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présent et futur. — C'est là la thèse de la deuxième école; et l'on a dit avec raison qu'il y a chez les interprètes de celle-ci une si remarquable unité sur les points essentiels du sujet, qu'on doit peu s'inquiéter de leurs divergences secondaires, et qu'il en est d'eux, quant à leur accord, comme des horloges d'une grande ville, qui diffèrent l'une de l'autre , sans doute , dans les divers quartiers de la cité, mais seulement sur les secondes, peut-être sur les minutes, jamais sur les heures.
On le voit donc, il valait la peine qu'en exposant Daniel , je donnasse beaucoup de temps à ces principes fondamentaux, puisque tout y revient, et puisque tôt ou tard tous les expositeurs de Daniel sur la Petite Corne, de saint Paul sur l'Homme de péché, et de saint Jean sur l'Antichrist, sur la Bête, sur le Faux Prophète ou sur Babylone, sont toujours ramenés à ces deux questions dirimenies : — « Quelle est l'étendue de ce grand mal? » et, « Quel en est le temps? » — L'étendue : est-ce l'Orient et l'Occident, ou seulement l'Occident? et, si c'est l'Occident , faut-il y comprendre les pays d'outre-Rhin et d'outre-mer, la Germanie, la Hollande, la Grande- Bretagne? ou faut -il s'arrêter aux deux grands fleuves du Danube et du Rhin? — Mais surtout, le temps : quelle en est la durée? quelle est l'époque de son commencement et celle de sa fin? Cette guerre prédite comme devant être faite dans Rome à Dieu, à sa parole et à son peuple, est-elle passée? est -elle future? ou bien serait -elle à la fois
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passée, présente et future? — Est-ce une courte affliction de 4260 jours? Est-ce une longue affliction de 1260 années?— En un mot, tout ce grand appareil de prophéties n'aurait- il été donné que pour offrir à l'église du Nouveau Testament, dans le long cours de ses maux , le petit remède homéopathique d'une prédiction de trois ans et demi , perdus pour nous dans les profondeurs de l'avenir, ou perdus pour noua dans celles du passé? — Ou bien l'église du Nouveau Testament a-t-elle eu , pour la longue suite de ses combats, comme avait toujours eu r église des anciens jours, une longue suite de prophéties qui se rapportassent à la longue suite de ses besoins et de ses destinées? «-• Voilà surtout la grande question, soit que vous expliquiez Daniel, soit que vous sondiez l'Apocalypse, soit que vous étudiiez saint Paul parlant aux Thessaloniciens, ou parlant à Timothée. — Si vous vous engagiez dans une interprétation de ces prophéties sans l'avoir résolue , vous marcheriez au milieu des incertitudes et vous vous en iriez au gré de vos fantaisies; comme si, dans un travail d'algèbre, laissant de côté les données du problème pour opérer à votre gré sur des quantités indéterminées ou sur des chiffres arbitraires, vous prétendiez cependant nous donner une solution satisfaisante.
On ne s'étonnera donc plus que j'aie consacré de nombreuses pages à ces données, dans ce deuxième volume où j'explique la bête, et dans le troisième où je traite de la petite corne. Et ce soin m'a paru
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d'autant plus nécessaire, que je ne connais pas de livre qui ail traité ces questions fondamentales comme point de départ de tout le reste > et qui ait ainsi commencé par le commencement, — On les a résolues, sans doute, chez nos frères anglais, avec autant de science que de talent; et surtout per* sonnfe ne s'en est mieux acquitté que mon savant ami le révérend EUiot; mais on Ta fait plutôt par occasion et pour les besoins de l'argument, dans le cours d'une interprétation de saint Jean. — On doit logiquement commencer par Daniel* comme a fait le Saint-Esprit. Daniel est le tome premier de saint Jean, qui lui-même n'a fait que continuer dans ses Révélations ce que Daniel avait commencé dans les siennes. — Ici les rudiments, là les développements; ici la mappemonde de l'avenir, là son atlas tout entier et ses cartes détaillées. — Si vous vouliez expliquer les cartes sans l'étude de la tnap* peinonde, vous vous laisseriez égarer par des analogies égrenées, vous vous abandonneriez à des rapprochements arbitraires, vous manqueriez aux premières conditions du problème*
J'espère donc que les lecteurs, qui peut-être s'é* taient attendus à trouver déjà dans ce volume la solution de quelques-uns des problèmes de l'avenir, ne s'impatienteront point de nos lenteurs, et demeureront assurés au contraire que notre marche, bien loin d'allonger le travail, l'abrège sensiblement; bien loin de le compliquer, le dégage d'incertitude et le rend plus facile.