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moi, — disaient ses sanglots, — car je l'aime; et tu ne vois donc pas que j'en mourrai ?
Et, pâlissant soudain, comme si ce dernier effort eût épuisé toutes ses forces, elle s'en alla, en trébuchant , s'affaisser sur un siège. Là , appuyant ses deux mains sur son cœur , on eût dit qu'elle voulait le refouler dans sa poitrine , pendant qu'il se gonflait à éclater. Elle ne pouvait ni respirer ni parler : sa bouche s'ouvrait avec une contraction pénible , et des sons étouffés montaient de sa gorge. Enfin , étendant les bras en blêmissant , elle se roidit sur son siège et s'évanouit.
Aux cris que je poussai, la baronne accourut avec les domestiques. — Louise se meurt! — lui dis-je. On l'emporta, on l'étendit sur un lit, on arracha le corsage de sa robe par lambeaux ; mais elle ne rouvrait pas les yeux. Elle était pâle comme une- morte ; les veines de ses tempes ne laissaient plus qu'une trace bleuâtre , ses lèvres blanchissaient , et ses cheveux roulaient de ses épaules jusqu'à terre. En m'approchant pour lui faire respirer des sels , je marchais dans ses cheveux. Enfin, un médecin arriva. — Voici, — dit-il à la baronne éperdue , — la seconde
syncope depuis hier. Prenez-y garde, madame, un pareil accident pourrait l'emporter.
Quand Louise rouvrit les yeux en respirant longuement , et que tout le monde s'écarta du lit pour laisser arriver l'air de la fenêtre jusqu'à elle, j'entraînai le médecin à l'écart. — Qu'at-elle donc? — lui demandai- je en bégayant. Mais de tout ce qu'il me dit , je ne retins que le mot d'anévrisme. — Anévrisme, qu'est-ce que cela '.'