‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 154 sur 198 · QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON

(Daniel, cb. tu, 93.)

Il me parla donc ainsi : La quatrième bête sera un quatrième royaume sur la terre, lequel sera différent ate tous fe? royaumes.

Apocalypse XIÎ.

4.9. Et un grand signe parut dans k ciel : une femme revêtue du soleil; et la lune sous ses pieds; et sur sa tête une couronne d'étoiles. — Et comme elle est enceinte, elle crie, étant en travail et tourmentée pour enfanter.

8. k. Et il parut un autre signe dans le ciel; et voici un grand dragon fauve , ayant sept têtes et dix cornes ; et sur ces têtes, sept diadèmes ; et sa queue traînait la troisième partie des étoiles du ciel; et elle ksjeta sur la terre.

Et le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin que, quand eUe aurait enfanté, il dêvo?%àt son enfant.

$. 6. Et elle enfanta un fils qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer; et son enfant fut ravi vers Dieu et

vers son trône; et la femme s'enfuit dans le désert où elle a un lieu prépaie de Dieu pour qu'on l'y nourrisse mille dettx cent soixante jours.

7. 8. 9. Et il y eut un combat dans le ciel; Micfiel et ses anges combattirent contre k dragon; et le dragon combattit, ainsi que ses anges ; et ils ne furent pas les plus forts ; et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel; et alors fut jeté le grand dragon , le serpent ancien , appelé le calomniateur et le satan , qui séduit toute la terre habitable. Il fut jeté sur la terre; et ses anges furent jetés avec lui.

L'ange donc dit à Daniel : La quatrième bête sera sur la terre un quatrième royaume, qui sera différent de tous les ?%oyaumes. — Différent, en quoi? Daniel nous l'a montre , mais saint Jean va nous le redire encore avec des traits plus précis dans ses chapitres XII, XIII et XVII. — Écoutez donc, chers enfants : je commence aujourd'hui par le XIIe , et je continuerai dimanche par les deux autres.

a Le temple de Dieu, nous dit-il, fut ouv&%t dans le ciel, et « l'arche de son alliance s'y fit voir ; il y eut des éclairs , des « voix , des tonnerres , un tremblement de terre et une « grosse grêle ; et c'est alors qu'un grand signe apparut « dans le ciel. *» — C'était l'église des élus, sous l'aspect imposant « d'une femme revêtue du soleil , ayant la lune sous « ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles.» — Elle était revêtue du soleil, parce que la gloire de Dieu l'éclairé, que Jésus-Christ est son flambeau , et que a les nations de « ceux qui sont sauvés marcheront à sa lumière (XXI, 24.) » Elle était couronnée de douze étoiles, parce que les douze apôtres de l'Agneau forment son diadème (14). Elle avait la lune sous ses pieds, parce qu'elle s'élève par-dessus toutes les lumières de l'Ancien Testament; celui-ci n'étant que comme

la lune et n'ayant éclairé l'ancienne église que d'une lumière de reflet par ses institutions et ses types , tandis que l'église du Nouveau Testament, revêtue du soleil, tient désormais tout cela sous ses pieds. Et si je vous ai dit que cette femme représentait « l'église des élus, » ou « les cent quarante-quatre mille » qui adorent dans l'intérieur du temple et a qui ont « lavé leurs robes dans le sang de l'Agneau, » c'est que saint Jean lui-même le déclare. — Comment, en effet, la méconnaître quand il l'appelle lui-même (au verset 17) « la mère de ceux a qui gardent les commandements de Dieu et le témoignage de a Jésus -Christ ? » — Mais aussi , voyez qu'elle est belle , et voyez comme elle contraste avec cette autre femme, nommée Home ou Babylone, qui vous sera bientôt montrée assise sur l'empire des Latins, a parée d'or et de perles , » mais méchante et « prostituée ! »

La femme revêtue du soleil est donc la vraie église catholique des élus ; et f enfant mâle qu'elle est sur le point de mettre au monde dès le commencement de la vision de saint Jean , c'est (selon le style des prophètes (i) ) un peuple uni politiquement en corps de nation, et triomphant de tous ses ennemis. — Je ne veux point encore ici vous décrire cette femme ; et je ne doisparler'pourle moment que delà bête qui la persécute. Plus tard, je pourrai vous expliquer ses douleurs d'enfantement et sa fuite au désert; mais mon objet aujourd'hui, n'est point l'Église et n'est point la femme : c'est l'Empire , c'est la bête. — Considérez donc bien , je vous prie, sa première apparition; et dites-moi, vous-mêmes, premièrement, par quels traits elle s'y distingue de ce qu'elle était quand Daniel l'avait vue ; et, secondement , par quels autres traits on peut cependant la reconnaître pour être toujours la

(i) tisaie LXVJ, 8, U,comp avec Mkbée V, 3.

même bêle, Je vous l'ai déjà dit : que l'un de vous dont s lève et me réponde,

— Ou la reconnaît pour le même bâte , premièrement, pv sa tête à dix cornes ; et secondement , par la durée de a guerre contre les saints, un temps, des tempe et Ai moitié im

temps- ,

— Très bien; mais essayes aussi , je vou6 prie , de me signaler tous les traits nouveaux par lesquels, dans celle première apparition , elle se distingua d'avec ce qu'elle éitit dans la vision de Daniel. — Que l'un de voua encore ine les indique.

— Elle se distingue par deux traits : ses tètes et son coq».

— N'en voyez-vous point un troisième ?

— Sa queue.

— Et un quatrième?

— Ses couronnes.

— Oui; mais dites plutôt, ses diadèmes; car les Romains mettaient entre ces deux insignes une grande différence. La couronne, chez eux, indiquait un vainqueur; mais le diadème, un roi. — Jules-César, assis sur un trône d'or, portût une couronne; mais les Romains n'eussent pas souffert, disent les historiens, qu'il prit le diadème; et quand Marc-Anton* osa le lui offrir, ils en furent indignés. — Je reprends donc ces quatre traits , et comme j"en aperçois même un cinquième) l'origine de la béte> c'est par là que je vais commencer.— Daniel l'avait vue monter du sein de ia mer; mais ici d'où sort-elle?

— De nulle part : elle est déjà toute sortie lorsque Jean l'aperçoit.

— Sans doute , et c'est pour nous signifier que, l'empire des Latins existant déjà de son temps sous cette première forme , Jean n'avait pas pu comme Daniel en voir les corn-

APOCALYPSE Xli. 247

mencements ; tandis qu'au contraire, dans la deuxième apparition, il la verra sortir de la mer, et dam la troisième, de Vabhnc. Mais je die hâte de passer aux quatre traita que vous m'aviez indiqués; car ils vont tous nous montrer, premièrement, qu'il s'agit bien ici de l'empire des Latins; et secoodeoient, qu'il s'agit de cet empire sous sa forme impériale vers la fin du troisième siècle ou le commencement du quatrième. — Il nous faut maintenant expliquer tout cela; mais comme les grandes lignes de la Prophétie correspondent toujours avec les grandes lignes de l'Histoire, je désire que l'un de vous, parmi les plus âgés, commence par nous rappeler les principales destinées de l'empire des Latins. Vous les avez déjà sans doute apprises dans vos écoles. Par qui donc, je vous prie, furent-ils premièrement gouvernés avant les jours de saint Jean ?

— Premièrement, par des rois.

-«-Ensuite?

— Par des consuls.

— • Et troisièmement ?

•— Quelquefois par des dictateurs*

— Et quatrièmement?

— Quatrièmement, mais pour peu de temps, par des décemvirs.

— Sans doute ; et cinquièmement aussi par des tribuns militaires, exerçant la puissance consulaire. —te pourrais, chers enfants, vous citer, du fameux Tite-Live, l'ami de César-Auguste et le précepteur de Claude, un passage qui nous énumère exactement comme nous venons de le foire ces cinq premières formes du gouvernemont romain (4) ; le beau livre des annales de Tacite commence précisément par une énumération toute semblable (2) : a Rome, dit-il, fut d'abord

(1) Note a. — (2) Note ô.

Ïi8 LEÇON XLV. — DAN. VII, 23.

« gouvernée par des ROIS; Brutus lui donna la liberté et les « CONSULS ; on n'eut recours aux DICTATEURS que pour o de certains temps ; la puissance des DÊCEMVIRS ne dura « que deux ans, et l'autorité consulaire des TRIBUNS MILI-

« T AIRES ne fut pas longue » En voilà donc bien cinq

jusqu'à César; mais qui gouvernait l'empire aux jours de saint Jean?

— C'étaient les Césars ou EMPEREURS , successeurs de César Auguste.

— Et jusqu'à quand dura la puissance impériale, ou cette sixième forme du gouvernemeut romain ?

— Jusqu'à l'an 476, où Odoacre s'empara de Rome et se fit nommer roi d'Italie ; car dès lors l'empire n'a plus cessé d'être partagé en dix royaumes distincts.

— Très bien. Il a cependant eu des empereurs en même temps que des rois jusqu'au jour de Bonaparte. — Mais revenons maintenant aux quatre traits nouveanx sous lesquels la bête se présente aux regards de saint Jean, et admirons comment tout y concourt à désigner avec une parfaite clarté l'empire autocrate et païen qui persécutait alors l'église de Jésus- Christ. — Prenons d'abord, je vous prie, son premier trait, ses sept têtes.

Quelle étrange conception (n'est-ce pas?) que ces sept têtes ! — Il y a bien toujours celle que Daniel avait vue armée de ses dix cornes; mais il y en a six autres qui lui sortent des épaules : cinq d'un côté et une de l'autre ; car vous allez voir que celle qui porte les dix cornes était bien la sixième. — Que veut dire tout cela? et que signifient d'abord ces sept têtes? L'apôtre Jean nous déclare que c'est un double emblème et qu'elles figurent à la fois deux choses différentes, sept montagnes et sept rois. — Lisez-moi, je vous prie, set» propres paroles; car c'est lui-même qui nous donne cette ex-

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