‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 148 sur 198 · LES ELUS DE DIEU · texte numérisé non relu

LES ELUS DE DIEU

cien Testament le furent à l'ancien peuple; mais hélas! aussi, malgré ses privilèges, ce ne sera presqu'en tous lieux qu'un paganisme baptisé , comme ce n'avait été trop souvent en Israël qu'un paganisme circoncis. — On adorera les formes, les cérémonies , les prêtres et leurs vertus magiques ; on abandonnera les Écritures de Dieu pour se livrer aux traditions des prêtres; on se croira pardonné par les prêtres, régénéré par les hommes, sauvé par les prêtres ; et Ton en reviendra , non-seulement (comme l'ancien Israël) au culte honteux des images taillées , mais encore à celui des anges , que dis— je ? à celui des démons ou morts déifiés ! — C'est là cette grande apostasie du sein de laquelle, au dire de saint Paul, l'Homme de péché devait bientôt surgir; et c'est aussi là ce qui devait amener sur le monde romain tous les châtiments révélés par saint Jean sous le septième et dernier sceau.

Mais ici, vous demanderez sans doute : Que va donc devenir le peuple du Dieu vivant? Que fera-t-il de sa chère église pendant cette longue révolte et ces tribulations? — Nous répondons : Il l'en fera sortir pure, il la gardera selon son élection de grâce. — Mais pour cela, qu'opérera-t-il? — Écoutez, car c'est ce qui vous est dit en cet admirable chapitre Vil ! — Il ira prendre ses élus de génération en génération dans les douze tribus de cette terre prophétique qui remplace désormais l'ancien peuple d'Israël; car ces douze tribus ici nommées, ce ne sont plus des Juifs ; ce sont, dit saint Jean, des hommes « de toute nation , de toute tribu , de tout peuple et de « toute langue (1). » — Voyez, dans ce beau chapitre, comment Dieu les marque de son sceau sur le front au sein de l'apostasie et s'engage à les garder dans les tribulations du monde romain. Ah! chers enfants, sans cette élection de

(1) Apoc. Vil, «. Voyez Gai. VI, ltt ; Rom. 111, 7 ; 1 Pierre 11, 9, 10.

tîî LEÇON XL1V. — DAN. VU, 19, 20, 24. %%.

grâce, que deviendrait la terre 1 « Si l'Éternel ne nous eût a laissé des gens de reste , qui sont même bien peu (dit Ésaie « et dit aussi saint Paul), nous eussions été comme Sodome et « nous fussions devenus semblables à Gomorrhe (1) ! »

Mais, demanderez-vous , ces élus, qui sont de tous les temps, pour quelle raison nous les fait-on voir à cette place de l'Apocalypse plutôt qu'ailleurs? — Pour une raison toute simple et toute belle : — C'est que saint Jean, qui représente ici l'Église, suivant l'usage des prophètes dans leurs visions , voit ce que devait voir alors l'Église ; car c'est à cette époque de l'Histoire, c'est-à-dire entre le temps du sixième sceau, où l'ancien paganisme était tombé, et celui du septième sceau, où ce paganisme allait renaître sous des formes nouvelles dans l'apostasie presque universelle du monde romain ; c'est, dis-je, à cette époque de l'Histoire , que Dieu suscitait l'admirable Augustin , qui devait faire resplendir plus clairement que jamais à toute la terre prophétique cette sainte vérité de l'élection de grâce, et en éclairer môme tellement tous les siècles suivants que , mort depuis quatorze cents ans , il nous la prêche encore. — Jean voyait donc ici ce que vit alors l'Église de Dieu, savoir que Dieu se conservera toujours sur la terre un peuple d'élus , appelé par grâce , sanctifié par grâce , et sauvé par grâce.

Vous allez écouter ce saint apôtre; — nous en sommes au commencement du cinquième siècle, aux jours du grand Augustin : — les quatre anges chargés des quatre premiers jugements de Dieu sur le monde romain , suspendent pour un temps les tempêtes prochaines de l'irruption des Goths, jusqu'à ce que le Seigneur ait fait marquer ses élus de son sceau ; ils seront pris également dans les douze tribus de

(1) ËSalel, tt;Rom. IX, 29

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