‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 147 sur 198 · LES SEPT SCEAUX · texte numérisé non relu

LES SEPT SCEAUX

Sous le troisième sceau , époque d'appauvrissement et de ruine, c'est encore un cheval, mais il est noir, couleur de deuil ; — et qui le monte ? un exacteur proclamant la taxe officielle des denrées, telle que le Sénat romain la faisait publier chaque année, et portant la balance, attribut historique de son office (comme on le voit encore sur les médailles romaines).

Sous le quatrième sceau, époque de mortalité, encore un cheval, mais un cheval livide, x**>f * , couleur de la dissolution ; et qui le monte? c'est la mort et Vadès (ou le lieu invisible des morts).

Après cela, voyez s'ouvrir le cinquième sceau : c'est Tépoque terrible appelée par les historiens F Ere des Martyrs, époque des persécutions inouïes contre le christianisme, dès l'avènement du cruel Dioclétien. — Ici, que voyez-vous? Ce sont les âmes de ceux qui ont été égorgés à cause de la parole de Dieu : elles sont là sous l'autel comme avec le sang répandu des victimes. « Jusques à quand? » s'écrient-ils; mais il leur est donné des robes blanches, et il leur est dit d'attendre que se complète le nombre des frères qui doivent comme eux être mis à mort pour la parole de Dieu.

Mais maintenant enfin voici le sixième sceau : c'est l'époque de Tune des trois plus grandes révolutions sociales que le monde doive jamais subir depuis celle du déluge jusqu'à celle du dernier jour; c'est le renversement merveilleux, inattendu, universel de l'antique paganisme et de tous les ennemis de la religion chrétienne, par les victoires et le règne mémorable de Constantin le Grand. — Que voit ici saint Jean? — Un grand tremblement de terre , symbole constant des révolutions sociales qui doivent ébranler le monde jusque dans ses entrailles : le ciel du paganisme est bouleversé, tout son firmament se retire comme un livre qu'on roule; tontes ses

220 LEÇON XL1V. — DAN. VII, 49, 20, 21, 2t.

étoiles et toutes ses puissances tombent en terre comme les figues tardives d'un figuier qu'agite le vent ; toutes ses grandeurs sont effrayées ; tous ses partisans, petits et grands, esclaves et libres, empereurs, généraux et soldats, s'enfuient confondus ou meurent désespérés. — Le crucifié a vaincu. C'est une image de la ruine de Babyïone, et comme une anticipation des jugemens du dernier jour!

Mais écoutez enfin ; voici l'époque de la grande apostasie et de la grande tribulation; le septième et dernier sceau va s'ouvrir (c'esi au chapitre VIII) ; il nous mènera, suivant la loi du nombre sept, jusqu'à la fin des temps; mais auparavant il se doit faire de grands préparatifs spirituels qui vont nous être récités au chapitre VII. — Dieu doit alors révéler à son église plus clairement que jamais la grande et sainte doctrine de l'élection de grâce. Et voici pourquoi. •

Aux jours du sixième sceau , après l'avènement du grand Constantin, le monde romain fut christianisé. Dès lors il dut remplir sur la terre le rôle de l'ancien peuple d'Israël , « à « qui les oracles de Dieu, sans doute , avaient été commis », mais où le grand nombre, bien que circoncis au dehors en la chair par la main des hommes, ne l'était point du cœur. — D'innombrables fidèles, aux jours de Constantin, furent manifestés; des milliers de martyrs ou fils de martyrs, revenus de l'exil ou sortis des prisons, y glorifièrent d'abord la doctrine de Dieu notre Sauveur; d'admirables docteurs y furent suscités ! mais hélas, si l'Église était alors accueillie du monde, le monde allait aussi l'être de l'Église; il la remplissait, il l'inondait; bientôt vous ne la reconnaissez phis, et la grande apostasie prédite par saint Paul va s'y manifester. Ainsi le monde romain désormais tiendra sur la terre la place des douze tribus de l'ancien peuple. Les oracles du Nouveau Testament lui seront, il est vrai, confiés comme ceux de l'An-

Page 1