‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 124 sur 198 · ORIGÈNE · texte numérisé non relu

ORIGÈNE

De bonne heure, la pureté de sa vie, l'éclat de sa science et son invincible fermeté rayaient élevé si haut dans l'estime des chrétiens, qu'on l'avait appelé F Homme de diamant, et que ce nom lui est resté (Origenes adamantius). — Né en Egypte, à Alexandrie, l'an 185, il s'y fit remarquer dès ses plus jeunes années par le sérieux et la sainteté de son caractère : aussi Jérôme a~Ml dit de lui que « ce fut un grand homme dès a l'enfance, et que, vrai fils d'un martyr, il avait alors déjà le a monde sous ses pieds. » — Son père Léonide, qui fut plus tard en effet un martyr, avait coutume d'entrer chaque soir dans la chambre du petit Origène lorsqu'il était endormi, pour appeler sur lui par d'ardentes prières la bénédiction d'en haut; et l'on raconte que souvent alors il lui découvrait la poitrine pour la baiser avec respect, comme un sanctuaire honoré déjà, disait-il, de la demeure du Saint-Esprit. — Mais voici qui touchera, je pense, tous mes jeunes amis.

L'empereur Sévère, au retour de ses victoires, ayant visité l'Egypte et défendu, sous peine de mort, qu'on y professât l'Évangile , faisait tuer en sa présence sans miséricorde tous les pasteurs chrétiens qu'on pouvait découvrir. Origène alors n'avait que seize ou dix-sept ans; mais quand les gens-d'armes, au milieu de la nuit, vinrent s'emparer de son père pour lui couper la tête, il déclara vouloir l'accompagner dans la prison. «Je veux souffrir avec lui le martyre !» s'écria-t-il. — Ce fut en vain. — Sa tendre mère, pour le sauver malgré lui, s'était hâtée d'enlever tous ses vêtements; en sorte qu'incapable de suivre Léonide, il ne put qu'écrire à ce bien aimé père une lettre d'encouragement et d'adieu dont on a conservé ces paroles: a 0 mon père, prenez garde que votre sollicitude pour ma mère et pour moi n'ébranle votre sainte résolution!» — Léonide fut décapité, tous ses biens confisqués, et le jeune homme réduit avec sa mère à la dernière indigence. Une

, dame pieuse d'Alexandrie le recueillit chez elle et Je traita comme son 61a; mais à peine un an s'était-il écoulé qu'Origène, qui n'avait pas dix-huit ans, ouvrant une école publique, pourvoyait déjà à ses besoins et à ceux de sa Bière. — Bientôt sa réputation devint prodigieuse : de tontes ports les savants et les philosophes accoururent pour l'entendre; il dut faire, il est vrai, Tan SU, le voyage de Rome; niais à son retour, une multitude immense se rendit à ses leçons, et l'empereur lui-même avec l'impératrice, dans leur voyage d'Egypte, y voulurent assister. Hais ne croyez pas, chers en* fpnts, que cette popularité détournât Origène des sainte* Écritures ! Non, ce fut toujours sa grande affaire et sa plus obère occupation. Il s'y livrait avec ardeur; il rassembla de toutes parts des manuscrits de la bible, pour composer ses admirables Hexapks, c'est-à-dire son livre aux six colonnes : la première contenant le texte hébreu; la seconde, le même en lettres grecques; et les quatre autres, les quatre principales versions grecques qui en avaient été faites.

Ajoutons cependant que ce saint homme, instrument de tant de bien durant sa vie, le fut de beaucoup de mal après aa mort; parce qu'à son beau génie, à sa science, à sa piété sincère, il avait malheureusement associé des lacunes de doctrine et des témérités philosophiques, dont ses admirateurs (comme il arrive toujours) s'autorisèrent après lui, pour l'imiter bien plus dans ses écarts mystiques que dans son héroïsme, sa foi profonde et sa douce humilité.

L'an 249, il fut mis en prison , chargé de fers et soumis à la torture; mais la même année aussi, il composa le plus beau de ses livres, celui que je désire surtout vous citer aujourd'hui, son apologie du christianisme ou son livre « Contre Celse. » — C'est la défense la plus habile et la plus complète qui ait jamais été faite de la religion chrétienne dans les temps

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