‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 149 sur 198 · LES ELUS DE DIEU · texte numérisé non relu

LES ELUS DE DIEU

la terre désormais christianisée; mais hélas! qu'ils seront peu ! — Douze mille par tribu ; cent quarante-quatre mille! — C'est prophétiquement à peine un sur cinquante; et comme seraient dans Genève cinq cents chrétiens sur vingt-cinq mille âmes ! — Mais, ces cent quarante-quatre mille , vous les verrez, chers enfants, qui reparaissent de génération en génération dans toutes les grandes scènes de l'Apocalypse , comme les représentants de la vraie église de Dieu conservée de siècle en siècle au milieu des abominations et des bouleversements de la terre. Vous les retrouverez, par exemple , au XIVe chapitre , rachetés d'entre les hommes , chantant un cantique nouveau, marchant après l'Agneau où qu'il aille , et n'ayant point de fraude qu'on puisse trouver dans leur bouche. — Et ainsi vous comprendrez, je l'espère, pourquoi, bien qu'ils ne soient que cent quarante-quatre mille en chaque génération , ce doit être au dernier jour, quand ils seront tous réunis, « une « multitude immense que nul ne peut compter. » — Les voyez-vous? Ils sont là devant le trône et devant l'Agneau: ils ont été scellés sur le front , non par des prêtres ou par un baptême d'eau seulement, mais par l'Esprit du Dieu vivant. Vêtus de robes blanches, ils ont des palmes de victoire en leurs mains. Ils n'attribuent leur salut ni à eux-mêmes, ni aux hommes, ni aux anges (comme fait l'apostasie) : « le salut, » s'écrient-ils, a vient de notre Dieu qui est assis sur le trône « et de l'Agneau ! » Et ce peuple des élus présente un spectacle si beau , qu'à cette vue tous les anges tombent devant le trône sur leurs faces, et donnent gloire à Dieu notre Sauveur !

Tous ces bienheureux, tous ces élus, toutes ces myriades de myriades et ces milliers de milliers, revêtus de robes blanches et rachetés d'entre les hommes, qui sont-ils et d'où sont-ils venus? — a Ce sont ceux (est-il répondu) qui viennent

224 LEÇON XUV. — DAN. VII, 4$, 20, 24, tt.

m de la grande tribulation, et qui ont lavé leurs rodes dans k « sang de F agneau. C'est pourquoi ils sont devant le trône « de Dieu et ils lui rendent culte nuit et jour dans son tem- « pie. Aussi celui qui est assis sur le trône dressera-t— il sa « tente sur eux : ils n'auront plus de faim ni de soif; l'Ace gneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira <( aux sources vivantes des eaux; et Dieu essuyera toute « larme de leurs yeux ! »

0 chers enfants de cet oratoire, et vous, mes frères et mes sœurs! que Dieu vous donne à tous un jour une part dans ces saintes phalanges ! qu'il vous marque, vous aussi, sur le front, et qu'il y fasse servir ces leçons de sa parole !

Mais écoutez maintenant l'ouverture du septième et dernier sceau. J'ai hâte de vous l'exposer, parce que c'est ici que vous allez retrouver Daniel et ses enseignements. — C'est aux chapitres VIII, IX, X et XI. — Où en étions-nous restés?

— Nous en étions restés vers l'an 400 de l'ère chrétienne, aux jours du pieux Augustin.

— Eh bien, dès que le septième sceau est ouvert, vous voyez sept anges, auxquels sont données sept trompettes, symbole des sept grandes expéditions guerrières qui devaient, depuis la grande époque de l'avènement des barbares, c'està-dire depuis les jours d'Augustin, tourmenter la terre prophétique jusqu'à la fin des temps, et changer les destinées de l'Église de Dieu. — 11 y eut donc des voix et des tonnerres et des éclairs et un tremblement de terre, symboles des jugements divers réservés aux nations; et les sept anges se préparèrent à sonner leurs trompettes.

Voulez-vous maintenant, mes amis, que je vous dise l'opinion de presque tous nos interprètes sur ces sept expéditions guerrières, aux moins sur les six premières? — J'aime

LES SEPT TROMPETTES. tt'ô

à vous les réciter ici, parce que Daniel déjà vous les avait fait contempler et que vous y retrouverez d'anciennes connaissances.

La première trompette, c'est la trompette gothe. — Vous vous rappelez Alaric et ses fiers Visigoths, suivis bientôt du terrible Radagaise : ils descendent du Nord « comme une a grêle mêlée de feu et de sang ; » et ils ravagent « un tiers » de la terre prophétique. Car l'Esprit-Saint met toujours un grand soin à en distinguer les trois parts selon la division qui en avait été faite aux jours de Constantin le Grand : l'Orient à droite, l'Occident latin à gauche; et entre deux, l'Hlyrie et la Grèce.

La seconde trompette est la trompette vandale. — Vous n'avez pas oublié, je pense, l'effroyable Genseric et ses flottes cruelles. — C'était « comme une montagffe de feu » jetée dans la mer Méditerrannée. — La troisième partie de cette mer devint comme du sang; toutes les flottes impériales d'Occident furent détruites, toutes les côtes du monde occidental ravagées, Rome même pillée pendant quatorze jours, et les Vandales constitués à leur tour le fléau du tiers occidental de la terre prophétique.

La troisième trompette est celle d'Attila et de ses Huns.— Je vous ai dit « cette grande étoile ardente comme un flam- « beau, » qui tomba sur le Danube, le Rhin, le Pô, sur tous les grands fleuves du monde occidental, et sur les sources de ses eaux dans les vallées alpines de l'Italie. Le nom de cette étoile était « Absynthe; » c'étaient partout des rivières d'amertume, la désolation, la famine et la mortalité. . La quatrième, c'est la trompette hérule. — Vous me nommeriez ici vous-mêmes ce grand Qdoacre qui s'empara de Rome, se proclama roi d'Italie et prépara l'extinction de la

puissance impériale en Occident. Sous ses coups et sous ceux

226 leçon xuv. — dan. vu, 49, 20, 21, 22.

qui suivirent, furent éteints alors, dans un tiers de la terre

prophétique, un tiers du soleil impérial et un tiers de ses

astres.

Ainsi se couronnaient les dix cornes ; ainsi s'aplanissaient les voies pour l'Homme de péché qui allait apparaître, et après l'avènement duquel les trois dernières trompettes devaient successivement sonner. — En effet, après ces quatre premières, qui s'étaient toutes fait entendre en Occident, il s'en préparait trois autres bien plus formidables encore , qui devaient tout» retentir en Orient, comme le montrent très clairement k* symboles du texte. — Jean entendit un ange qui volait par le milieu du ciel et qui, d'une voix puissante, criait: a Malheur, « malheur, malheur l aux habitants de la terre, à cause des « trois dernières trompettes (la cinquième , la sixième et lt « septième) qui doivent encore sonner ! »

Ce sont de toutes les plus funestes, et c'est au chapitre IX qu'on les entend éclater. — Les fléaux ici redoublent de sévérité, parce que nous arrivons au temps de la grande apostasie. — Et voulez-vous encore que je vous les nomme, ces trois dernières trompettes , ces trompettes du cri , Malheur I (comme les appelle l'Apôtre)? Elles sont décrites avec tant d'abondance et de précision, que c'est un des objets les mieux compris de l'Apocalypse , et que presque tous les interprètes sont unanimes pour reconnaître au moins, dans la cinquième, la trompette des Sarrasins, et dans la sixième, la trompette des Turcs.

Entendez-vous d'abord la cinquième? c'est le premier cri, Malheur ! c'est la trompette sarrasine.

Voyez avec quelle beauté tous les symboles ici vous désignent l'Arabie , ses nuées de cavaliers farouches , son fanatisme diabolique et ses vastes ravages ! — Une religion cruelle cl monstrueuse, émanation soudaine « du puits de l'abîme, b

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