‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 123 sur 198 · MENÉE · texte numérisé non relu

MENÉE

«r royaume de ceux sur qui viendra Lfe Fils de perdition , a Daniel dit que dix cornes étaient nées à la bête, et qu'une « autre corne , petite, avait poussé du milieu (Telles, et que trois « des premières cornes avaient été arrachées de devant sa « face. »

Puis, un peu plus loin (page 410) : « Et il est encore plus « manifeste que c'est de ce dernier temps et des dix rois entre « lesquels sera partagé l'empire qui règne maintenant (quod a nunc régnât imperium), il est manifeste que c'est de ces dix rois qu'a voulu parler Jean, le disciple du Seigneur, « dans son Apocalypse, lorsqu'il expose quelles sont ces dix « cornes que daniel avait vues , et lorsqu'il raconte qu'il lui « fut dit : Et les dix cornes que tu as vues, ce sont dix rois a qui n'ont pas reçu le royaume. »

Et enfin, chers enfants, que je vous cite encore ces paroles d'Irénée, en son chapitre XXX; car non-seulement vous l'y verrez appliquer à la Petite Corne de Daniel ce que saint Jean nous dit du Faux Prophète (dans un passage que je ne vous ai point encore expliqué); mais vous l'y verrez aussi chercher quel peut être le sens de ce nombre 666, indiqué par saint Jean comme étant a le nombre de la bête et le nombre de son nom. » — Irénée trouve Taies probable que ce nombre est celui du nom grec latbinos ( Latinus — le roi latin)) parce que, chez les Grecs, qui se servaient toujours de lettres en guise de chiffres (A valant i ; B, 2; D, 4; E, 5; etc.) , chez les Grecs, L faisait 30 ; A, \ ; T, 300; E, 5; 1, 10; N,50; 0, 70; S, 200; en sorte que Lateinos tout entier faisait 666. — C'est à la page 449 de l'édition de Grabe que se trouve ce passage. Écoutez-le.

« Le nom lateinos donne le nombre 666; et il est très « vraisehblablb; parce que (prenez bien garde, chers enfants, « à cette raison que donne Irénée), parce que la dernière

a KuuRCiig porte ce nom : ce sont, en eflet, us latus qd a *ta*ENT HAnrrpwAMT (1). a

Y a-t-H rien de plus clair que ce témoignage d'Irénéeî fl croyait, il est vrai (comme Justin et presque tous les anciens), que l' Antichrist ne régnerait que trois ans et demi , et qu'A irait relever le temple de Dieu dans Jérusalem pour s y asseoir comme un fkeu; mais, à cela près, vous voyez dans quel admirable accord il se frouve avec nous pour tous les autres grands traits de notre prophétie.

Je passe maintenant à ce célèbre Tertullien qu'on a nommé ? le Bossuet de V Afrique : » non pour son caractère tout plein de renoncement et de franchise , mais pour la beauté de son génie et la hauteur de son éloquence.

Il était né cinquante ans seulement après la mort de saint Jean, dans cette fameuse ville de Garthage que les Romains avaient rebâtie, et dont ils avaient fait ht capitale de leur province d'Afrique. Tout le peuple y parlait latin ; aussi les livres de Tertullien sont-ils en cette langue. Son père, capitaine dans les armées de Rome , l'avait fait élever dans la religion païenne et dans les études de la jurisprudence ; mais Dieu , qui le préparait au service de sa parole , lui ouvrit le cœur, un jour qu'il assistait au supplice de quelques martyre. H avait alors trente-cinq ans. Dès ce moment , on le vit consacrer à Jésus-Christ son génie et ses forces, avec tout le désintéressement d'une âme généreuse et d'un cœur résolu. Cependant il arriva, quinze années après sa conversion, que mécontent, dit-on, des insolences du clergé de Rome, il devint dissident, et que , sans cesser pour cela d'être pur en doctrine, il crut devoir s'attacher à une secte africaine dont la discipline austère était conforme à la rigueur de ses principes. H a beaucoup écrit sur la prière, sur la repentance, sur la sainteté, sur

(1) Noie •".

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le jeûne, sur la confession du nom de Christ; mais son plus bel ouvrage est sans contredit son Apokgétiqne, et c'est eelui quç je vais vous citer. — C'est une défense des chrétiens , adressée au gouvernement romain qui les persécutait. Il faudra , chers enfants, que vous lisiez ce précieux petit livre quand vous serez plus grands ; car si le latin en est dur, concis et difficile , il est riche de pensées et brillant d'éloquence.

Écoutez d'abord cette première feuille, où Tertullien répond aux adversaires qui représentaient les chrétiens comme des ennemis de Rome et des Césars. — « Bien loin d'être ce a que vous dites, avait-il répondu, nous prions tous pour « Rome et les Césars ; » puis il ajoute (1) :

« Mais vous me direz qu'en parlant ainsi, nous ne voulons « que flatter l'Empereur, et par des vœux simulés nous sons* c traire à la persécution ! — 0 toi, qui nous accuses d'indifféo rence au salut de César, examine nos saintes Écritures. « Nous ne les cachons à personne, et toutes sortes d'accidents « les font arriver aux mains des étrangers : tu pourras donc « y voir qu'elles nous ordonnent de prier même pour nos enor nemis et nos persécuteurs. Or, qui, plus que ces Césars a pour la majesté desquels on nous traîne devant les tribua naux , qui, plus que les Césars, est notre ennemi et notre « persécuteur?— Dieu nous dit même :a Pries nominativement « et à haute voix pour les rois, pour les princes, pour les « puissants, afin que tout demeure dans la paix.»— Mais d'ad- « leurs, il existe pour nous (faites bien attention , chers enfants , je vous prie , à cette parole de Tertullien) , « il existe « pour nous une obligation plus grande encore de prier pour « l'Empereur , pour l'Empire et pour tous les intérêts de a Rome : c'est que nous savons que l^ffireuee calamité ré- « servée au monde universel, en la consommation des siècles,

(1) Voyez l'original, note i.

« et les amères souffrances qui menacent pour cette époque « toutes les nations de la terre , ne sont retardées que par « l'existence et la conservation de l'Empire Romain. C'est « pourquoi, désirant d'échapper à ces douleurs, nous denum- « dons à Dieu d'en différer le jour.— Or, prier ainsi, n'est-ce « pas nous employer à prolonger les destinées de Renne?» . Vous voyez , chers enfants, par ces remarquables paroles, que ce n'était pas seulement ce grand homme qui comprenait si bien soit Daniel, soit saint Jean, soit saint Paul; c'était l'Église tout entière. NOUS SAVONS, dit Tertullien.— Yous voyez donc qu'alors toute l'Église plaçait, comme nous, « l'avènement de l' Antichrist » à l'époque, encore future pour elle , où l'Empire des Romains serait partagé par dix rois.

Et si vous vouliez entendre de Tertullien quelques autres témoignages, chers enfants, il me serait facile de les fournir. —Écoutez encore, par exemple , au chapitre 24 de son livre « sur la Résurrection de la chair, » ces paroles si précises où il explique notre fameux passage de Paul aux Thessaloniciens: Seulement 9 il y a celui qui maintenant fait obstacle jusqu'à ce qu'il soit ôté de là.

« Et quel est-il, cet obstacle y si ce n'est l'État Roniain(Çttu, a nisi Bomanus Status), l'État Romain, dont l'éloignement « et la dispersion en dix royaumes (cujus abscessio in decem a reges) introduira l' Antichrist ( Antickristum superindueet)4* « Et c'est alors que l'Inique sera révélé. »

Voilà, certes, qui est positif; voilà, dans une seule phrase, Jean, Paul et Daniel clairement expliqués! — Passons donc maintenant au célèbre Origène (4).

Vous entendrez soi/Vent parler de cet homme émînent qui rendit tant de services à l'Église par ses immenses travaux.

(1) Noie k.

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