‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 156 sur 198 · LE DRAGON. 23H · texte numérisé non relu

LE DRAGON. 23H

pour désigner (1rs peuples par leurs propres insignes, comme je pourrais vous le montrer par des exemples, si j'en avais le temps. — Peut-être ne savez-vous pas encore, mes amis, que les derniers empereurs païens avaient pris le dragon et même un dragon roux, couleur de feu ou couleur de pourpre, pour renseigne militaire de leurs armées. Cet étendard y était devenu non moins célèbre que les aigles; de telle sorte qu'au siècle dont parle ici saint Jean personne chez les Romains ne pouvait s'y méprendre. Il faut lire là-dessus les historiens du temps : ils nous décrivent exactement comme le fait ici l'apôtre, ces insignés romains. — Écoutez, par exemple, le fameux Ammien Marcellin (1), le compaguon de l'empereur Julien dans ses expéditions guerrières: «Le dragon, nous ditce il , était recouvert de drap de pourpre; on le portait au- « haut d'une pique enrichie d'or et de pierres précieuses: il « ouvrait au vent une large gueule, pour en recevoir le souffle; « car il était creux ; et il sifflait alors comme s'il eût été vi- « vant et irrité, tandis que sa queue, flottant en l'air, ondu- « lait en plusieurs replis (2). » — Ainsi, vous le voyez clairement, mes amis , le dragon , en tant que symbole politique, représentait la Rome impériale du troisième au quatrième siècle; et en tant que symbole religieux, la Rome païenne et persécutrice sous l'influence de l'esprit infernal. — Maintenant, plus qu'un trait: — - c'est le quatrième, sa queue.

4° La queue du dragon , dit saint Jean , traînait le tiers des étoiles du ciel politique de l'Empire Romain ; ce qui , désignant (d'après le langage consacré de la Prophétie) une époque où un tiers de l'Empire persécutera l'église de Dieu , se rapporte assez manifestement à l'an 313 ou aux derniers efforts du paganisme romain contre le règne de Dieu. — C'est

(1) Noie c. — (J) Noie d.

le temps où le cruel empereur Maximin, furieux contre l'Église qui s'en allait triompher de Jupiter et des faux Dieux, et qui était alors sur le point d'enfanter un peuple chrétien uni politiquement et vainqueur de ses ennemis, c'est le temps, dis-je, où Maximin, qui commandait du Nil jusqu'au Bosphore, traînant à sa suite le tiers des puissances de l'Empire, marchait à la tête de ses années pour écraser le christianisme. — Il avait juré solennellement à son Jupiter, au moment du départ, d'abolir notre religion dans tout l'Empire s'il revenait victorieux.

Voilà donc la première réapparition de la béte de Daniel , dans les visions de Jean. C'est la Rome autocrate et païenne, animée par le Diable et persécutant l'Église vers la fin du siècle troisième et le commencement du quatrième. — Il nous reste donc maintenant à la revoir au XIII9 chapitre sous sa forme décemroyale, et au XVII*, sous sa forme démocrate. Ce sera le temps de la petite oorne. — • Mais avant d'en verâr là, il fout que je vous dise un mot sur l'état de l'église de Dieu dans ces jours difficiles du chapitre XII , et sur sa fuite au désert, « Elle y a » , nous dit saint Jean , « un Heu préparé de a Dieu, afin qu'on F y nourrisse mille deux cent soixante jours, » ou « un temps , et des temps et la moitié fun temps} a dit-il encore au verset 42; soigneux qu'il est toujours de nous ramener, par ces traits si parfaitement précis , à la pensée de Daniel et de sa petite Corne.

En vous exposant rapidement, comme je viens de le firâe, ce chapitre XII, j'ai dû laisser l'Église, pour ne vous parler que de l'Empire ; car vous ne devez pas oublier que ma tâche unique, en ouvrant ici l'Apocalypse, est de vous expliquer la béte de Daniel, et sa petite corne» Or, cette béte, vous venez de la voir sous sa première forme , entre les deux grandes époques de l'avènement du christianisme dans l'Empire et

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