical Journal, octobre 1880,
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On signala de côté et d’autres des accidents qu’on mit naturellement sur le compte du procédé nouveau. Nous allons essayer de rassembler les reproches qu’on lui a adressés, de voir s’ils concordent tous entre eux et quel est leur bien fondé.
ACCIDENTS TERTIAIRES après l’éthérisation ou la ehloroformisation