LES SEPT TROMPETTES
leur a donné naissance : ils fondent sur la Palestine, la Syrie, l'Egypte , l'Afrique , la Perse ; l'Asie Mineure , comme ces nuées de sauterelles dévorantes que soulèvent d'Arabie , chaque année, les vents impétueux du désert , et qui cachant souvent la lumière du soleil, vont porter tour à tour la désolation dans toutes les contrées de l'Orient (1). — Il semble ici, tant leur traits sont exacts, qu'on les voit de ses yeux, ces terribles cavaliers du désert , avec leurs longs cheveux de
femme flottant sur les épaules, leurs mâles visages à la longue moustache et à la barbe touffue, le bandeau national qui leur sert de diadème (2), leurs cuirasses ou leurs cottes de mailles célèbres dans l'Histoire (3), «leurs longues dents éblouissantes « de blancheur comme celles des chacals et des onces» ( pour parler avec Chateaubriant(4) ), surtout leur fanatisme féroce et les mortels venins qu'ils laissent sur leurs traces. Comment les méconnaître , ces enfants de Mahomet , quand tout est décrit , jusqu'à la durée de leurs invasions et de leurs progrès dévastateurs, cent cinquante jours prophétiques, c'est-à-dire cent cinquante annés, depuis l'an 612 où leur faux prophète publie sa mission , jusqu'à l'an 762 où ces sauterelles dévorantes s'établissent , pondent leurs œufs , perdent leurs ailes et bâtissent, sur le Tigre, Bagdad, leur Cité de paix, comme ils l'ont appelée ?
La sixième trompette, ou le deuxième cri, Malheur/ c'est la trompette turque. — Ne l'entendez-vous pas aussi, qui commence à sonner sur l'Euphrate et le Tigre, quand le terrible Thogrul Beg, proclamé « Protecteur des croyants, » traverse pour la première fois le fleuve, le 10e jour du 12e mois de l'an 448 des Mahométans (c'est-à-dire le 47 février de l'an 1057 des Chrétiens), et vient attaquer le monde romain? Tout est
(1) Note c. — (2) Note d. — (3) Note*.— (ô) Note w.
228 leçon xuv. — i>an. vu, 49. 20, 21, 22.
décrit encore ici , jusqu'à leur cavalerie si fameuse dans l'Histoire ; jusqu'aux trois couleurs nationales et si bien connues de leurs maisons et de leurs étendards, le bleu, le jaune et le rouge (1) ; jusqu'à leur terrible artillerie nouvellement inventée, qui seule, (on le sait), les rendra maîtres de Constantînople (2) ; jusqu'aux bannières de queue de cheval qui désignent leurs chefs; jusqu'à leur mode de compter leur cavalerie, par a tomans» ou par«myriades; » jusqu'à leur nombre total, vingt tomans de tomans, «vingt myriades de myriades; o et enfin, jusqu'au temps exact qui devait s'écouler entre leur premier départ de Bagdad , le mardi 17 février 1057 (3), et l'entrée solennelle de leur sultan dans Constantinople , pour en faire le siège de son empire, après trois jours continus de pillage et de massacre , le vendredi , 1er juin 1453 (4) : une année, un mois, un jour, et une heure, dit l'Esprit-Saint ; soit 396 jours prophétiques et sept vingt-quatrièmes de jour ; soit encore, 396 ans, 103 jours, et 17 heures (5). — C'est alors qu'ils a tuent le deuxième tiers de la terre prophétique,» c'està-dire , qu'ils mettent un terme à son existence politique et religieuse.
Mais écoutez bien ici ce qui est ajouté ! — Que devenait alors le troisième tiers, le reste des hommes, c'est-à-dire les hommes de l'Occident , ou l'empire des Latins ? Profitait-il de ces terribles jugements de Dieu contre l'apostasie des deux autres tiers, et revenait-il de la sienne? Hélas non, il y persistait!— «Le reste des hommes, dit saint Jean, qui ne furent pas a tués par ces deux grandes plaies des Sarrasins et des Turcs, « ne se convertirent point des œuvres de leurs mains , » et continuèrent dans les six péchés caractéristiques de leur apostasie: 1* Y adoration des démons ou morts déifies; 2l le
(1) Noie f. - (2) Note g, - (3) Note h. — (h) Note i. — (5) Note k.
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culte des images (for, ou dargent, ou d'airain , ou de pierre, ou de bois, qui ne peuvent ni voir} ni entendre , ni marcher; 3t leurs fornications; A1 leurs sorcelleries (1) et leurs miracles de mensonge 3 5* leurs vols et leurs ventes iniques des choses saintes ; 6* enfin, leurs meurtres et leurs persécutions homicides* contre les vrais chrétiens.
Chers enfants , nous sommes encore de nos jours sous la sixième trompette ; mais ses accents s'affaiblissent , ils vont expirer, et tout semble annoncer que nous en entendrons nous-mêmes bientôt les derniers sons (2).
Mais que sera donc enfin la septième trompette?
La septième trompette, comme nous renseigneront avec la plus admirable clarté les dernières prophéties de Daniel (comparées avec les chapitres XXXVII, XXXVIII et XXXIX d'Ezéchiel et avecî d'autres oracles du Dieu vivant ) , la septième et dernière trompette sera la trompette russe. — Nous ne pourrons pas nous y tromper, puisque l'Esprit-Saint la désigne par son nom (3). Elle n'a pas encore commencé de sonner, mqis plusieurs prophéties nous apprennent que les jours en sont près. — Alors, est-il écrit , « aux jours de la « voix du septième ange (X, 7), le mystère de Dieu sera con- « sommé, comme il en a annoncé la bonne nouvelle à ses ser- « viteurs les prophètes ; » — et alors on dira: « Les royaumes « du monde sont devenus les royaumes de notre Seigneur a et de son Christ; et il régnera aux siècles des siècles. » (XI, 15.)
Maintenant je vous prie , chers enfants, de redoubler d'attention ; car nous nous approchons de Daniel; et c'est là qu'il me tardait d'en Venir. — Avant que vienne ce troisième cri , « Malheur! » avant que sonne cette septième et dernière
(1) p&.zfjLX/.tto». — (2) Note /. — (3) Noie m.
*30 «COU XLIV. — DAN. Vil, 49, 20, tK , «•
trompette, Jean reçoit (dans ses chapitres X et XI) d imputantes révélations sur ce qui devait arriver en Occident pe* dant que les deux précédentes trompettes sonneraient « Orient; car ici le Saint-Esprit, par des indices très claire. nous fait distinguer avec le plus grand soin les faits qui « passent dans le territoire des Grecs d'avec ceux qui. s'accomplissent sur la terre des Latins ; et je vous ferai pins tari admirer l'artifice merveilleux des symboles employés pow cela , soit par Daniel , soit par saint Jean .
Écoutez donc cette prophétie du chapitre XI; je saute, bien qu'à regret , l'admirable chapitre X qui nous retiendrait trop longtemps , et je me hâte d'en venir aux révélations qui vont nous expliquer Daniel.
Jean reçoit d'un ange l'ordre de mesurer les dimensions du naos, ou temple intérieur, symbole de l'église invisible, m de la vraie église de Dieu ; mais il doit laisser à l'écart le» portiques extérieurs, parce que cette portion visible des lienx sacrés est abandonnée aux nations, «qui fouleront, lui est-3 dit, la sainte cité pendant 42 mois, *> c'est-à-dire, trois ansel demi, ou (comme Daniel et saint Jean l'expriment ailleurs) un temps et des temps et la moitié d'un temps; ou bien encore, 1 ,260 jours.
Vous l'entendez , chers enfants ; ce sont là déjà des paroles qui font tressaillir un lecteur de Daniel; car ces i, 260 jours prophétiques pendant lesquels les parvis extérieurs de l'église de Dieu doivent être foulés par les nations, c'étaient précisément aussi les i ,260 jours (un temps, des temps et la moitié d'un temps) pendant lesquels, au dire de Daniel (v. 25) , la petite Corne des Latins devait faire la guerre aux saints A Souverain. Ainsi donc, au dire de saint Jean , la vraie église adorera pendant ces i ,260 jours dans un sanctuaire invisible au commun peuple , tandis que les églises extérieures offi-