‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 140 sur 198 · EMBLÈMES SCR LA RELIGION. J · texte numérisé non relu

EMBLÈMES SCR LA RELIGION. J

d'admiration qu'à ces trois formes successives de l'empire politique des Latins, correspondent, dans chacune des visions de Jean, certains emblèmes très frappants destinés à représenter, sous le rapport religieux, les trois caractères (rès distincts que devra revêtir le gouvernement de cet empire , durant chacune des trois grandes périodes de son histoire politique. — Je ne veux point encore vous expliquer ces emblèmes, ni les caractères religieux qui leur correspondent ( c'est trop tôt) ; mais je crois bon de vous. les indiquer, pour que vous puissiez en concevoir dès à présent une notion générale. Écoutez donc encore quelques mots là-dessus; et nous aurons fini.

— À quel signe reconnaît-on, dans chacune des visions de Jean, qu'il s'agit toujours de l'empire des Latins?

— A ce que c'est toujours la quatrième bête de Daniel , celle qui porte dix cornes et qui persécute les chrétiens « pendant un temps, des temps, et la moitié d'un temps. »

— Mais alors , si c'est la quatrième bête , où donc est sa petite corne? La peut-on voir dans saint Jean 1

— Non, elle n'y reparaît pas.

— Elle y reparaît certainement, mes amis, au moins' quant à son sens prophétique , mais c'est sous d'autres emblèmes plus développés et plus significatifs. — Regardez bien sur ma feuille, à la colonne de droite , le deuxième tableau de Jean , celui de l'époque déoemroyale : n'y voyez-vous pas cette autre bête qui se tient en présence de l'empire des La* tins et que saint Jean nomme a le Faux Prophète? » Ne voyez-vous pas aussi ses deux cornes d'agneau? — Une bête, dans les prophéties , c'est toujours un empire; et une bête aux cornes d'agneau , c'est un empire qui tâche d'imiter ou de remplacer l'agneau, un empire ecclésiastique: il se donne pour le Christ, le remplaçant du Christ; en grec,

*©î LEÇON XUU. — DAM. VU, f 9y 20.

l'Antichristos; mais il parie comme le Diable, comme le dragon. — Voilà donc bien de quoi remplacer , dans ce second tableau de Jean , la petite corne de Daniel.

Mais voyez encore le troisième tableau, dans celui de la forme révolutionnaire et démocrate. Ici, outre la bête, qui continue à représenter l'empire des Latins , que voyez-rots à cheval sur cet empire ?

— On Ta déjà . dit, une femme prostituée, ivre, mais de sang, et du sang des chrétiens.

— Voilà donc encore évidemment qui remplace, dans ce troisième tableau de Jean, la petite corne de Daniel; car cette femme à cheval sur l'empire des Latins , c'est la ville de Rome, est-il dit; et vous savez bien que toujours, dans les prophètes, une prostituée est l'emblème d'une ville infidèle et d'une église adultère (i).

Nous reverrons plus tard tout cela; mais il fallait vous rassurer sur la petite corne, eu vous montrant que le Saint-Esprit, dans saint Jean, ne l'a point oubliée et qu'il l'a seulement remplacée par d'autres emblèmes. — Vous le voyez donc : après l'époque de l'avènement des barbares et pendant toute la période décemroyale, c'est un empire ecclésiastique, qui prétend imiter l'Agneau, tout en parlant comme le dragon : « il exerce toute l'autorité de l'empire des Latins en sa présence, » et « il fait qu'on fait mourir les saints. — Mais après l'époque de l'avènement de la démocratie, pendant toute la période révolutionnaire, vous le voyez encore, c'est alors surtout l'influence de la femme prostituée, c'est-à-dire, de la ville ou de l'église de Rome, qui chevauche, qui inspire, et qui mène l'empire rouge des Latins.

Mais en voilà bien assez pour le moment, mes amis, et

(1) Esaïe I, 21 . jér. ÎTi 20 . xni, 27; III, 1, 2-9, 6-8 ; Ezéch. XVI, 15-35, 17-28 ; XXIII, 4-7-S-lMfr.M ; Osée II, 4, 5 î IV, Ws Michée 1, 7, etc,ctc.

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