ACTE I
je redeviens mauvaise, tant il est vrai que tout ce que j’ai de bon me vient de toi. J’ai voulu prendre une grave résolution, j’ai voulu songer à l’avenir, comme si cela ne te regardait pas I Ma léte a jugé à propos de faire de la morale à mon cœur et de lui prouver qu’il n’était qu’un fou 1 Elle a été bien cruelle, va ! J'étais folle.
Pardonne- moi I (eu» M préoipit« de nooTeau sur sei gococx, 11 l'entoure de •es bras.)
DANIEL
Louise! ( Noureau silence, j
MADAME DE THOMEREL.
Ton avenir, mon luxe, ma viel Est-ce bien moi qui ai prononcé ces grands mots? Nous nous aimerons tant, vois-tu, que Dieu nous viendra en aide, et si le monde me repousse, et si la
misère vient. — (Elle s'arrête. Moment de sileoce. Puis se lurant brusquement. ]
Ohl quels enfants nous sommes! Oubliez-moi, je le veux ! Il vous faut do la tranquillité, du repos; votre mère sera là, près de vous, son affection vaut mieux que la mienne; moi, je pars demain, je quitte Paris*.
DANIEL) s« lerant.
Demain?
MADAME DE THOMEREL.
Oh ! ne m’ôte rien de ce courage dont j’ai tant besoin pour tous deux I
DANIEL) allant à elle*
Partir! — pourquoi ?
Une sœur de ma mère, qui habite le Havre, m’offre l’hospitalité ; je lui ai écrit que je l’acceptais.
DANIEL
Vous lui avez écrit — déjà? et c’est une question d’argent qui vous fait partir?
MADAME DE THOMEREL.-
Oui, Daniel, une question d’argent! J’avais demandé à cette parente les six mille francs dont j’ai besoin et qui nous sauvaient, elle me les a refusés.