‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 177 sur 198 · LES JOUAS SONT DBS ANS · texte numérisé non relu

LES JOUAS SONT DBS ANS

— Mais si vous-mêmes, pendant ma course, tourniez continuellement sur place en quatre secondes, quelle serait, par ce fait nouveau, la durée de cet autre jour?

— Cet autre jour serait de quatre secondes.

— Voilà donc en même temps sur votre personne deux jours différents, cheminant chacun à sa manière et sans s'interrompre l'un l'autre ; l'un de quatre minutes , l'autre de quatre secondes. — Eh bien, c'est là tout justement l'histoire de notre terre : elle aussi a deux jours , l'un d'un an , parce que le soleil tous les ans en fait comme le tour ; l'autre de vingt-quatre heures, parce qu'elle aussi roule sur elle-même toutes les vingt-quatre heures.

Le Saint-Esprit, dans ses symboles, avait donc, vous l'avez vu, mes amis, de hautes raisons pour donner aux 1,260 ans de PAntichrist le nom de 1,260 jours. — Ces raisons, je voudrais que chacun de vous sût me les répéter dimanche, si je venais à les redemander. Je vous les ai données, rappelez-vous-le , par quatre ordres d'arguments : premier argument , c'est qu'évidemment ces jours doivent être symboliques , puisqu'ils désignent quelque chose de très long ; deuxième argument , c'est que l'Écriture nous déclare souvent ailleurs que , dans son langage prophétique, les jours sont des ans ; troisième argument , c'est que des accomplissements de l'Histoire ont déjà fréquemment confirmé cette règle prophétique et nous ont montré que les jours sont des ans ; quatrième et dernier argument, c'est qu'on peut dire en réalité, et non pas seulement en symbole, que les ans sont des jours. Ce langage est exactement vrai dans l'astronomie; et c'est aussi pour la même raison (j'avais oublié de vous le dire), que Moïse , en comptant les six grandes époques de la Création, pendant chacune desquelles le jouret la nuit firent successivement le lour de notre globe, les appelle des jours :

a Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin; ce fut le premier jour,... « ce fut le second jour,... ce fut le troisième jour... » Et notes bien qu'il parlait ainsi des trois premières époques, bien que le soleil n'ait été allumé qu'à la quatrième. Pour lui. c'étaient des jours ; et cependaut personne ne saurait dire combien d'heures, combien d'années, combien de siècles ces trois premiers jours ont duré (1).

Rappelez-vous donc bien, chers enfants, ce dix-neuvième caractère de l'Antichrist, savoir que ses succès dans sa guerre contre les saints dureront douze siècles, plus soixante années; en d'autres termes, la moitié de sept années d'années; en d'autres termes encore, trois fois et demi 360 années solaires. — C'est un point, vous ai-jedit, d'une haute importance.

Il nous faudra donc chercher , dès dimanche prochain, s'il s'est jamais trouvé dans l'Univers un prêtre-roi qui put correspondre à cet étrange caractère , d'abord , d'avoir duré plus de 1,200 années; et ensuite, d'avoir tant duré faisant la guerre aux saints. — 0 que par cet endroit encore , nos Écritures sont admirables! Quelle hardie, quelle étonnante prédiction ! Qui pouvait croire, aux jours de Daniel , et eusuite aux jours de Jean, qu'un roi prêtre si fastueux, si blasphémateur, si contraire aux Écritures et cependant si bien décrit par elles, si cruel contre les saints, si factieux contre les rois , si prompt à l'outrage contre les peuples, qui pouvait croire qu'une telle puissance vécût même douze ans? Et la voilà prédite pour en vivre douze cents ! que dis-je ? pour vivre jusqu'à nos jours! que dis-je encore? pour vivre et pour remuer le monde jusqu'à la venue de Jésus-Christ ! Dès lors, quelle admiration nouvelle ne devra pas être la vôtre, si nous trouvons dimanche prochain dans l'Histoire , qu'en

(1) Noie d.

XXe TRAIT, SA RUINE. 345

effet une telle puissance a vécu ces 1 ,260 ans , et qu'elle a pu poursuivre impunément au sein des nations les plus civilisées de la terre une si longue guerre contre les saints !

Voilà donc enfin, mes amis, notre texte expliqué jusqu'au verset 25 ; et voilà les caractères, que Daniel assigne à la petite corne, exposés tous jusqu'au dernier. — II en resterait bien encore un autre, au verset 36; ce serait le vingtième, et je l'intitulerais : a Son jugement et sa ruine ; » mais je ne fais ici que l'indiquer, parce que je crois plus convenable de ne vous montrer sa ruine qu'après vous avoir fait son bis* toire, et parce que d'ailleurs il me faut encore vous avoir dit trois ou quatre autres caractères qui ressortent avec éclat des Révélations de saint Jean, dans ses chapitres XIII et XVII. — Je vais donc aujourd'hui, pour finir ma leçon, vous signaler ces derniers traits de l'Antichrist , et nous terminerons ainsi le tableau des symboles que le Saint-Esprit nous en a voulu donner. — Les voici : je les intitule , le premier , « sa capitale; » le deuxième , « ses périodes ; » le troisième, a ses couleurs; » le quatrième enfin, « ses marchandises. »

Disons d'abord sa capitale. — Déjà dans Daniel, nous avions pu reconnaître sa géographie générale : c'est dans la quatrième monarchie que la petite corne doit paraître, nous avait-il dit; et même il était allé plus loin : elle doit se faire au milieu des dix royaumes latins, avait-il ajouté, un petit patrimoine occupé d'abord par trois des premiers rois; mais ici, nous voyons l'apôtre s'avancer encore plus : il va jusqu'à nous dire où sera, dans cet empire, sa ville capitale, le centre de sa gloire et de sa malfaisance. Ce sera Rome, nous dit-il ; ce sera la grande cité qui domine aujourd'hui sur les rois de la terre, « la ville aux sept montagnes, » la mystique « Baby- « lone (i). » — Que veut-on de plus clair que ce trait vingt et

(1) Apoc. XVII, 5-18

unième? La capitale de l'Antichrist , au moins pendafit k période démocrate , c'est donc Rome. — Passons au râpdeuxième.

Je l'intitule : « Les deux époques de la petite corne, » es je vous prie de le considérer avec beaucoup de soin, pizoe qu'il est important et qu'il jette un grand jour sur l'ensenbfe de cet avenir, comme aussi sur les rapports de Daniel et ée Jean. — Vous savez que la petite corne fait la guerre à deptifs l'invasion des barbares jusqu'à l'avènement de Christ; mais, durant cette longue malfaisance, elle doit avoir deux périodes que saint Jean nous a très clairement définies: Tune en son chapitre XIII, l'autre en son chapitre XVII: l'une pendant le règne des dix rois absolus, l'autre penda* celui de la démocratie et des dix rois révolutionnaires. — De même que l'histoire de l'Empire doit se partager en trois époques politiques (monocrate, polyerate, démocrate) , & même aussi l'histoire de la petite corne doit se partager « deux époques ecclésiastiques qui correspondent exactement aux deux dernières époques politiques de l'Empire. La petite corne, qui ne songe qu'à son affaire, sera toujours du paît du plus fort, pour l'exploiter au profit de son règne. — Pendant la période polyerate, elle associera tant qu'elle pourra sa puissance à celle des dix rois absolus; « elle exercera, * nous est-il dit (4) , « toute leur autorité en leur présence; • mais pendant la période démocrate, elle « enivrera » de son vin fumeux « les dix rois » citoyens, et saura se mettre à cheval sur leurs peuples révolutionnés. Vous la verrez un jonr devenir l'idole des peuples italiens, quand, radicalisés à leur tour, ils seront occupés à chasser les Autrichiens et à compléter eu Europe le collège encore imparfait des dix rois ci-

(1) Apoc. XIII, 14.

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