‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 130 sur 198 · VOICI LE FIL9 DE LHOMMK · texte numérisé non relu

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ntr la vue de cette lainière de gloire: a on ne peut la voir et « vivre,» est-il dit quelquefois. — Mais regardez. — Qui s'avance là tout seul à travers ces millions et ces millions d'anges? h qui ces légions étincelantes font-elles place jusqu'à ce trône de feu, jusqu'à l'Ancien des jours ? Est-ce à un ange ? non ; à un archange ? non. Qu'est-ce donc que cet être ? — C'est un être qui porte un cœur d'homme, c'est un second Adam, c'est un homme ! — il n'a jamais péché, et cependant il est l'un des enfants de cette race maudite « qui sort comme une fleur, o qui est retranchée, qui s'enfuit comme l'ombre (4),» et à laquelle il a été dit : a Tu es poudre et tu retourneras en « poudre (2) ! » Mais ce fils d'homme , que vient-il faire devant l'Ancien des jours? Pourra-t-il subsister avec les ardeurs éternelles (3)? vient-il pour être frappé? — Non; il vient pour qu'on lui donne la seigneurie et F honneur et le règne: tous les peuples et les nations et les langues le serviront; sa domination est une domination éternelle II — Mais encore, Dieu n'a-i-il pas dit « qu'il ne donnerait pas sa gloire à un au-. « tre(4) ? » et voicifqu'il la donne, à un homme ! ! — Mon Dieu , « quand je contemple les cieux, œuvres de tes mains, la lune « et les étoiles que tu as agencées , je m'écrie : « Qu'est-ce <f que de l'homme que tu te souviennes de lui; et du fils de « l'homme que tu le visites (5)! »— Quel spectacle donc, mon Dieu ! O philanthropie, dirai-je comme saint Paul (6),« philan- « Ibropie de Dieu notre Sauveur! » miséricorde de mon Dieu ! un homme sur le trône des cieux! ah, gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre, bienveillance envers les hommes! — Oui, fils des hommes, on « vous annonce la bonne a nouvelle d'une grande joie; c'est que dans 70 semaines, « dans la cité de David, il vous naîtra un Sauveur qui est le

(1J Job XIV, 2.— (2) Gen. III, 19.— (3) Esaîe XXXIII, 1/i.— (A) EsaTe XLIT, 3.— (5) Ps. VIII, h, 5.— (0) Tltc Ilï, 4.

458 leçon XLfi. — »AN. vil, 43, M, 45, 46, 47, 48.

a Christ; et ce Christ, c'est le Seigneur (1), le roi de» roi», le a Seigneur des Seigneurs! »

Mais Daniel, ebers enfants, Daniel, par la grâce de Dieu, savait déjà qui était le Christ fils de l'homme et fils de Dieu, a le Saint des saints, s comme il l'appelle {*), celui qui vient « abolir l'infidélité , consumer le péché , faire propitiation « pour l'iniquité, et amener la justice des siècles» (Je parle avec Daniel); il l'attendait comme « t'avaient attendu déjà or tous les prophètes; l'Esprit prophétique qui était en eux « tous, dit saint Pierre, ayant toujours rendu par avance té- « moignage sur les souffrances qui devaient arriva* au Messie « et sur la gloire qui les devait suivre. *> Aussi Daniel avait-il tout de suite reconnu en ce « Fils de l'homme » celui dont Ésaïe déjà avait dit, deux cents ans avant hii : c Un enfant « nous est né, le Fils nous a été donné, l'empire a été mis a sur son épaule ; on appellera son nom l'admirable, le Dieu « fort et puissant, le père d'éternité, le prince de la paix. » Daniel avait tout de suite reconnu en ce Fils de l'homme celui que tout le peuple dans le temple chantait, depuis plus de cinq cents ans, en son psaume XXÏV* • « Qoi est-ce qui « montera en la montagne de l'Éternel , » disait le chœur, a qui est-ce qui dehiourera dans le sanctuaire de sa sainteté? » Et une voix répondait : « Ge sera l'homme qui a les mains a pures et le cœur pur ; cet homme recevra bénédiction de « l'Éternel, et justice de Dieu, son Sauveur. » — Et le chœur s'écriait : « Portes, élevés? vos linteaux 1 et vous, portes éter- « n elles, haussez-vous I » Et la voix ajoutait ; «Et Je roi de a gloire entrerai 1» Le chœur: « Et qui est-41, ce roi de gloire? a Et la voix répondait : « C'est l'Éternel, le Dieu fort et puis- « sant ! » Le chœur répétait : « Porter élevez vos linteaux ; « élevez-vous aussi, portes éternelles! » Et la voix : « Et le

(1) Luc II, 10-12.— (2) Daniel IX, M>

VOICI COV¥f LE FILS DE LBOMHR. 459

a roi do gloire entrer* \ » Le chœur : « Rt qui est-il, ce roi « de gloire? » Et la voix répondait : aC'est l'Éternel des ara mées, c'est lui qui est le roi dQ gloire ! sèlah ! » «— Oui, chers enfants, a c'est lui qui est le roi de gloire ; » ni^is c'est lui aussi qui est le Fils de F homme, lui qui a vaincu par aa justice; lui, a l'homme aux mains pures et au coeur pur, a lui, la Parole éternelle qui était de tout temps avec le Père et qui a été faite homme! — Aussi vous devez comprendre les émotions et les transports de Daniel, à la vue de celui qui venait comme le Fifo de F homme sur les nuées du ciel. Le voilà donc, devait-il s'écrier en son cœur, le voilà donc, ce roi de gloire 9i longtemps attendu, ee second Adam, cet homme qui a les mains pures et le oœur pur, cet agneau de Dieu qui aie le péché do monde, c* Saint des saints, mon Rédempteur ! ! — Afeûfr je poursuis.

Je regardais encore dam les visions de la nuit, et voilà comme le Fils de ï/ww*.

Pourquoi, je voua prie, cette singulière expression, comme le Fils de F homme? — et pourquoi pas tout simplement, « Et voici le Fils de F homme »? Pourquoi ce a comme »? Jésus- Christ n'est-il pas aussi vraiment «le Fik de l'homme;» et son humanité n'est-elle pas aussi réelle que sa divinité? S'il y a dans l'Écriture une condamnation contre « Içs déceptions a d'une prétendue philosophie qui nie la plénitude de divi- « nité demeurant corporellement en lui » (Col. U; 8-9), n'y en a-t-il pas une aussi contre les séducteurs qui, ne reconnaissant pas son humanité, renient sa venue en la chair?

— Oui, en la seconde épître de Jean.

— Et que dit même Jean, là-dessus?

— Que a c'est là l'esprit de l' Antichrist (4). »

(1) 2 Je*», 7,

160 uçoic IL». — dan. vu, 43, fi, 15, 16, 47, 48.

— Pourquoi doue alors cette expression : Et ro*r/ comme le Fik de t homme? pourquoi ce commet

— Parce qu'aux jours de Daniel Jésus-Christ n'était pas encore arrivé dans la chair.

— Sans doute, cher enfant $ et cependant le Christ n'existait-il pas avant Daniel ?

— Oui.

— N'existait-il pas même avant Abraham?

— Oui, il répondait aux Juifs : « En vérité , je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis (4). »

— Et n'existait-il pas même avant la fondation du monde ? Que dit-il là-dessus à son Père, dans sa prière sacerdotale ?

— Il dit : a Glorifie-moi , toi Père , auprès de toi, de la « gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût (2).»

— Et saint Paul ne déclare-t-il pas que « c'est lui qui a a fondé la terre , et que les cieux sont l'ouvrage de ses a mains 7 » Cherchez : c'est au commencement de Fépftre aux Hébreux, verset 10 (3).

— a Et quant au Fils, il dit : C'est toi, Seigneur, qui « as fondé la terre, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains : a ils périront, mais tu subsistes toujours ; ils s'cnvieilliront « comme un vêtement; mais toi, tu es toujours le même et « tes années ne finiront point. »

— Cependant , n'esl-il pas dit , au premier verset de la Genèse, que a au commencement, ce fut Dieu qui créa le a ciel et la terre?»

— Oui ; mais il est dit aussi , au premier verset de saint Jean, qu'a au commencement était la Parole. »

(1) Jean VIII, 58.-(2) Jean XVII, 5.- (3) Héb. 1, 10-11; Ps. Cil, 25, 26.

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