‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 152 sur 198 · LA NATURE ET LES DESTINÉES DE L' ÉGLISE · texte numérisé non relu

LA NATURE ET LES DESTINÉES DE L' ÉGLISE

— Non; ils peuvent bien faire part'e des églises particulières, composées de bons et de mauvais; mais ils ne sont pas membres du corps de Christ ou de la vraie Église universelle qui ne contient que les élus.

— Très bien : ils ne peuvent être du corps , puisqu'ils ne sont pas unis à la tête, et que si « quelqu'un n'a pas l'Esprit « de Christ, celui-là n'est pas à lui » (Rom. Vlïl. 9); ils sont

peut-être dans le bercail, mais ils ne sont pas du bercail , ils ne sont pas des brebis : « Vous ne croyez pas , » leur a dit Jésus-Christ, a parce que vous n'êtes pas de mes brebis, » je ne vous ai jamais connus et vous mourrez dans votre péché, alors qu'au dernier jour «je séparerai les uns d'avec les « autres , comme un berger sépare les brebis d'avec les a boucs (1).»

Mais encore une question. — Comprenez-vous pour quoi les docteurs de Rome veulent soutenir que les méchants et les réprouvés qui se soumettent au pape font cependant partie de « la sainte église universelle? »

— Pour une raison bien claire.

— Et quelle raison?

— C'est que, sans cela, leur pape, quand il est un méchant, pourrait ne point faire partie lui-même de « la sainte église universelle ! »

— Sans doute ; et alors comment sera-t-il la tête d'un corps dont il ne ferait pas partie?

— Impossible !

— Vous l'avez dit, impossible; et c'est là leur raison : car ila convienneht tous que plusieurs de leurs papes ont été des réprouvés, quelquefois même des scélérats. Et c'est pour cela que leur concile de Constance, tout en condamnant publi-

(1) Jaan VIII, 21-24-44 ï X, 26 ; Matth. VII, 23.

140 LBÇON XLIY. — DAN. VII, t9, 20, 21, 2*.

qtiement leur pape Jean XXÏH (i), comme ce incestueux,** « poisonneur d'Alexandre V, pilier des injustes, soutien k « simoniaques, ennemi de toute vertu, miroir d'tnfaiitf» (c'étaient leurs expressions), a tellement que tous ceux qui k « connaissaient, » disaient-ils, « ne parlaient de lui que coma « d'un diable incarné, » le concile de Constance, tout eak condamnant en ces termes, a condamné également comat hérétique cette proposition de Jean Huss, « que rÉgfe « universelle n'est l'assemblée que des élus. »

Vous le comprenez donc bien , chers enfants : nous pouvons sans doute admettre qu'un « diable incarné, un miroir d'infamie » comme Jean XXIII, ait été pour un temps lecW d'une église particulière (de l'église romaine, par exempta;, mais de la sainte Église catholique (ou universelle), qui est k corps de Christ, ô jamais : sa tête, à elle, est dans le ciel, et son chef unique, c'est Jésus-Christ, de qui procède pourefle toute lumière, comme toute justice, toute force comme toute vie. — La vraie église de Jésus-Christ est donc invisible, bien qu'elle enfante des églises chrétiennes et des peuples chrétiens qui deviennent alors visibles, mais qui se composent inévitablement de bons et de mauvais. — Telle est h p^mière vérité qui ressort de notre leçon; mais me direz-voas maintenant la deuxième ?

— La deuxième vérité , c'est que les enfants de la vrai? église de Dieu sont persécutés du monde.

— Oui, et qu'en particulier ils ont dû l'être dans I'empii" des Latins pendant un temps, et des temps, et la moitié dv* temps, — Répandus, comme ils le sont, au milieu des Geotils, dans la cour extérieure du temple et dans la sainte cité, ils y sont exposés à de rudes épreuves. Leur devoir est de se

(1) Note o.

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