LES JOUES SONT DES ANS. 3J
ces diverses distances entre ces grands événements de l'avenir ne sauraient être simplement des jours.
Mais, après Daniel, ouvrez encore son continuateur saint Jean, et voyez en quels termes (au chapitre II, verset 10, de ses Révélations) il parle de la grande et dernière persécution des empereurs païens contre l'Église ; persécution qui, vous le savez, dura dix ans. — Gomment l'exprime-t-il?
— « Vous aurez une tribulation de dix jours, d
— Oui ; et voyez encore , en son chapitre XI, la mort des deux témoins : « Leurs cadavres demeurent trois jours et <* demi sur la grande place de la cité; et les peuples, les na- « tions, les tribus et les langues s'envoient pendant ce tempsor là des présents de réjouissance. » — Tous les anciens pères de l'Église (1) ont reconnu que ces trois jours et demi devaient être des années; et ils en appellent expressément, pour ce sens, à la règle de Moïse et d'Ézéchiel.
Enfin, j'aurais encore bien d'autres exemples à vous citer, si le temps me le permettait. Entre autres, la prédiction de saint Jean touchant « les cinq mois » (ou les 150 jours) assignés aux expéditions des Arabes dans la terre prophétique (2) : je vous montrerais qu'elles ont duré 150 ans jusqu'à la fondation de cette Bagdad qu'ils appelèrent eux-mêmes « la Cité de paix. » — Entre autres encore, la prédiction du même prophète touchant l'année, le mois, le jour et l'heure (ou les 396 jours, plus une fraction de jour) assignés aux expéditions des Turcs; et je vous montrerais également qu'elles ont duré 306 ans, plus la même fraction d'année, jusqu'à l'entrée de Mahomet II dans Gonstantinople en 1453.
Mais je ne veux plus dire qu'un seul mot sur ce point important, il vous intéressera : c'est qu'il est une autre raison
(1) Notcc. — (2) Apoc IX, 10.
J4t LEÇON XLVIII. — DAM. VU, 25.
pour cette règle de Moïse et d'Ézéchiel ; une raison puisée dans la Nature. — Ce rapport prophétique des années et des jours n'est point tout arbitraire : il est exact; car réellement, en astronomie , une année c'est un jour. — Écoutez bien : qu'est-ce, en effet, qu'un jour?
— C'est le temps pendant lequel la lumière du soleil fait le tour de notre monde.
— Eh bien, à ce titre, vous l'allez voir, chers enfants, Tannée est un jour.
Supposez qu'au service de ce soir, pendant que l'un de vous, au milieu de cette enceinte, garderait son visage tourné vers la tribune, je prisse ce lustre dans mes mains et Gsse le tour du temple en partant par la droite : qu'arriverait-il à votre tète quant à l'éclat de mon flambeau? — Et d'abord, à mon départ, qu'aurait-elle d'éclairé?
— Tout le visage, jusqu'aux deux oreilles ; et le reste serait dans les ténèbres.
— Et au quart de ma route ?
— Au quart, la joue gauche seulement jusqu'au nez, et la partie gauche de la chevelure.
— Et à la moitié de ma course?
— A la moitié, toute la chevelure dans la lumière et le visage dans la nuit.
— Et aux trois quarts?
— Aux trois quarts, la joue droite seulement et la chevelure droite dans la lumière, et le reste daus l'ombre.
— Sans doute; et cela jusqu'à mon retour dans la tribune, où tout serait à recommencer. — Et si ma course durait quatre minutes, quelle serait la longueur de ce jour sur votre visage ?
— Elle serait de quatre minutes : deux minutes de lumière pour chaque trait, et deux minutes de nuit.