‹ Daniel Lambert drame en cinq actes en proseChapitre 65 sur 117 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

(oui matérialisé, il faut prendre le temps comme il vient, et la femme quand elle vient.

. MADAME DE TIIOMEREL.

Triste maxime!

KLAMBIER.

En consacrant sa vie à l’amour, on devient un être inutile, un para.«ite. D’abord la cbo.se est admise. Il faut que jeunesse se passe, dit la vieilles?e indulgente. Et elle .se passe, en effet, dans le milieu inoccupé qu’on a choisi. On fait d’un sourire une ques- ^ lion de vie ou de mort. On use ses journées à se répéter : Je t’aime, je t’aime! Et lorsqu’on croit avoir aimé une femme, on s’aperçoit (ju’on n’a été amoureux que d’un refrain. Le monde est compté pour peu, et l’on en rit. L’herbe des |)remiers sentiers est si douce, (|u’üii y court presque pieds nus. Mais le premier remords vient avec la première ride; on \eut fuir, on est acculé, on seul revenir sur ses pas, la trace en est ellacée. Toutes les croyances sont éteintes, toutes les. portes se trouvent fermées. On a gaspillé le passé, l'avenir vous repousse! Alors on voit passer un corbillard tout tendu de noir. Ce sont les funérailles de nos illusions, de nos espérances, et celle qui escorte ce convoi . pâle et les yeux rouges de larmes, c’est notre jeunesse larmoyante et flétrie.

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